17 mai 2022 ~ 0 Commentaire

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Die Linke

Les résultats de « Die Linke » aux dernières élections. Die Linke est proche de Podemos et de la FI.

Die Linke en français : « La Gauche » est un parti politique allemand né de la fusion le 16 juin 2007 du Parti du socialisme démocratique (ex-Parti socialiste unifié d’Allemagne de l’Est), qui fut le parti officiel de la République démocratique allemande, et de l’Alternative électorale travail et justice sociale (Ouest)

Depuis le 21 février 2021, ses dirigeantes sont Susanne Hennig-Wellsow et Janine Wissler. Elles ont succédé à Katja Kipping et Bernd Riexinger. Die Linke se différencie des autres partis de gauche siégeant au Bundestag (le Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD) et l’Alliance 90/Les Verts) par sa ligne politique antilibérale et prônant un socialisme démocratique.

En septembre 2009, le parti revendique 78 046 membres, dont 39,2 % de femmes. Après une percée aux élections fédérales de septembre 2009, il porte sa représentation au Bundestag à 76 députés sur 614, contre 53 précédemment. Les bastions électoraux du parti sont plutôt situés dans les régions orientales de l’Allemagne, qui formaient la République démocratique allemande (RDA), mais il trouve aussi suffisamment d’électeurs dans l’ex-Allemagne de l’Ouest pour siéger dans les parlements régionaux de ses Länder. Après sa montée en puissance à la fin des années 2000, le parti essuie plusieurs revers électoraux depuis 2010.

Au niveau international, Die Linke est membre du Parti de la gauche européenne et du Forum pour une nouvelle gauche européenne (NELF)13 et siège au Parlement européen dans le Groupe de la Gauche au Parlement européen, dont Martin Schirdewan est co-président.

Die Linke promeut l’anticapitalisme, l’antifascisme et l’antimilitarisme, et est neutre sur l’intégration européenne. En tant que parti le plus à gauche des six représentés au Bundestag, il est décrit comme d’extrême gauche par certains organes de presse et est considéré comme populiste de gauche par certains chercheurs.

L’Office fédéral de protection de la constitution (Verfassungsschutz) de Basse-Saxe estime que l’évolution des discours et des membres du parti ne permet plus de les soupçonner de vouloir remettre en cause l’État de droit démocratique ; il surveille certaines de ses factions internes les plus radicales, telles que la Plate-forme communiste  et la Gauche socialiste, en raison de tendances extrémistes, tout comme le font les autorités constitutionnelles de certains État.

Pour symboliser la nouvelle relation, le PDS changea son nom en Parti de gauche (Linkspartei) avec l’usage optionnel des lettres « PDS » laissé à la discrétion des fédérations régionales. La nouvelle coalition permanente ainsi formée prend le nom de Die Linke.PDS. Cette stratégie permettra à ses listes de rassembler 8,7 % des suffrages exprimés lors des élections fédérales allemandes de 2005, et de pourvoir 54 des 622 sièges du Bundestag, juste devant l’Alliance 90/Les Verts mais derrière le FDP. Ces bons résultats valent à Die Linke des commentaires généralement très hostiles de la presse allemande. Les activités du parti sont placées sous surveillance policière.

L’irruption de cette nouvelle force au sein de l’échiquier politique allemand sème le trouble durant les jours suivant l’élection, le SPD du chancelier fédéral sortant Gerhard Schröder et l’Union chrétienne-démocrate (CDU, droite) d’Angela Merkel se retrouvant au coude à coude, sans qu’aucune des deux coalitions traditionnelles noire-jaune ou rouge-verte ne puisse être formée.

Techniquement parlant, la configuration théorique Verts + sociaux-démocrates + Die Linke possède une majorité absolue. Mais l’idée même de cette alliance de toute la gauche allemande est balayée d’un revers de la main par le SPD, qui voit Die Linke comme un parti contestataire et populiste, successeur direct du SED (PC de l’Est), le parti d’État de la RDA, vis-à-vis duquel Die Linke se montre pourtant très critique. Les dirigeants de la CDU et du SPD finissent par se mettre d’accord pour former une grande coalition dirigée par Merkel le temps de la législature, alors même que le Bundestag est majoritairement à gauche.

Aux élections du Land de Brême le 13 mai 2007, l’alliance Die Linke.PDS a passé pour la première fois la barre des 5 % dans une élection régionale en Allemagne de l’Ouest avec 8,4 % (+6,7 %), profitant de la défiance envers les deux partis de la coalition gouvernementale. Il confirme ainsi son implantation électorale dans l’ouest de l’Allemagne, où le PDS a toujours été marginal.

