25 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

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Italie : derrière le triomphe annoncé de l’extrême droite, des élections aux multiples enjeux

Dimanche, les Italiens votent pour renouveler leur Parlement. Une élection décisive qui conclut une campagne morne mais pourrait porter l’extrême droite au pouvoir. Tour d’horizon des programmes et des enjeux.

Le dimanche 25 septembre 2022, les Italiens sont appelés à voter. Une élection importante pour la péninsule et pour l’Europe avec l’arrivée annoncée à la présidence du Conseil de la cheffe de file du parti néofasciste Fratelli d’Italia, Giorgia Meloni. Mais le processus des élections est complexe et les conditions de cette campagne ont été très particulières. Voici un tour d’horizon du fonctionnement et des enjeux du scrutin.

Pourquoi vote-t-on encore en Italie ?

La dernière élection générale en Italie a eu lieu en mars 2018 et la prochaine était prévue pour le printemps 2023. À l’issue des dernières élections, aucune majorité claire n’a émergé. Le Mouvement Cinq Étoiles (M5S) est le premier parti du pays mais ne peut gouverner seul. Une alliance se met alors en place avec la Ligue (Lega) de Matteo Salvini sous la direction de Giuseppe Conte, un avocat qui va devenir chef du M5S.

Cette coalition tombe en août 2019 et un deuxième gouvernement Conte est mis en place autour d’une alliance entre le M5S et la gauche. Mais en février 2021, le parti de l’ancien chef du gouvernement Matteo Renzi fait tomber Conte, qui est remplacé par Mario Draghi.

L’ancien président de la Banque centrale européenne (BCE), qui bénéficie d’une grande popularité, dirige alors une coalition formée de l’ensemble des partis du Parlement, à l’exception de Fratelli d’Italia à l’extrême droite et du parti de gauche. Mais le 14 juillet 2022, le M5S, qui cherche à redéfinir son positionnement politique, quitte la coalition en refusant de voter pour le nouveau plan d’aide contre l’inflation, provoquant la démission de Mario Draghi. Le président de la République lui demande de solliciter la confiance des assemblées.

Le 21 juillet, au Sénat, le gouvernement Draghi obtient la majorité relative, sans les voix du M5S et de la Ligue. En conséquence, il décide de confirmer sa démission, provoquant la dissolution du Parlement et de nouvelles élections.

Quatre élections en une

Entre 8 et 23 heures, ce dimanche, 51 442 983 électeurs italiens, y compris 4 987 898 résidents à l’étranger, sont appelés à renouveler le Parlement composé de la Chambre des députés et du Sénat. Après la décision de réduire le nombre d’élus, 400 députés et 200 sénateurs sont à élire.

Le système électoral est complexe et mêle des élections uninominales à un tour pour un tiers des élus et des élections de liste à la proportionnelle pour les deux tiers restants.

L’électeur aura à sa disposition deux bulletins, un pour la Chambre et l’autre pour le Sénat. Ces deux bulletins se divisent chacun en deux colonnes : une pour l’élection uninominale, l’autre pour le scrutin de liste.

Il peut cocher seulement le nom du candidat à l’uninominal et son vote est alors transmis à l’ensemble des listes constituant la coalition soutenant ce candidat. Il peut cocher une liste seulement, et son vote va automatiquement au candidat soutenu par cette liste. Enfin, il peut cocher le nom et choisir un parti précis au scrutin de liste dans la coalition qui le soutient.

Le vote est bloqué. Tout bulletin où l’électeur aura coché le nom d’un candidat à l’uninominal et, parallèlement, un parti d’une liste qui ne soutient pas ce candidat sera considéré comme nul. En revanche, on peut distinguer les votes entre Chambre et Sénat.

En Italie, le gouvernement doit obtenir la confiance des deux chambres (article 94 de la Constitution). Les circonscriptions sont différentes dans les deux chambres, tant pour le scrutin uninominal que pour le scrutin de liste. Mais la principale différence réside dans le niveau de répartition à la proportionnelle des listes : national pour la Chambre, régional pour le Sénat.

Une campagne courte, difficile et jouée d’avance ?

La campagne n’a pas passionné les foules en Italie. Elle a été extrêmement courte dans la mesure où elle a été impossible en août, mois par excellence des vacances. La réduction du nombre de parlementaires et les changements de circonscription ont rendu plus difficiles les actions de terrain. La campagne s’est donc jouée principalement dans les grands médias et sur les réseaux sociaux.

Le grand thème de la campagne a été la vie chère et l’inflation. Les Italiens sont profondément inquiets de la hausse des prix et de la récession à venir. Les partis ont multiplié les intentions, sans toutefois convaincre. La tentative d’une partie de la gauche de mettre en place une alerte sur le retour du fascisme n’a pas réellement pris dans l’opinion et a même été jugée par certains, notamment au Mouvement Cinq Étoiles, comme contre-productive. De son côté, la droite a dénoncé ces accusations comme « absurdes ». Globalement, l’intérêt pour la campagne a été très réduit.

La campagne a aussi été marquée par une forme de certitude. Le système électoral semble en effet devoir donner sans difficulté la majorité absolue à la droite, dans la mesure où la très grande majorité des circonscriptions uninominales lui semble acquise, compte tenu de la division des oppositions.

Pour toutes ces raisons, un des points qu’il faudra surveiller lors du scrutin sera l’abstention. Elle s’annonce très forte, parfois donnée à 40 %. C’est un chiffre qui serait historiquement élevé dans un pays où l’on vote traditionnellement beaucoup. En 2018, l’abstention était de 27 %, ce qui était le niveau le plus élevé de l’après-guerre.

Un « centre-droit » très à droite

Le paysage politique italien s’organise autour de quatre grandes forces politiques. La première est le « centre-droit », un terme trompeur forgé par Silvio Berlusconi et ses alliés dans les années 1990 pour dissimuler l’intégration dans la coalition de droite des néofascistes – à l’époque l’Alliance nationale (AN) de Gianfranco Fini – et de la Ligue – à l’époque Ligue du Nord.

Cette coalition regroupe aujourd’hui les mêmes composantes, avec un glissement à droite certain. L’alliance présente partout des candidats communs aux scrutins uninominaux et s’est mise d’accord sur un candidat commun à la présidence du Conseil, celui du parti arrivé en tête au scrutin de liste national. Mais les programmes sont parfois différents.

Si Forza Italia (FI) est toujours présent, il est très affaibli et devrait obtenir moins de 10 % des voix. C’est un parti désormais focalisé sur les milieux d’affaires et une partie des artisans et des petits patrons. Son programme est celui d’une droite européenne et néolibérale classique, mais il est surtout centré sur la personnalité de Silvio Berlusconi.

À 85 ans, l’ancien président du Conseil, de 1994 à 1995, de 2001 à 2006 et de 2008 à 2011, a mené une campagne très personnelle, notamment sur le réseau social TikTok, où il a multiplié les sorties burlesques, tuant là une mouche en direct, invitant ici les femmes « dont il a toujours recherché l’amour » à voter pour lui.

Le deuxième larron de la coalition, c’est la Ligue de Matteo Salvini. Ce dernier a transformé l’ancien parti autonomiste d’Umberto Bossi en un parti d’extrême droite national. Son programme reste obsédé par les arrêts des « débarquements de migrants » et par la lutte contre l’insécurité. Sur le plan fiscal, sa grande idée, agitée depuis longtemps, est la flat tax, un taux unique de 15 % pour l’impôt sur le revenu. Depuis le début de la crise énergétique, la Ligue est devenue favorable au nucléaire, position partagée par ses alliés de droite.

Depuis 2017, le parti a abandonné sa volonté de sortir de l’euro et l’a remplacée par l’idée vague d’une plus grande autonomie des États dans l’Union européenne (UE). La Ligue est soupçonnée depuis des années de liens financiers avec la Russie, qu’elle a toujours niés, mais elle s’est retrouvée à nouveau dans la tourmente lors de la parution aux États-Unis d’un document sur le financement russe des partis politiques européens. En revanche, durant la campagne, Matteo Salvini a critiqué l’efficacité des sanctions contre la Russie et leur impact sur l’inflation en Italie.

