13 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

godard (slate lmd)

Chef de file de la Nouvelle Vague

Fustigeant la «tradition de la qualité», ce cinéma de papa, fleurant bon les films d’époque avec costumes et naphtaline, des jeunes critiques prônent un cinéma plus libre et inventif. Ils s’appellent Bazin, Truffaut, Rohmer, Godard… À longueur de colonnes, ils démolissent consciencieusement les films de Claude Autant-Lara (voire de Jacques Becker, réalisateur du passionnant film carcéral Le Trou, à la sortie de Montparnasse 19) et s’enthousiasment pour Roberto Rossellini, Ingmar Bergman, Fritz Lang… sans oublier des petits maîtres du cinéma américain (de Samuel Fuller à Budd Boetticher).

Des années de maoïsme bêlant

Le militantisme justement. Chez Jean-Luc Godard, l’engagement politique est consubstantiel à l’œuvre. Très tôt: évoquant la guerre d’Algérie, Le Petit Soldat est tourné en 1960 mais, censuré, ne sort que trois ans plus tard. En 1967, il succombe aux sirènes maoïstes. Un égarement politique qu’il partage avec d’autres intellectuels de renom: Michel Foucault, Philippe Sollers, etc.

Pendant que la révolution culturelle torture et massacre sans relâche, Godard fait office d’idiot utile avec un film brillant d’un point de vue esthétique mais navrant du point de vue politique. On y lit et déclame le petit livre rouge jusqu’à l’écœurement. Comme le rapporte Christophe Bourseiller dans Les Maoïstes (2007), La Chinoise ne séduit pas les orthodoxes de L’Humanité, qui s’emportent contre un film tourné dans un appartement empli des «meubles bourgeois, d’électrophones de luxe», où «l’étudiant bourgeois» se «balade en décapotable» avant d’aller étudier «la philosophie à l’université de Nanterre».

Le maoïsme de Godard est durable et, alors que les massacres de la révolution culturelle commencent à être solidement documentés, aveugle comme celui d’une bonne partie des intellectuels de l’époque.

À cet aveuglement volontaire s’ajoutent un combat en faveur du droit des Palestiniens et un rapport équivoque à la Shoah qui nourrissaient un antisémitisme navrant. Comme le veut la formule, Godard préférait «avoir tort avec Sartre que raison avec Aron». C’est peu glorieux.

.https://www.slate.fr/

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