La formation de Die Linke est analogue à l’alliance politique française le Front de Gauche fondée à l’origine par le Parti communiste français (PCF), le Parti de gauche créé par des déçus de la libéralisation du Parti socialiste (PS), et la Gauche unitaire (GU) créé par d’anciens militants de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR).

Du 30 mars au 18 mai 2007, les membres des deux formations (soit environ 72 000 personnes) étaient invités à se prononcer pour ou contre la dissolution du Linkspartei (ex-PDS) et de la WASG dans un seul et même parti. Les résultats furent sans appel :

  • 83,9 % des membres de la WASG se prononcent en faveur de la fusion (15,1 % contre), avec un taux de participation de 49,8 %.
  • 96,9 % des membres du Linkspartei sont favorables à la fusion (3,1 % contre), avec un taux de participation de 82,6 %.

Le 16 juin 2007, Die Linke voit réellement le jour en tant que parti politique au terme d’un grand congrès fondateur (la fusion est définitivement entérinée par les délégués des deux partis) organisé à Berlin et auxquels prirent part de nombreux invités en provenance de toute l’Europe (et notamment les Français Jean-Luc Mélenchon et Clémentine Autain). Lothar Bisky et Oskar Lafontaine en sont désignés coprésidents. D’après son coprésident Lothar Bisky, environ 55 000 membres du nouveau parti étaient membres du Parti socialiste unifié d’Allemagne (SED) avant la réunification.

De 2005 à 2009, le parti dispose d’un groupe de 53 députés au Bundestag (54 avant que Gert Winkelmeier (de) ne quitte le groupe en février 2006 à la suite de sa mise en cause dans une affaire de corruption22), 161 députés des parlements régionaux, 179 maires, environ 5 500 élus municipaux. Il obtient aussi 8 députés européens aux élections européennes de 2009.

Durant la campagne pour les élections fédérales de 2009, les sondages relatifs vont lui donner jusqu’à environ 10 à 14 % d’intentions de vote, alors même que le SPD est en chute libre, mis en difficulté par son alliance avec la CDU de la chancelière Angela Merkel.

Die Linke semble percer dans les territoires d’Allemagne de l’Ouest jusque-là hostiles au PDS, comme le confirme par la suite les résultats des élections régionales de Basse-Saxe et de Hesse, le 27 janvier 2008 : Die Linke obtient respectivement 7,1 % et 5,1 % des voix, ce qui lui permet d’entrer dans les parlements régionaux (Landtag) des deux Länder.

Cette tendance se confirme le 24 février 2008 avec l’entrée réussie de Die Linke dans le parlement du Land de Hambourg, avec 6,5 % des voix. En revanche, le 28 septembre 2008, le parti rate son entrée dans le Landtag de Bavière, avec 4,3 % des suffrages exprimés dans ce Land historiquement dominé par les chrétiens-démocrates de la CSU.

Alors même que les députés régionaux de Die Linke et ceux du Parti social-démocrate sont majoritaires dans le Landtag de Hesse, les membres les plus à droite du SPD refusent de s’allier à Die Linke, qui y est pourtant favorable, et laissent s’installer un gouvernement minoritaire dominé par la CDU.

Les sociaux-démocrates ne parvenant pas à définir leur position, le Landtag est dissous et des élections anticipées ont lieu le 18 janvier 2009. Die Linke maintient ses positions avec 5,4 % des suffrages exprimés et conserve ses six sièges, tandis que le SPD s’effondre en perdant treize points : la majorité bascule à droite et une coalition noire-jaune est formée.

L’absence de clarté dans la stratégie d’alliance du SPD aura été la principale cause de ce nouvel échec de retour de la gauche allemande aux affaires. Le SPD rechigne en effet à s’allier avec un parti dont l’attitude à l’égard du régime de la RDA reste équivoque. Ainsi lors des commémo-rations pour la construction du mur de Berlin qui ont lieu en 2011, un journal de jeunes du parti Die Linke titre sur une apologie du mur, saluant sa contribution à la paix et aux droits sociaux, le tout illustré par des soldats faisant la garde lors de la construction du mur.

Régionales de 2009

Lors des élections régionales du 30 août 2009, Die Linke réalise une percée dans le Land de la Sarre, où Oskar Lafontaine en personne mène la liste de son parti. Profitant de son statut d’ancien ministre-président de ce Land de l’ouest, il rassemble 21,3 % des suffrages exprimés, soit 19 points de plus que la liste PDS en 2004.

