Trans (CI)
Sous la présidence Trump, les droits des personnes trans reculent à grande vitesse. Comme le rapporte le magazine “Time”, de nombreuses familles américaines s’expatrient, redoutant un climat politique de plus en plus hostile.
“Dès son premier jour de retour à la Maison-Blanche, le président a signé un décret – actuellement suspendu mais toujours en cours d’examen par les tribunaux – reconnaissant seulement ‘deux genres, masculin et féminin’, et cherchant à interdire aux personnes trans de modifier leur mention de genre sur les documents fédéraux.”
En parallèle, le ministère de la Santé a décrédibilisé les soins dits “d’affirmation de genre”, soutenus pourtant par toutes les associations médicales américaines, tandis que la justice fédérale enquête sur les médecins les pratiquant auprès de mineurs. Les conséquences sont visibles : plus d’une vingtaine d’hôpitaux ont suspendu ces soins, et les États conservateurs multiplient les interdictions. Selon l’ACLU (l’Union américaine pour les libertés civiles), plus de 600 textes anti-LGBTQI + ont été déposés en 2025. En Arizona, la famille Trujillo a quitté Tucson pour protéger Daniel, 15 ans, leur fils trans. Comme elle, de nombreux foyers cherchent à s’expatrier vers des pays jugés plus sûrs. L’exil ne touche plus seulement les militants. Monica Helms, vétérane et créatrice du drapeau trans, s’est installée au Costa Rica avec son épouse : “Nous ne sommes pas aimées par cette administration et elle profère chaque jour des menaces à notre encontre.” Cette fuite inverse un mouvement historique : “Jusqu’à présent, le message était : ‘Venez aux États-Unis, c’est un pays sûr et accueillant’”, observe Steve Roth, de l’Organisation pour le refuge, l’asile et la migration (Oram). “Mais tout cela s’est complètement inversé.” L’Amérique, jadis terre d’asile, devient pour une partie de ses propres citoyens un territoire à quitter, coûte que coûte.


















