18 juillet 2021 ~ 0 Commentaire

18 juillet 1936 (lo)

espagne

 

18 juillet 1936 Lorsque l’armée se lança à l’assaut du pouvoir, le prolétariat, sans aucune préparation et sans aucune directive, la mit spontanément en échec sur une bonne partie du territoire et dans les deux capitales.

Juillet 1936 : le soulèvement militaire déclenche la révolution

Au centre du complot militaire, il y avait les généraux Mola à Pampelune et Franco aux Canaries. De son poste, ce dernier organisa le soulèvement au Maroc.

C’est là, à Melilla, que le coup de force commença le 17 juillet. Le lendemain, les officiers rebelles étaient maîtres du Maroc espagnol. Franco lançait sur les ondes un appel au soulèvement qui commença immédiatement en Espagne.

Le gouvernement a plus peur des ouvriers que des putschistes

Le gouvernement de Casares Quiroga s’empressa de minimiser les événements. Il fit diffuser le communiqué suivant : « Une nouvelle tentative insurrectionnelle a échoué (…) personne, absolument personne ne s’est joint dans la péninsule à cette entreprise absurde… » Et le lendemain : « on peut affirmer que l’action du gouvernement suffira pour obtenir le retour à la normale. »

Les comités nationaux des partis socialiste et communiste se rangèrent à l’avis du gouvernement et publièrent le 18 juillet ce communiqué commun : « Dans l’éventualité où les ressources du gouvernement ne seraient pas suffisantes, la République est assurée solennellement que le Front populaire, qui rassemble sous sa discipline tout le prolétariat espagnol, se résoudra avec sérénité et impartialité à intervenir dans le conflit aussi rapidement que son intervention sera réclamée. Le gouvernement commande et le Front populaire obéit ».

Evidément, le gouvernement ne voulait pas faire appel à la classe ouvrière. Il déclara même que ceux qui distribueraient des armes aux travailleurs seraient fusillés. Et la soumission du Front populaire aux ordres du gouvernement représentait une véritable trahison des intérêts de la classe ouvrière.

Car dès le 18 juillet, gardes civils, gardes d’assaut et phalangistes se joignirent au putsch. Les gouverneurs, suivant les consignes du gouvernement, refusaient de distribuer des armes à la population, quand ils ne passaient pas eux-mêmes avec armes et bagages du côté des militaires putschistes.

Ce qui se passa en Andalousie est un bon exemple des conséquences de la politique du gouvernement.

Celui-ci refusa au gouverneur de Huelva l’autorisation d’arrêter le général d’extrême-droite, Queipo de Llano. Celui-ci se rendit à Séville. A lui tout seul, il démit les autorités militaires, fit prisonniers les officiers qui ne se rallièrent pas à la rébellion et prit le commandement des troupes.

Personne ne voulut lui résister parmi les officiers. Le gouverneur de Séville se rendit, avec les gardes d’assaut. Les troupes envoyées par le gouvernement contre Queipo de Llano se joignirent à ce dernier.

La seule résistance vint des quartiers ouvriers de Séville presque dépourvus d’armes. La répression fit 9 000 morts. Dans le quartier de San Julian, les légionnaires firent sortir tous les hommes dans la rue et les tuèrent à coups de couteaux. Le faubourg de Triana fut détruit à coup de canon le 20 juillet.

Mais le 18 au soir, Radio-Madrid annonçait que la rébellion était matée partout, même à Séville !

Casares Quiroga démissionna dans la nuit. Prieto, le dirigeant de la droite du Parti Socialiste, suggéra un gouvernement Martinez Barrio pour tenter de trouver un compromis avec les généraux.

Tout plutôt que d’armer les travailleurs.

Mais il ne fallut pas plus de quelques coups de téléphone pour que le nouveau gouvernement essuie la rebuffade des généraux contactés.

L’insurrection ouvrière met en échec le putsch

La classe ouvrière se mit désespérément à chercher elle-même les armes qu’on refusait de lui donner, passant outre aux consignes des dirigeants du Parti Socialiste et de l’UGT. Elle en trouva quelques-unes avec lesquelles elle se lança à l’attaque avec une énergie impressionnante.

Et elle trouva les autres en s’emparant des casernes, en désarmant les gardes civils, en gagnant ses premières victoires. Partout ce fut un véritable soulèvement populaire qui mit un coup d’arrêt brutal aux succès des militaires. Le gouvernement Martinez Barrio ne dura que quelques heures et le gouvernement Giral qui lui succéda fut obligé d’accepter l’armement des travailleurs en sanctionnant tout simplement un état de fait.

A Barcelone, la capitale de la Catalogne, les ouvriers avaient commencé à s’emparer d’armes dès le 17 juillet, sur les navires de guerre du port, sur les gardiens d’immeubles de la ville, dans les maisons des phalangistes, dans les armureries, et même dans quelques dépôts gouvernementaux grâce à la complicité de quelques gardes d’assaut.

Ils s’emparèrent aussi de la dynamite des chantiers de construction. Leur détermination fit basculer la garde civile et la garde d’assaut contre les militaires qui s’étaient retranchés dans les casernes de la ville. Après de furieux combats, les militaires durent capituler. C’était une victoire importante : la deuxième ville d’Espagne était aux mains des travailleurs en armes.

A Madrid, il fallut bien finir par distribuer des armes aux travailleurs en colère. Mais la plupart étaient inutilisables car il manquait les culasses, qui étaient stockées dans la caserne de La Montaña aux mains des officiers rebelles.

Galvanisée par les succès héroïques remportés par la classe ouvrière de Barcelone, la population ouvrière se lança le 20 juillet à l’assaut de la caserne pour récupérer les culasses. A plusieurs reprise les assiégés hissèrent le drapeau blanc, puis tirèrent à la mitrailleuse sur la foule. C’est la rage qui permit à la population de faire céder les portes et d’envahir la caserne. Les premiers arrivés lancèrent par les fenêtres les armes à la foule. Quant aux officiers, ils furent souvent jetés eux aussi par les fenêtres.

Les travailleurs s’emparèrent des casernes de la ville l’une après l’autre. Le prolétariat de la capitale était lui aussi maître de la ville et en armes.

Dans de nombreuses villes industrielles, dans les villages aussi, les travailleurs prenaient les choses en main. Le soulèvement militaire, qui avait pour objectif d’écraser la classe ouvrière et de sauver la bourgeoisie de la révolution, avait lui-même déclenché la révolution.

Ce n’est qu’à cause du temps perdu par les tergiversations du gouvernement et surtout par le légalisme des dirigeants des partis ouvriers que le soulèvement militaire avait pu vaincre sur une partie du territoire, obligeant ainsi les travailleurs à combattre la réaction dans des conditions bien plus défavorables.

Un tiers du pays tomba en effet sous la coupe des militaires qui massacrèrent les ouvriers et installèrent une dictature féroce.

https://www.lutte-ouvriere.org/

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