04 août 2020 ~ 0 Commentaire

juan carlos (le-monde les-échos)

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Le roi s’en va; « Avec toute la douleur de mon coeur! »

Espagne : l’épilogue peu glorieux du règne de Juan Carlos, qui quitte le pays face aux affaires

De plus en plus discrédité, l’ancien souverain a fait part à son fils, le roi Felipe 6, de sa « décision réfléchie » de s’exiler. Il doit faire face à des accusations de corruption.

Partir pour sauver la monarchie. S’effacer pour protéger une couronne qu’il avait pourtant contribué à redorer. Eclaboussé par les affaires, l’ancien roi Juan Carlos a annoncé lundi 3 août qu’il quittait l’Espagne afin d’épargner à son fils, l’actuel souverain Felipe 6, l’humiliation des scandales à répétition dont il a fait l’objet.« Guidé (…) par la conviction de rendre le meilleur service aux Espagnols, à leurs institutions, et à toi en tant que roi, je t’informe de ma décision réfléchie de quitter, en ce moment, l’Espagne », a écrit l’ancien souverain, cité dans un communiqué de la maison royale. Décision prise devant « les conséquences publiques de certains événements passés de ma vie privée », a-t-il ajouté.Le parquet du Tribunal suprême a, en effet, ouvert en juin une enquête sur Juan Carlos pour déterminer si l’ancien roi pouvait faire l’objet d’investigations dans un dossier de corruption présumée lors de l’attribution d’un contrat de train à grande vitesse par l’Arabie saoudite, dernier épisode d’une longue série de révélations qui ont entaché la réputation de l’ex-monarque.

Le gouvernement espagnol a choisi dans un premier temps de ne faire aucun commentaire. Des sources proches du premier ministre, Pedro Sanchez, ont parlé de « respect des décisions » prises par Felipe 6 et ont souligné l’« exemplarité » et le désir de « transparence qui ont toujours guidé le roi depuis qu’il est le chef de l’Etat ».

Nouvelles « troublantes » et « inquiétantes »

Les scandales de Juan Carlos, 82 ans, préoccupaient de plus en plus l’exécutif. Début juillet, M. Sanchez était sorti de sa réserve pour estimer que les nouvelles sur l’ancien monarque étaient « troublantes » et « inquiétantes ». Le chef du gouvernement devait s’exprimer mardi 4 août, après le conseil des ministres.

Le deuxième vice-président et leader du parti de gauche radicale Podemos, lui, n’a pas attendu. « La fuite à l’étranger de Juan Carlos de Bourbon est une attitude indigne d’un ancien chef d’Etat et laisse la monarchie dans une position très délicate », a estimé Pablo Iglesias sur Twitter en demandant que l’ancien souverain soit « tenu responsable de ses actes ».

De même pour les formations indépendantistes catalanes, très antimonarchiques (et donc républicaines blog) . « L’Espagne a un voleur en moins (…). La mauvaise nouvelle est qu’il ne finira ni en prison ni devant un juge, mais dans une villa à Saint-Domingue », a déclaré, pour sa part, le porte-parole du groupe parlementaire de la Gauche républicaine de Catalogne, Gabriel Rufian. (Payant)

Isabelle Piquer 04 08 2020

https://www.lemonde.fr

folks

Juan Carlos, la lente déchéance d’un monarque 

Il avait incarné la modernisation du pays, il a été poussé à l’exil par une succession de scandales et de rumeurs. Arrivé sur le trône comme dauphin de Franco, il est devenu par surprise celui qui a rétabli la démocratie en Espagne. Son fils, le roi Felipe 6 tente aujourd’hui de sauver la continuité de la monarchie.

Il passera sans aucun doute à l’histoire comme le roi qui a piloté le retour à la démocratie en Espagne à la fin de la dictature franquiste. Mais sa sortie de scène ce lundi, est celle, moins glorieuse, d’un père qui a choisi l’exil plutôt que de courir le risque d’être répudié par son fils après la découverte d’un vaste réseau de fraude et corruption autour de lui.

