03 décembre 2020 ~ 0 Commentaire

giscard (le monde diplo)

giscard

Le Déshonneur de Valéry Giscard d’Estaing.

Avant la lecture de ce pamphlet, on ne pouvait s’empêcher d’une certaine affection pour l’ancien président de la République française.

On ne pouvait oublier ni la loi sur l’avortement, ni le regroupement familial, ni l’abaissement de la majorité à 18 ans, parmi quelques réformes importantes de son septennat (1974-1981).

Mais on avait oublié la peine de mort et l’affaire Ranucci. Au printemps dernier, la presse hexagonale célèbre avec une certaine ostentation le 30è anniversaire de l’élection à la présidence de M. Valéry Giscard d’Estaing.

Le Monde propose notamment à l’ancien chef d’Etat de commenter quelques photos emblématiques de son passage à l’Elysée. Le commentaire – trois erreurs en trois phrases – accompagnant la photo de Christian Ranucci, l’un des condamnés à mort exécutés sous Giscard, entraîne l’auteur du Pull-Over rouge à reprendre aussitôt sa plume d’irréductible abolitionniste.

La démonstration est alors implacable contre celui qui prétendait avoir une « aversion profonde » envers la peine de mort. On reste confondu par ce mélange de mauvaise foi et de prétention qui semble avoir animé l’ancien président : durant la seule année 1977, ce « pourfendeur » de la peine capitale gracia quatre condamnés et en laissa guillotiner trois, tout en versant des larmes de crocodile. En refermant cet acte d’accusation, notre nostalgie giscardienne est bien entamée.

Sylvie Braibant

Gilles Perrault Fayard, Paris, 2004, 90 pages, 10 euros.

https://www.monde-diplomatique.fr/

giscards f

Lire aussi:

Un enfant du pays, comme on dit.

Valéry Giscard d’Estaing, décédé le 2 décembre, fut président de la république de 1974 à 1981, mais, il fut également maire de Chamalières de 1967 à 1974, président du conseil régional
d’Auvergne de 1986 à 2004 et député du Puy-de-Dôme pendant 20 ans entre 1956 et 2002.

Rien d’étonnant donc à ce que la presse se fasse l’écho de nos élus locaux suite à ce décès, y compris des élus de gauche. On pourrait en revanche s’étonner un peu plus de quelle fut la
réaction de ces élus de gauche. On ne sera pas surpris de ne pas les voir souligner que ce fut le ministre de l’économie et des finances qui a impulsé l’adaptation de la France à la phase néo-
libérale du capitalisme (par exemple en adoptant la Loi 73-7 qui interdisait notamment à l’État d’emprunter gratuitement à la banque de France, véritable cadeau au secteur bancaire privé).

Ce tournant de la dérégulation, c’est justement la gauche au pouvoir qui va l’accomplir pleinement dès 1981. On aurait au moins pu espérer qu’ils rappellent que VGE a
accompagné la destruction du secteur industriel sidérurgique dont des régions entières ne se sont jamais relevées, qu’il fut un artisan acharné de la Françafrique (dont l’affaire des
diamants de Bokassa n’est qu’un symbole), que de 1978 à 1981 Maurice Papon (celui qui fut ultérieurement condamné pour complicité de crime contre l’humanité pour son rôle dans la
déportation des juifs pendant l’occupation, celui aussi du massacre des algériens du 17 octobre 1961) fut son ministre du budget, ou encore que le président Giscard fit mettre les drapeaux en berne pour lui rendre hommage lors des obsèques du dictateur Franco.

Bref, on aurait pu attendre qu’ils rappellent à quel point VGE, à qui les éditorialistes aiment comparer notre actuel président en exercice, était l’ennemi des travailleurs/ses et de la démocratie.

Mais non, comme le reprend la presse, ces messieurs Chassaigne et Bianchi préfèrent lui rendre hommage, saluer son souvenir et partager des anecdotes vécues en commun
avec celui qui, bien que nommé immortel en 2004, a fini par  (dé)céder.

Ces réactions sont elles mêmes de l’ordre de l’anecdotique en ceci qu’elles ne changent rien au quotidien des opprimé·e·s, mais elles sont cependant révélatrices du fait que ces politiciens professionnels appartiennent au même monde et partagent le même entre-soi, bien éloignés des opprimé·e·s que la gauche est pourtant censée représenter.

Encore un argument de plus en faveur du changement radical de société que défend le NPA qui souhaite en finir avec la  professionnalisation de la politique, avec ces élus totalement déconnectés de notre vécu, construire une société où l’exercice du pouvoir serait collectif, ou nous nous représenterions nous- même. (NPA 63)

Source:

Portrait d’un président 1ère partie Giscard : un président qui nous a coûté cher

Giscard, président féministe ? Un hommage hypocrite qui réécrit l’Histoire

Valéry Giscard d’Estaing, féministe (un peu) malgré lui

En France, du « crime contre l’Etat » à la loi Veil

Giscard : un bourgeois au service des siens

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez-vous poster un commentaire.

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin