31 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

algérie (the guardian)

algerie

L’Algérie veut des excuse et des réparations, pas une leçon d’histoire

Emmanuel Macron a nommé l’historien Benjamin Stora

Aussi incroyable que cela puisse paraître, les Français n’ont même pas reconnu le conflit comme une guerre jusqu’en 1999, lorsque la législation a décidé qu’il était enfin temps de se débarrasser du sinistre euphémisme « opérations pour le maintenir l’ordre ».

Macron est un politicien avisé, et on pourrait dire que sa tentative de résoudre les griefs en suspens représente simplement de l’électoralisme, le chef de l’État espérant gagner les électeurs franco-algériens avant de se présenter pour un second mandat en 2022.

Stora, l’historien qu’il a choisi, est un universitaire de haut niveau qui possède un dossier de recherche exceptionnel sur les affaires nord-africaines, mais il est basé en France et – ce qui est tout aussi important – n’est pas Algérien. Au contraire, il est issu d’un milieu de colons Pieds-Noirs. Il est né à Constantine, près de laquelle quelque 45 000 civils algériens ont été massacrés par les Français lors des troubles de mai 1945.

Comme on pouvait s’y attendre, le gouvernement algérien a demandé à son éminent professeur, Abdelmadjid Chikhi, le directeur général du Centre national des archives algériennes, de mener une « enquête de vérité » – telle qu’elle est décrite à Alger – en parallèle avec Stora.

Ayant parlé à Macron de la guerre et de la mémoire, je suis convaincu qu’il veut marquer de son empreinte les relations franco-algériennes. Originaire de la Somme, il est très sensible à la manière dont les guerres mondiales sont constamment commémorées, mais pas les guerres coloniales. Juste avant son élection en 2017, M. Macron a déclaré qu’il y avait « des crimes et des actes de barbarie » en Algérie qui seraient aujourd’hui poursuivis comme « crimes contre l’humanité ».

C’était en soi une reconnaissance brutale de l’ampleur de la sauvagerie française, suggérant que la prochaine étape évidente serait des excuses et même des réparations. Des condamnations judiciaires pourraient certainement être obtenues.

La France n’a pas reconnu sa collaboration à l’Holocauste avant 1995, lorsque le président de l’époque, Jacques Chirac, a officiellement admis et présenté des excuses pour le rôle que ses compatriotes avaient joué dans l’envoi de Juifs vers la mort dans les camps de concentration nazis.

Macron dispose déjà de nombreuses preuves qui mettent en évidence la nature malfaisante de l’Algérie française. Répéter de manière académique ce que nous savons n’apportera pas grand chose. Au contraire, cela pourrait exacerber les griefs. Ce qu’il faut, ce sont des excuses, des réparations et – oui – même des poursuites.

Nabila Ramdani est une journaliste et universitaire d’origine algérienne née à Paris Fri 31 Jul 2020

https://www.theguardian.com/

Note:

Lorsque la victoire a été remportée après la guerre d’indépendance algérienne qui a duré près de huit ans, les forces victorieuses ont déclaré que quelque 1,5 million d’Algériens avaient été tués. Hommes, femmes et enfants anéantis par le napalm ou dans des grottes utilisées comme chambres à gaz improvisées, séparatistes algériens noyés ou matraqués à mort par la police parisienne à la suite de rafles dans la capitale française.

Les patriotes français soulignent la perte de leurs soldats et milices de colons – quelque 28 000 morts, 75 000 blessés et des milliers de disparus. Les « harkis » algériens qui ont combattu pour la république – dans de nombreux cas comme chair à canon – ont eu jusqu’à 150 000 victimes.

 

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez-vous poster un commentaire.

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin