26 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

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Accord européen : un plan de relance scélérat célébré par le bloc bourgeois

Mardi matin 21 juillet, la machine médiatique a célébré un « accord historique » transformant l’Union européenne en un espace de solidarité avec mutualisation des dettes et transferts budgétaires.

Merkel et Macron (les « généreux ») auraient fait plier les « frugaux » ou les « radins » (Pays-Bas, Suède, Danemark, Autriche) moyennant quelques aménagements. Sans surprise, la gauche bourgeoise (PS et Verts) a salué un progrès qui n’irait pas assez loin, à cause des méchants pays frugaux, en dépit des efforts de Macron et de Merkel. C’est aussi, malheureu-sement, le cas de la CGT qui a salué un premier « pas important »1.

S’il est bien un domaine où les médias mentent et désinforment, c’est bien celui de l’Europe. On l’a vu au moment du traité de Maastricht (1992) ou du Traité constitutionnel européen (2005)2. On le voit aujourd’hui avec cet accord, unanimement célébré dans les médias.

Cet accord marque bel et bien un approfondissement de l’Europe bourgeoise, mais ne constitue en rien un progrès pour les travailleurs/ses. Il renforce le « césarisme bureaucratique »3 de l’UE, fondé sur la « mise à distance » de la démocratie et de la souveraineté populaire.

Renforcer l’Union européenne… ou rompre avec elle ?

La gauche bourgeoisie soutient le plan de relance européen. Le PS y apporte un « soutien clair »7. Les Verts sont plus critiques mais ils ne le dénoncent pas : ils le jugent « insuffisant »8. Ils partagent en fait la logique de ce plan : renforcer les institutions de l’Union européenne. Il n’y a pourtant pas de démocratie, même limitée au niveau européen : il y a une machine bureaucratique à imposer des politiques néolibérales aux peuples.

C’est toute l’utilité de l’Union européenne pour les bourgeoisies, qui est une forme de « césarisme bureaucratique » permettant de contourner les « rigidités » démocratiques du cadre national. Mais surtout, ce qui se cache derrière cette position « européiste », c’est la volonté d’une grande partie de la bourgeoisie française de se servir de l’union européenne pour former un bloc impérialiste qui ait la capacité de résister à la concurrence de la Chine et des États-Unis dans un contexte où la guerre commerciale ne manquera pas de reprendre de plus belle après la crise.

On a vu que la CGT était sur la même longueur d’onde, saluant un « pas important ». Pablo Iglesias, dirigeant de Podemos, y voit une rupture avec « le dogmatisme néolibéral »9. En revanche, le PCF et la France insoumise dénoncent cet accord.

Néanmoins, le PCF se contente de vœux pieux pour faire fonctionner autrement la BCE ou la Commission européenne, sans vouloir comprendre la nature intrinsèque de l’Union européenne. La France insoumise est dans la pure dénonciation10 sans être capable d’assumer la nécessaire rupture avec l’UE pour rompre avec l’austérité.

Jean-Luc Mélenchon se perd dans une démagogie nationaliste opposant « les Français qui vont payer plus que les autres » aux « pays radins » ou « pays voyous », au lieu d’insister sur la nécessaire solidarité internationale entre les travailleurs-ses de tous les pays contre leurs gouvernements et l’UE.

Ne représentant pas une énorme avancée en termes d’intégration européenne, ce plan de relance n’enrayera ni les contradictions nationales, ni la dynamique de développement inégal qui sévit notamment dans la zone euro depuis sa création :

Les pays les moins développés subissent une érosion de leurs capacités industrielles du fait d’une monnaie unique qui pénalise leurs exportations dont la demande est très sensible à la valeur de la monnaie, tandis que les pays les plus « avancés » qui produisent des biens plus élevés en gamme profitent pleinement du faible coût des importations.

C’est ce développement inégal qui explique en partie la persistance des tensions concurren-tielles entre Etats dans l’UE. Ces tensions ne pourront que s’approfondir avec la stagnation économique qui va suivre la crise du covid.

Il faut en finir avec l’Union européenne. Mettre les institutions de l’UE au service des travailleurs-ses est un leurre.

Bien sûr, la seule rupture avec l’UE ne permet pas, à elle seule, une issue anticapitaliste à la crise. Mais les communistes révolutionnaires doivent intégrer la rupture avec l’UE à leur programme de sortie de crise.

Un gouvernement des travailleurs-ses devrait avoir tous les leviers de commande, et il ne pourrait pas accepter d’être entravé et saboté par l’UE. La rupture anticapitaliste avec l’UE n’est pas une déviation « nationaliste » : c’est une des conditions pour un gouvernement révolution-naire qui voudrait se donner tous les moyens de rompre avec l’ordre capitaliste.

En plus de la socialisation du système bancaire et des principaux moyens de production, le contrôle de la monnaie et le monopole du commerce extérieur sont par exemple indispensables pour enlever aux capitalistes leurs moyens de nuire, et cela implique de fait une rupture avec l’UE.

Malheureusement, la question de l’UE est toujours « tabou » dans l’extrême gauche qui associe toute rupture avec l’UE à une dérive « nationaliste », se réfugiant dans un communisme abstrait qui refuse de poser concrètement la question du pouvoir. (Extrait voir lein)

Dimanche 26 juillet 2020 Gaston Lefranc

https://npa2009.org/

Note:

Les articles de la rubrique Idées n’expriment pas nécessairement le point de vue de l’organisation

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