Aujourd’hui, la Ligue, qui est un des plus anciens partis politiques d’Italie, est en perte de vitesse, y compris dans ses bastions du Nord. Sa participation au gouvernement Conte en 2018 puis son soutien au gouvernement Draghi lui ont coûté son image d’alternative et de force d’opposition.

Cette image est aujourd’hui reprise par Fratelli d’Italia (FdI), dirigé par Giorgia Meloni, 45 ans. Initialement issu de ceux qui, parmi les néofascistes, refusaient le caractère modéré de l’Alliance nationale, ce parti bénéficie de son refus de soutenir le gouvernement Draghi en 2021, ce qui lui permet de se présenter comme une force d’opposition. FdI s’est beaucoup efforcé de polir son image en simple parti conservateur, mais il reste très fortement ancré dans la tradition néofasciste.

Fratelli d’Italia a ainsi conservé sur son logo la flamme tricolore du parti néofasciste MSI (qui a aussi inspiré la flamme du Front national) et ses prises de position en font un parti clairement situé à l’extrême droite. On y trouve ainsi une obsession de la défense et de la glorification de l’identité nationale italienne et de la politique familiale.

Outre des soutiens fiscaux aux familles, FdI entend ainsi réformer le droit à l’avortement pour le durcir (officiellement pour « donner plus de choix aux femmes »), dans un pays où ce droit est déjà minimal. Le programme de ce parti entend aussi lutter contre les « déviances » qui frappent la jeunesse, et qui vont de l’alcoolisme à l’obésité, en passant par les jeux de hasard. Cette lutte passera par « le sport et la culture », dans une tradition qui n’est pas sans rappeler la vision fasciste de la jeunesse.

Sur le plan économique, FdI défend le « made in Italy » par la baisse des impôts de production. Une politique néolibérale classique (qui participe d’ailleurs de sa banalisation) à laquelle s’ajoute l’habituelle amnistie fiscale. Un des points d’interrogation souvent avancés est l’engagement européen de Fratelli d’Italia.

Giorgia Meloni prétend certes vouloir réviser le plan national de relance et de résilience (PNRR) européen, mais elle se prétend désormais attachée à l’UE et a affiché un soutien sans faille à l’Ukraine et à l’Otan. Son modèle semble se situer entre la Pologne et la Hongrie.

Fratelli d’Italia est actuellement donné en tête de la coalition dans les intentions de vote, ce qui amènerait Giorgia Meloni au Palais Chigi, le Matignon italien. Mais la fin de campagne a vu se multiplier les tensions avec Silvio Berlusconi et Matteo Salvini, l’enjeu étant le rapport de force interne à la coalition.

Le centre-droit est aussi constitué de plus petites formations centristes regroupées sous l’expression de « Noi, moderati » (« Nous, les modérés ») et dans l’Union démocratique du centre (UDC), une des anciennes structures issues de la Démocratie chrétienne.

Le centre-gauche peu convaincant

Le principal opposant à la coalition de droite est la coalition menée par le Parti démocrate (PD). Le PD est le lointain héritier du Parti communiste italien (PCI), dont il conserve certaines places fortes en Toscane ou en Émilie-Romagne, mais son positionnement est désormais beaucoup plus au centre. Il est dirigé par Enrico Letta, qui a été président du Conseil en 2013 avant d’être renversé par un coup d’État interne mené par Matteo Renzi.

Comme beaucoup de partis sociaux-démocrates en Europe, le PD a mené de nombreuses réformes néolibérales en Italie et a soutenu les gouvernements « techniques » du pays chargés, comme le gouvernement Monti, de mettre en place les réformes structurelles. La dernière réforme du marché du travail, le Jobs Act, a ainsi été appliquée sous sa direction en 2014. Ce positionnement lui a aliéné une partie de l’électorat populaire qui a cédé aux sirènes de la droite, notamment dans le Nord, ou du M5S, plutôt dans le Sud.

Dans cette campagne, Enrico Letta a tenté de renouer avec un discours un peu plus à gauche, notamment en défendant un blocage des prix de l’énergie ou en voulant « dépasser » le Jobs Act. Mais tout cela est resté assez modéré et flou. Sur le salaire minimum, qui n’existe pas en Italie, le programme du PD est par exemple celui d’accords collectifs.