Carcan du franquisme

Mais ce rôle fondamental joué par Juan Carlos pour casser le carcan du franquisme avec l’instauration d’une monarchie parlementaire moderne a été balayé par les incessants scandales qui ont obscurci son image ces dernières années, entre le pactole de 100 millions de dollars d’origine douteuse cachés en Suisse, les commissions occultes, les hommes de paille et les comptes offshore.

Personne n’aurait imaginé le destin de ce petit prince de pacotille, lorsqu’en 1969, le général Franco a décidé de faire de lui son successeur à la tête du pays qu’il gouvernait d’une main de fer. Né en 1938 à Rome où son grand-père, le roi Alfonse 13 s’était exilé après la proclamation de la république espagnole, le jeune Juan Carlos avait été rappelé en Espagne en 1948 à l’âge de 10 ans, par le Caudillo qui avait décidé de lui infliger une éducation stricte en académie militaire. Mi-filleul, mi-otage, il se profilait plus comme une marionnette du vieux tyran, que comme l’homme du renouveau.

Transition sans violence

C’est à la mort du dictateur en 1975 que tout bascule quand, tout juste proclamé roi, il rassemble autour de lui une génération décidée à enterrer les hostilités de la guerre civile (1936-1939) et à inventer une transition sans violence qui allait ensuite inspirer l’Afrique du Sud de la fin de l’apartheid ou la sortie du bloc soviétique en Europe de l’Est. Mais c’est en 1981 qu’il a gagné tous ses galons, en stoppant net une tentative de coup d’Etat militaire, alors que le Parlement espagnol est pris en otage. (C’est contreversé! blog)

Ceux qui doutaient encore de sa personne s’inclinent. Le pays tombe littéralement amoureux de ce roi rayonnant, séducteur, dingue de voile, de ski, de motos et de bolides en tout genre. Si l’Espagne n’était pas forcément monarchiste, elle était éperdument Juan Carliste (A voir! blog). Avec lui, l’Espagne devient une jeune démocratie en pleine explosion sociale, économique et culturelle, avide de rattraper le temps perdu, qui va sortir de son isolement en adhérant à la Communauté européenne en 1986.

Juan Carlos le roi de la transition démocratique

Personne alors ne s’interroge sur cette cour d’affairistes à la fortune rapide autour de lui. Ceux qui soupçonnaient ne disaient rien, car protéger le roi, c’était défendre la démocratie. Il n’avait pas son pareil pour mettre dans sa poche la reine d’Angleterre, Fidel Castro, Bill Clinton… et les médias. On le disait coureur de jupons, mais quoi de plus normal, « c’est un Bourbon », glissait-on avec indulgence à Madrid.

C’est en 2012, à la faveur d’une mauvaise chute lors d’un safari au Botswana en galante compagnie, que le voile se déchire. Le pays en pleine crise économique découvre l’inexplicable train de vie luxueux de son roi.

Autour de lui, les langues se délient. La suite ne sera qu’une série de rumeurs et scandales, qui le pousseront à l’abdication en juin 2014 . Les révélations en mars dernier autour d’un pactole de 100 millions de dollars d’origine douteuse, dissimulé à son nom sur un compte à Genève , forcent son fils Felipe 6 à prendre publiquement ses distances et à renoncer à tout héritage de son père.

Pour les Espagnols, le jeune souverain du retour radieux à la démocratie n’est plus qu’un vieil avare qui avait installé une machine à compter les billets au palais royal, pour mieux contrôler les valises d’argent arrivé de Suisse.

Cécile Thibaud (Correspondante à Madrid)   4 août 2020

https://www.lesechos.fr/

Voir aussi:

republique

Un sondage de 2020 donne monarchie et république presque à égalité.

republiqe reions

Par région, il y a une fracture sur la monarchie entre l’Espagne centrale, où l’Estrémadure se distingue, et la périphérie qui est critique: Catalogne, Euskadi, Galice et aussi Asturies et Valence.

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