19 janvier 2021 ~ 0 Commentaire

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Démission de Richard Leonard

Crise au Parti Travailliste écossais

La démission de Richard Leonard, jeudi, à la tête du Parti travailliste écossais, intervient alors que le parti est confronté à une crise profonde.

Au cours de ses trois années à la tête du parti, Leonard s’est fait le champion de l’opposition à un second référendum sur l’indépendance et a fermement aligné le Parti Travailliste écossais sur la défense de l’État britannique.

Le dernier sondage suggère également que l’intention de vote des conservateurs pour les élections écossaises de mai a diminué. Les travaillistes seraient ainsi en mesure de se disputer la deuxième au Parti nationaliste écossais (SNP).

Mais ce n’est pas parce que son propre soutien a augmenté. Il se situe à un maigre 18 %.

Leonard s’est hissé à la tête du Parti Travailliste écossais en tant que candidat de gauche qui soutiendrait et poursuivrait l’ensemble des revendications radicales présentées par Jeremy Corbyn.

Sous sa direction, les travaillistes ont tenté de dénoncer le programme néolibéral au cœur du gouvernement du Parti national écossais et il y a eu une évolution vers le soutien de certaines politiques plus à gauche. Mais celles-ci étaient très limitées. Il n’a pas suffi pour une augmentation  du soutien de la classe ouvrière.

De plus, l’incapacité à changer le discours travailliste sur l’indépendance a continué à couper le parti de la plupart des gens de la classe ouvrière en Écosse. L’annonce de Leonard est intervenue après que le 18è sondage consécutif ait montré un soutien majoritaire à l’indépendance écossaise.

Corbyn

Pendant les années Corbyn, les travaillistes écossais n’ont pas connu la croissance rapide du nombre d’adhérents observée dans le reste de la Grande-Bretagne. Cela a ouvert la porte à des attaques de la droite, qui dès le début a voulu saboter son leadership. Ceux qui aspiraient à ce que le parti revienne à l’époque de Tony Blair le sapèrent publiquement.

À l’automne 2020, les députés Labour ont appelé à son remplacement et ont tenté d’organiser un vote de défiance. Le départ de Leonard signale le réalignement du Scottish Labour avec le Labour de Keir Starmer et son projet de faire rapidement basculer le parti vers la droite.

Un ancien militant travailliste de Glasgow a déclaré au Socialist Worker : « Richard a perdu des alliés clés alors que la droite du parti purge ce qui reste de la gauche. Richard a été isolé face à une machinerie de parti de plus en plus hostile ».

Le soutien de Leonard au Labour et son manque d’inspiration à proposer des politiques radicales ont créé les conditions de son éviction.

Le parti travailliste écossais est à la recherche de son cinquième leader depuis le référendum sur l’indépendance en 2014. Johann Lamont, Jim Murphy et Kezia Dugdale ont tous occupé le poste depuis lors. Parmi les favoris pour remplacer Leonard, on trouve Anas Sarwar, un millionnaire dont l’entreprise familiale n’aurait pas versé le salaire minimum vital à son personnel dans le passé. Un autre nouveau leader potentiel est Jackie Baillie, un autre ailier droit.

Le long déclin du soutien des travaillistes en Ecosse s’est accéléré avec l’adoption par Tony Blair du néolibéralisme et du bellicisme. Il s’est accéléré après le référendum sur l’indépendance de 2014, où les travaillistes ont joint leurs efforts à ceux des conservateurs dans une tentative désespérée de sauver l’Union ( avec l’Angleterre).

Face à une pandémie qui a tué plus de 5 000 personnes en Écosse et décimé des emplois, les travailleurs écossais méritent mieux que cela. Cela ne viendra pas d’un SNP qui a supervisé cette catastrophe.

Les militants de gauche qui restent au sein du parti travailliste devraient se libérer de la machine du parti. Ils doivent embrasser la lutte pour le socialisme en dehors du Parti Travailliste.

Hector Sierra

https://socialistworker.co.uk/

Commentaire:

Tony Blair était chef du Labour pendant la première Guerre du Golfe en 1991, ultra thatcherien et considéré « Criminel de guerre ». Ses partisans étaient majoritaires chez les députés mais pas chez les adhérents. Maintenant avec le départ de Corbyn, Stammer reprend les rènes du « blairisme ».

Lire aussi:

Starmer s’en va-t-en guerre (pour purger le Labour du corbynisme)

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