13 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

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Congrès du Parti socialiste : Olivier Faure plus menacé que jamais

Talonné par ses deux concurrents, le premier secrétaire n’est plus assuré de sa réélection. Il défend l’alliance avec les Insoumis qui a sauvé le Parti socialiste.

Il y a encore quelque temps, le congrès de janvier semblait acquis. Les soutiens d’Olivier Faure ne se privaient pas de souligner que le premier secrétaire du Parti socialiste (PS) avait réussi à transformer un résultat famélique à la présidentielle en un groupe presque inespéré à l’Assemblée nationale.

« Il a mouillé la chemise pour l’accord de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale [Nupes] et a mené ses troupes à une victoire », appuie un député de son camp. Un de ses proches résume crûment le chemin parcouru depuis la fin du quinquennat Hollande : « Quand nous sommes arrivés, il ne restait que des clous pour notre cercueil, aujourd’hui le PS compte. »

Mettre « un peu de piment »

Suffisant pour s’assurer une victoire ? « Aucun congrès n’est imperdable, temporise Olivier Faure, toujours placide. Personne ne devrait jamais fanfaronner. Les militants sont conscients qu’après les 1,7 % de la présidentielle, nous ne sommes pas passés loin de la fin du PS. Soit le parti s’ancre à gauche avec un projet de transformation sociale et écologique, soit on repart dans un projet d’accompagnement du libéralisme. »

Sans « fanfaronner », ses adversaires osent depuis peu afficher leurs espoirs de victoire et croient déceler une « forme de fébrilité » nouvelle chez le premier secrétaire. Le surgissement d’un courant, décidé cet été sous l’impulsion d’Anne Hidalgo et qui s’est matérialisé mardi avec la présentation d’une « contribution générale » vient rebattre les cartes et mettre « un peu de piment », dixit un cadre. « Sans nous, le match était plié d’avance », poursuit un autre.

Personne n’est prisonnier de qui que ce soit, surtout pas moi. C’est quand on ne pèse plus rien qu’on est prisonnier de tout le monde

« Est-ce que notre troisième voie peut gagner ? Bien sûr, rétorque le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, pressenti pour être le candidat de cette sensibilité au congrès. La dynamique est clairement de notre côté. »​

Entre Hélène Geoffroy, très hostile à la Nupes et qui compte ressusciter le PS d’hier, et Olivier Faure, qu’il estime prisonnier de Jean-Luc Mélenchon, Mayer-Rossignol veut incarner « une voie centrale et nouvelle : ni retour en arrière, ni syndrome de Stockholm », dit-il. « Personne n’est prisonnier de qui que ce soit, surtout pas moi, réplique Faure. C’est quand on ne pèse plus rien qu’on est prisonnier de tout le monde. »​

Une partie de poker menteur

Déjà présente au congrès de ­Villeurbanne en 2021, où elle avait recueilli 26,5 % des suffrages face à Faure, Geoffroy est elle aussi persuadée que l’actuel patron du PS peut tomber. « Le congrès s’est largement ouvert, estime la maire de Vaulx-en-Velin. Faure est affaibli et sa ligne n’est plus partagée par ceux qui étaient avec lui au dernier congrès. »

Un de ses lieutenants pronostique : « Entre Mayer-Rossignol et Geoffroy, je ne sais pas qui sera devant, mais celui qui le sera pourra compter sur le soutien de l’autre et Faure sera battu. » Mobilisé contre la direction sortante, un éléphant socialiste abonde : « Si ces deux motions-là se mettent d’accord, pour Faure, c’est fini, il est mort. » Une union pour l’heure « pas du tout à l’ordre du jour », tempère Mayer-Rossignol.​

 » Rejouer le congrès de Reims quand on fait 1,7 % à la présidentielle, ça me soûle »

Au PS – c’est une tradition – avant chaque congrès, les participants se livrent à une partie de poker menteur où chacun met en scène ses résultats, sachant que les autres crieront immédiatement au bluff. « On sera largement en tête, à mon avis au-dessus de 50 % de voix au premier tour », estime un proche de Faure.

Un soutien de Geoffroy imagine, lui, un premier tour à 40 % pour Faure et autour de 30 % pour les deux autres motions. Et le même de se livrer à une revue des fédérations qui pèsent : « Mayer-Rossignol a pour lui la Seine-Maritime et son texte est soutenu par Patrick Kanner [Nord] et par Anne Hidalgo [Paris]. ​Ce sont de très gros morceaux, autant de trous dans la coque du faurisme. »

Mais ces fédérations ne voteront pas d’un bloc. « Ils gonflent leurs muscles, ils sont absents de territoires entiers », avance un proche du premier secrétaire qui revendique le soutien de 59 patrons de fédérations, contre 17 pour Mayer-­Rossignol et 11 pour Geoffroy. Face à ce risque de fracturation, un dirigeant peste : « Rejouer le congrès de Reims [qui fut fratricide en 2008] quand on fait 1,7 % à la présidentielle, ça me soûle. » 

Arthur Nazaret 13/11/2022

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