En fait, le PD est resté coincé dans une alliance très large, plutôt fourre-tout, où l’on retrouve les centristes de +Europa d’Emma Bonnino, ancien soutien de Mario Monti, et la scission centriste du M5S d’Impegno Civico (« Engagement citoyen ») du ministre des affaires étrangères Luigi Di Maio.

En parallèle, la coalition intègre l’alliance entre la Gauche italienne (Sinistra Italiana, SI) et les Verts, qui n’ont pas soutenu le gouvernement Draghi et défendent un programme beaucoup plus à gauche (notamment un salaire minimum national et l’indexation des salaires).

Globalement, Enrico Letta ne semble pas avoir convaincu dans cette campagne et s’il pouvait mener la coalition principale de l’opposition, cela sera insuffisant pour poser problème à la coalition de droite.

Le Mouvement Cinq Étoiles va decrescendo

La grande erreur d’Enrico Letta a été de ne pas pouvoir élargir cette coalition de façon suffisante. Il a d’emblée refusé toute alliance avec le Mouvement Cinq Étoiles de Giuseppe Conte, sous prétexte que ce dernier avait provoqué la chute du gouvernement Draghi.

Le M5S est donc parti seul dans cette campagne. Sa participation au gouvernement, ses divisions internes, ses incertitudes sur son positionnement ont beaucoup affaibli le parti, qui ne pourra plus renouveler l’exploit de 2018, où il avait obtenu 32 % des voix.

Pour autant, le M5S ne s’effondre pas et pourrait obtenir près de 15 % des voix, ôtant à la coalition de gauche les moyens de venir s’opposer directement à la droite. Giuseppe Conte est assez populaire et a fait une bonne campagne, notamment dans le sud du pays, où le M5S avait fait ses meilleurs scores en 2018. Il semblait, en fin de campagne, que le parti remontait.

Jadis « ni de droite, ni de gauche », le parti fondé par le comique Beppe Grillo revendique désormais un positionnement à gauche et dans le domaine de l’écologie. Le M5S défend ainsi un salaire minimum national, la lutte contre le précariat, la baisse du temps de travail et des investissements publics.

Un de ces points principaux dans la campagne a été la défense du « revenu citoyen », une forme de RSA dont il est à l’origine. Ce revenu est dans la ligne de mire de la droite, qui veut le supprimer ou le limiter, et du centre, qui veut le rendre conditionnel à une formation ou à un emploi.

Les centristes dans la lignée de Draghi

L’autre allié potentiel du PD était ce que les Italiens appellent le Terzo Polo (TP, « Troisième Pôle »), constitué de deux principaux partis : Italia Viva, de Mateo Renzi, et Azione, de Carlo Calenda. Le premier est l’ancien président du Conseil et leader du PD de 2014 à 2016. Il a depuis créé son propre parti sur une ligne néolibérale.

Carlo Calenda, ancien cadre de Ferrari, puis proche de Mario Monti, a de son côté été ministre du développement économique d’Enrico Letta et Matteo Renzi de 2013 à 2016. Il a aussi fondé son propre parti et défend régulièrement ses idées dans des livres à succès.

L’alliance de ces formations avec le PD a été un temps signée, avant que, finalement, le pacte ne soit rompu sous prétexte de l’intégration de Sinistra Italiana dans la coalition. Mais, en réalité, pour les centristes, l’alliance de centre-gauche n’ayant aucune chance de gagner, il semblait plus intéressant en termes électoraux de faire campagne seuls.

La campagne du Terzo Polo s’est centrée sur la poursuite de l’expérience Draghi. Les deux partis ne cachent pas leur volonté de rétablir Mario Draghi à la présidence du Conseil, même si ce dernier, à la différence de Mario Monti, refuse de faire campagne. L’essentiel du programme est proche de ce qu’est celui d’Emmanuel Macron en France : baisse des impôts, conditionnalité du revenu de citoyenneté, soutien au nucléaire, renforcement du pouvoir des experts, soutien à « l’innovation ».