Cette percée phénoménale relance la campagne de Die Linke à un mois des élections fédérales. En Saxe et en Thuringe, deux de ses principaux fiefs d’Allemagne de l’est, Die Linke reste la deuxième force politique après la CDU, avec respectivement 20,6 % (-3) et 27,4 % (+1,3) des suffrages exprimés.

Élections fédérales : au-dessus des 10 %

En rassemblant 11,9 % des suffrages exprimés et 76 élus à l’issue des élections fédérales de 2009, Die Linke bat de nouveaux records. Avec un million d’électeurs supplémentaires, le parti confirme et devient la quatrième force politique nationale, distancé par le FDP mais distançant lui-même nettement les Verts.

Die Linke obtient également seize mandats directs, ce qui constitue un nouveau record : jamais un parti autre que le SPD et la CDU-CSU n’avait obtenu autant de sièges au scrutin majoritaire jusqu’à maintenant. Lors des élections régionales organisées le même jour, Die Linke fait son entrée dans le Landtag du Schleswig-Holstein avec 6 % des voix (+5,2) et maintient sa position de seconde force politique dans celui du Brandebourg avec 27,2 % (-0,8).

Il participe actuellement à une coalitions régionales : dans le Brandebourg avec les sociaux-démocrates de Matthias Platzeck. Il a également longtemps été le partenaire de coalition du SPD à Berlin, avant que le tandem formé par les deux partis ne perde la majorité, entrainant la formation d’une grande coalition (SPD-CDU).

Cette alliance avec le SPD à Berlin a entrainé des critiques d’une partie de la gauche radicale. La direction du parti défend au contraire les succès obtenus : la mise en place d’un grand secteur d’emplois financés par les fonds publics ; le fait que la ville ne fait travailler que des entreprises payant un salaire horaire minimal de 7,50 euros ; l’insertion dans la Constitution de la possibilité d’organiser des référendums, y compris d’initiative populaire ; la gratuité des places en jardin d’enfants ; la non-privatisation de la Caisse d’épargne de Berlin, comme de toute autre caisse publique de prévoyance.

Régionales partielles 2011 : amorce d’un recul électoral

Les élections régionales partielles de mars 2011 ont montré que les succès électoraux de Die Linke restent extrêmement fragiles. En Rhénanie-Palatinat, Die Linke est retombé lourdement, de 9,4 % en 2009 à 3,1 % en 2011. En Bade-Wurtemberg, le parti a chuté de 7,2 % en 2009 à 2,8 % en 2011.

À la suite de la catastrophe de Fukushima au Japon en mars 2011, il a réaffirmé son attachement à une sortie immédiate de l’Allemagne du nucléaire. Ce faisant, le rappel de cette position ne lui pas profité électoralement. Même s’il est difficile de faire projections fiables (la création de ce parti politique est récente), il n’en demeure pas moins que les succès électoraux initiaux de die Linke sont fragiles. Cette formation politique éprouve des difficultés à s’implanter localement. À Berlin, où il cogère la ville-région avec le SPD, ses composantes ont déjà enregistré un recul électoral, passant de 11,7 % à 4,6 %.

Régionales de 2012 (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) : confirmation du net recul de Die Linke

Les élections régionales de mai 2012 en Rhénanie-du-Nord-Westphalie ont confirmé le net recul de Die Linke. C’est un échec d’autant plus significatif qu’il s’agit du Land le plus peuplé d’Allemagne avec environ 18 millions d’habitants. Die Linke s’est effondrée en passant de 5,6 % à 2,5 %, ce qui représente un tiers de voix en moins que la somme des résultats de ses composantes fondatrices aux élections régionales de 2005. On constate que le parti peine à s’implanter.

À compter de 2010, Die Linke connaît d’importantes dissensions internes qui font entrer le parti en crise. Cette crise est aggravée lorsque Die Linke perd ses élus dans les Landtage du Schleswig-Holstein et de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie en 2012.

Élections fédérales allemandes de 2013 : échec de la gauche

Les élections de 2013 sont une victoire pour la CDU/CSU (la troisième consécutive après 2005 et 2009) et un échec pour la gauche, le SPD obtenant 27,9 % et Die Linke perdant quant à elle 3,3 points par rapport aux dernières élections, mais devenant toutefois la troisième force politique du pays avec 8,6 % en dépassant de 0,2 points les Verts (mais reste loin des grands partis, le SPD et le CDU, respectivement à 27,9 et 41,5).

Élections fédérales allemandes de 2021 : sous la barre des 5 %

Les élections de 2021 sont une défaite considérable pour le parti. En obtenant seulement 4,89 % des voix, il risque de ne pas pouvoir accéder au Bundestag et qualifie son résultat de « catastrophique ».

Et çà continue en 2022…

Linke_Landtage.svg

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