01 septembre 2021 ~ 0 Commentaire

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marmotte

Le pays où une marmotte peut prédire le climat, les scientifiques non!

Le 6e rapport du GIEC confirmé par les calamités de l’été

Les scientifiques du GIEC sont formels : « Le changement climatique se généralise, s’accélère et s’intensifie ». Les méga-feux en Russie, Turquie, Grèce, France, Algérie et aux États-Unis, les précipitations et inondations catastrophiques en Belgique, Allemagne, Chine et en Inde en attestent.

Le groupe 1 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a remis son rapport cet été (1 400 pages qui synthétisent 14 000 articles scientifiques). 234 auteurEs de 66 nationalités y ont travaillé.

Est également publié un « Résumé pour les décideurs », pour nous toutes et tous donc (1) ! Pour la première fois, le GIEC a examiné de près les événements extrêmes qui se multiplient. On sait maintenant qu’il y aura des « points de basculement », notamment une possible montée des eaux de 5 mètres. Le consensus est de plus en plus solide : « sans équivoque », ce sont les activités humaines qui ont réchauffé l’atmosphère, les terres et les océans depuis 1750, « chacune des quatre dernières décennies a été successivement plus chaude que toute décennie depuis 1850 ».

Pluies diluviennes et incendies à travers la planète

Été après été, on pourrait s’habituer. Et pourtant on est surpris par l’ampleur des phénomènes : à Cologne, à la mi-juillet, il est tombé en quelques heures autant de pluie qu’en juillet-août en année normale, 200 personnes ont trouvé la mort dans cette région de l’Allemagne et le jeu politique lui-même a été très fortement bousculé. La dispute sur l’enjeu climatique fait rage.

Le feu a de nouveau embrasé la planète. En Grèce, les événements ont pris le tour d’une catastrophe nationale tant la canicule qui avait précédé les méga-feux, la casse sociale, la spéculation foncière et le dynamitage des services publics ont tout aggravé. Tout est imbriqué : on signale des centaines d’espèces animales mises en danger par les incendies comme le cerf élaphe en Grèce ou la tortue d’Hermann dans le Var.

Que faire ?

Le groupe (1) du GIEC avait pour mandat d’établir un constat sur des bases scientifiques fortes, la mission de préconiser revenant aux groupes 2 et 3 qui rendront leurs rapports en 2022. Ce 6e rapport ne se contente pas d’un seul scénario, examine plusieurs « futurs climatiques possibles » avec des réductions d’émissions de C02 différenciées.

Mais en n’osant pas envisager un changement de cap aussi radical que celui engagé au 18è siècle, cette entrée dans le dur du capitalisme industriel, en n’osant pas souligner la nécessité d’un changement de civilisation, les trajectoires de secours examinées sont toutes techniques, capitalo-compatibles : « technologies à émissions négatives, TEN » (captation et séquestration de gigantesques quantités de C02 sous terre) à l’état de prototypes à ce jour, avec des conséquences redoutablement dangereuses sur le plan social et écologique, ou « technologies bas carbone », le nucléaire pour parler clair (2).

Besoin de radicalité…

Certains rédacteurs comme le français Christophe Cassou expriment pourtant cette urgence absolue de mesures radicales : « Sans réduction des émissions de gaz à effet de serre immédiate, forte, soutenue et à grande échelle, on ne pourra pas limiter le réchauffement climatique à moins de 2 °C. Il faut y aller sans détour ni tergiversation. » (3) En sachant qu’il faudra remettre en cause le productivisme, le consumérisme, la propriété privée des grands groupes. Comme le dit Daniel Tanuro : « L’alternative est dramatiquement simple : soit l’humanité liquidera le capitalisme, soit le capitalisme liquidera des millions d’innocentEs pour continuer sa course barbare sur une planète mutilée et peut-être invivable. »

… et d’action large !

À 60 jours de la COP26 à Glasgow, signalons déjà la mobilisation mondiale du samedi 6 novembre. Que cette échéance soit l’occasion pour nous d’avancer nos propositions qui visent à prendre soin des personnes et des écosystèmes, à écologiser le social et à socialiser l’écologie. Se dessineront alors les contours d’une autre société, l’écosocialisme.

  • 1. 1 – « Rapport du GIEC, résumé pour les décideurs », traduction française simple et non officielle : https://resumegiec.wordpress.com/2021/08/11/rapport-du-giec-resume-pour-les-decideurs/
  • 2. 2 – Voir l’analyse du rapport par Daniel Tanuro, sur le site de la Gauche anticapitaliste (Belgique) : https://www.gaucheanticapitaliste.org/au-bord-du-gouffre-le-scenario-que-le-giec-ne-modelise-pas/
  • 3. 3 – Cité dans Mickaël Correia, « Rapport du Giec : le changement climatique s’aggrave », Mediapart, 9 août 2021.
Commission nationale écologie
  • 2/09/2021

https://lanticapitaliste.org/

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