Sur le salaire minimum, son introduction devra être négociée par les partenaires sociaux, tandis que le Terzo Polo défend l’idée d’une personnalisation accrue du président du Conseil, qui serait directement élu.

Ces positions, qui se présentent comme « modernistes », séduisent un électorat urbain et bourgeois mais peinent à s’implanter. Le score qui leur est promis est proche de ce qu’avait obtenu Mario Monti en 2013 (8,6 % des voix).

Pour les petits partis, une place au Parlement pas garantie

Pour obtenir une représentation au Parlement, il faut obtenir au moins 3 % des voix au niveau national. La marche sera haute pour les 13 petits partis qui se présentent aux voix des Italiens. Parmi eux, on peut citer Italia Sovrana e Popolare (ISP, « Italie souveraine et populaire »), parti anti-européen, prorusse et antivax, mais aussi Italexit, sorte d’UPR locale, qui demande la sortie de l’Italie de la zone euro et de l’UE.

À gauche, on trouve l’Union Popolare (UP, « Union populaire »), une alliance de l’ancien Potere al Popolo ! (PaP, « Le Pouvoir au peuple ! »), qui avait obtenu en 2018 1,13 % des voix, avec le Partito della Rifondazione Comunista (PRC, « Parti de la refondation communiste »), parti historique de la gauche issu de la scission du PCI refusant le tournant du parti.

Dirigée par l’ancien maire de Naples Luigi de Magistris, cette coalition porte la voix d’une gauche plus radicale que celle de la coalition dirigée par le PD, avec des positions qui ne sont pas sans ressembler à celles de La France insoumise (l’UP a d’ailleurs reçu le soutien de Jean-Luc Mélenchon).

Dans son programme, l’Union populaire, qui a mené une campagne de terrain très active, défend le gel du prix de l’énergie, des nationalisations, un salaire minimum de 1 600 euros par mois, l’indexation des salaires et des pensions sur l’inflation, l’abolition du Jobs Act, la défense des services publics et des droits civiques, une politique écologique ambitieuse sans le nucléaire et la lutte contre la mafia.

L’UP a une force, la présence de Luigi de Magistris, qui est assez populaire et connu, et qui n’avait pas participé à la campagne de 2018, mais elle a un problème tant la gauche italienne est peu présente dans le débat public, où dominent les idées néolibérales. Par ailleurs, l’Union populaire subit la concurrence du M5S sur certains sujets.

Et après ?

Après les élections, le président de la République Sergio Matarella aura pour tâche de nommer un nouveau président du Conseil qui devra obtenir la confiance de la Chambre et du Sénat. Même s’il s’est défendu de tout « automatisme », il semble impossible pour lui de refuser de nommer le ou la leader du parti de la coalition majoritaire, sous peine de déclencher une crise politique dont il sortirait affaibli.

Il y a donc fort à parier que Giorgia Meloni deviendra la première présidente du Conseil de l’histoire italienne. Reste ensuite à savoir quels seront les rapports de force internes à la coalition. Matteo Salvini, qui s’est longtemps vu premier ministre, acceptera-t-il de rester dans l’ombre ? Si la défaite de la Ligue est lourde, notamment dans le Nord, sa stratégie, menée depuis 2011, sera-t-elle remise en cause en interne ? Et, compte tenu des divergences entre FdI, FI et la Ligue, la coalition tiendra-t-elle pendant cinq ans ?

Une autre incertitude réside dans les relations de cette coalition avec l’Union européenne. Mais, comme on l’a vu, sur les sujets économiques et géopolitiques, les néofascistes se sont efforcés d’être très compatibles avec la ligne dominante. Dans Le Monde du 22 septembre, la secrétaire d’État française à l’Europe, Laurence Boone, a ainsi indiqué que « sur l’essentiel des sujets, nous sommes plus ou moins alignés avec Giorgia Meloni ».

Il n’en reste pas moins que si la campagne n’a guère porté sur la question du retour du fascisme au pouvoir mais plutôt sur la vie chère, la prise du pouvoir par Fratelli d’Italia pourrait marquer une rupture dans la société italienne avec des mesures autoritaires et réactionnaires.

Romaric Godin 24 septembre 2022

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