26 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

macron (gauche révolutionnaire)

macron

Après sa déroute aux élections municipales

Macron désespérément seul ?

Les élections municipales ont montré que Macron et son parti LREM sont plus isolés que jamais : seulement 10 000 élus municipaux, sur les 500 000 dans tout le pays, c’est à dire 2% !

Le gouvernement était déjà très affaibli par sa contre-réforme de casse des retraites qui rencontrait plus de 70% d’opinions défavorables et des millions de grévistes et de manifestants mobilisés pour son retrait.

Macron n’a jamais eu un grand soutien dans la population mais là, il a échoué sur son objectif principal : celui d’avoir un parti capable de dépasser le PS et ses alliés d’un côté, et la droite (UDI et LR) de l’autre.

Il tient en fait un équilibre très précaire dans un paysage politique dévasté par le discrédit de tous ces partis qui ont mené, chacun leur tour, les mêmes politiques de destruction des services publics et des droits et conditions de vie des travailleurs et de l’avenir de la jeunesse.

La période qui vient offre d’énormes possibilités pour que la colère présente dans la majorité de la population se transforme en véritable force politique qui, si elle se structure, peut dégager Macron et tout autant les politiques au service des ultra-riches et des capitalistes.

Tous perdants, et les macronistes bons derniers

L’abstention aux municipales a été très massive. Si le Covid-19 y est pour quelque chose, c’est loin d’être la seule explication. Le taux d’abstention moyen de 58,4% (soit 20 % de plus qu’en 2014) est encore plus marqué dans les villes ouvrières et/ou populaires et dans les quartiers les plus défavorisés, où il atteint et dépasse même souvent 70 voire 75% (Créteil, Mulhouse, Vénissieux, quartiers Nord de Marseille etc.).

Beaucoup de maires sont en fait élus avec 15% des inscrits ou moins comme à Amiens, Strasbourg ou Avignon et plus de 120 autres villes. Difficile donc de parler d’une vague de soutien, y compris là où les listes qui ont permis un changement de majorité. La déroute de LaRem et des macronistes est donc d’autant plus cinglante : tout le monde fait un mauvais score, mais eux ils font le pire ! (…)

Vaguelette verte

La demi-surprise est évidemment venue des nombreuses victoires dans les grandes villes par des listes emmenées par des collectifs militants, des figures locales écologistes de longue date, ou des combinaisons plus classiques d’alliance PS-PCF et EELV. Strasbourg, Bordeaux, Lyon : ce ne sont pas de petites défaites pour les notables souvent établis de longue date.

La droite perd son bastion historique (73 ans de règne) de Bordeaux, et perd Marseille après 25 ans de règne de Gaudin, qui a laissé la ville dans un état de délabrement social. Mais ces victoires l’ont été sans une immense adhésion des électeurs. L’aspect « se débarrasser » de l’équipe en place a été le principal facteur.

Les forces à gauche du PS et de ses alliés EELV/PCF ont rarement été capables d’offrir une véritable alternative. Le PCF va continuer à participer aux politiques anti-sociales du PS dans de grosses agglomérations comme Lille, Rouen, et bien sûr à la mairie de Paris. La France Insoumise avait au départ imaginé disparaître en tant que force affichée pour ces élections et proposer des « listes citoyennes », mais finalement tout le monde a fait pareil, même les macronistes.

Du coup, la FI s’est retrouvée selon les endroits sur des listes où elle pouvait même côtoyer des membres du PS comme dans Archipel citoyen à Toulouse. Tandis qu’à d’autres endroits, comme à Bordeaux, c’est une liste combative et anticapitaliste qui a été emmenée par Philippe Poutou du NPA, en alliance avec la FI.

Bien souvent, les réalités locales imposent des tactiques différentes, mais il est clair que la FI a difficilement anticipé les différents changements dans la situation depuis 3 ans et qu’elle a payé dans ces municipales son refus de se construire en tant que force solide et structurée, comme le véritable parti démocratique qu’elle pourrait devenir. Ce que beaucoup de travailleurs et de membres des couches populaires attendent d’elle.

Préparer des luttes de masse

Il est vraiment difficile de savoir comment les choses vont continuer. La crainte d’une vaste colère sociale fait que lors de son discours du 14 juillet, Macron a annoncé toute une série de mesures qui ressemblent aux annonces sans lendemain auxquelles nous avait habitué Hollande (dont Macron était ministre et inspirateur de la détestée loi « travail »).

Dans la réalité, il n’y a rien de fiable et on ne voit vraiment pas comment ce gouvernement peut espérer retrouver 500 milliards d’euros (le montant des annonces depuis le début du confine-ment, aux dires de Macron) alors que l’économie mondiale va rester en crise et qu’à aucun moment, la mise à contribution des plus riches et des multinationales n’est envisagée.

Les luttes locales, les manifestations de colère, l’hostilité à Macron qu’on rencontre lors de nos activités militantes laissent à penser qu’une certaine colère fermente et qu’elle peut à tout moment s’exprimer en révolte de masse.

Un programme pour les travailleurs et la population

La crise économique risque de faire exploser le plan de Macron qui espère une certaine passivi-té des directions syndicales, notamment de la CGT. Alors que les militant-e-s de la CGT sont impliqués dans beaucoup de grèves locales, que dans beaucoup d’hôpitaux la CGT et Solidaires ont refusé de signer les accords Ségur, la direction nationale est beaucoup plus silencieuse, et les autres syndicats n’ont guère montré d’opposition.

Néanmoins, la proposition de la CGT d’organiser une première journée de lutte et de grève le 17 septembre prochain peut servir de point de départ à une remise en cause de la politique catastrophique et criminelle du gouvernement.

Malgré toutes les attaques et les manœuvres du pouvoir contre la FI et Mélenchon, ce dernier est toujours troisième dans les sondages en cas de candidature à la présidentielle de 2022 – derrière le RN et Macron, mais devant la droite et le PS. Le potentiel pour construire un parti de masse est donc bien là.

C’est aussi en préparant les prochaines mobilisations, en soutenant les grèves en cours, avec un programme qui lie la lutte de défense des intérêts des travailleurs, des jeunes et des couches populaires à celle contre le capitalisme et pour le socialisme, que beaucoup peuvent jouer un rôle. (Résumé voir lien)

Alex Rouillard 25/07/2020

https://www.gaucherevolutionnaire.fr/

Commentaire:

Ce groupe (ex-NPA) se fait beaucoup d’illusions sur la future transformation de la France Insoumise en « parti révolutionnnaire ». Pour notre part nous construisons un (petit) parti révolutionnaire sans attendre.

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