03 juin 2020 ~ 0 Commentaire

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Chine. Pourquoi les Ouïgours sont-ils persécutés ?

Les Ouïgours sont une ethnie turcophone musulmane vivant surtout dans le Xinjiang, région du nord-ouest de la Chine, anciennement appelé le Turkestan oriental. Malgré un statut officiel d’autonomie, cette région souffre de la persécution du gouvernement central, tandis que nombre d’activistes ouïgours rêvent d’indépendance.

Une histoire mouvementée

La région connaît une domination chinoise à plusieurs moments de son histoire. Elle est baptisée « Xinjiang » en 1760, ce qui signifie « nouvelle frontière ».

Elle connaît une brève indépendance de 1933 à 1934 puis de 1944 à 1949, après une rébellion des Ouïgours et des Kazakhs qui aboutit à la création du Turkestan oriental, pro-soviétique. Mais la proclamation de la République populaire de Chine par Mao Zedong y met fin. En 1951, Osman Batur, une des figures de la résistance ouïghoure, est capturé et exécuté. La région autonome ouïgoure du Xinjiang est proclamée le 1er octobre 1955.

La région va connaître deux grandes périodes de répression, la première pendant le Grand Bond en avant (1958-1960), la seconde avec la Grande Révolution culturelle prolétarienne (1966-1976). Pendant cette période, les Gardes rouges y combattent les « quatre vieilleries » : les vieilles idées, la vieille culture, les vieilles coutumes, les vieilles habitudes. La pratique de l’islam sera interdite, et les Ouïgours seront forcés à élever des porcs et à en consommer la viande.

Une politique démographique est également menée dans la région qui comptait en 1949 4 % de Han (ethnie chinoise historique) et environ 80 % d’Ouïgours. En 2010, les deux ethnies étaient à égalité, représentant chacune 45 % de la population de cette province.

« Guerre contre le terrorisme »

En 2014, après une attaque au couteau dans une gare menée par un indépendantiste ouïghour, le président Xi Jinping veut persécuter les Ouïgours au nom de la « guerre contre le terroris-me ». Pour légitimer son action, Pékin va médiatiser des actes de violence attribués à des groupes nationalistes.

Écoute téléphonique et reconnaissance faciale renforcée sont désormais de mise, notamment à l’entrée des mosquées, et les arrestations se multiplient. La pratique de l’islam est à nouveau interdite, et les femmes ouïgoures forcées de se marier avec des hommes Han.

En 2017, le gouvernement confisque les passeports des Ouïgours. Nombre d’entre eux sont arrêtés et incarcérés dans ce que Pékin appelle des « centres de formation professionnelle » contre « la radicalisation » islamiste, prétendant que ces camps ont uniquement vocation à « transmettre une culture politique communiste ».

Mais les « Camps Leaks » ou « China Cables » révèlent qu’il s’agit de camps de détention dans lesquels les Ouïgours sont torturés, drogués, contraints de réciter des chants patriotiques et des slogans à la gloire du gouvernement et à apprendre le mandarin au détriment de la langue ouïgoure. L’ONU estime le nombre de détenus à plus d’un million.

Au-delà du modèle unique que veut imposer Pékin, cette persécution s’explique également par l’intérêt économique que représente le Xinjiang, deuxième région productrice de pétrole du pays avec 27,4 millions de tonnes de brut par an, ce qui représente 14 % de la production domestique nationale (2009). Elle fournit également un tiers de la production nationale en gaz naturel, dont les réserves dans la région s’élèvent à 115,3 milliards de m3, en plus d’être la première région productrice de charbon du pays.

Frontalière de huit États, le Xinjiang permet aussi à Pékin de renforcer son influence économi-que et politique en Asie du Sud-Est, ainsi que ses liens avec son partenaire commercial, l’Iran.

Timides réactions internationales

Face à cette situation tragique, la réaction de la communauté internationale reste très timide.

En octobre 2019, une vingtaine de pays membres de l’ONU — dont les États-Unis et le Royaume-Uni — ont demandé à la Chine de mettre fin à la détention des Ouïgours et des autres minorités musulmanes de la province.

Pékin a réagi en s’assurant le soutien diplomatique de 54 États dont 28 pays africains, qui ont signé une lettre adressée au président du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, dans laquelle ils félicitent la Chine pour sa lutte antiterroriste et exhortent la communauté internationale à ne pas accuser à tort leur partenaire.

Les Ouïgours installés en Europe et en Amérique du Nord tentent de mobiliser la société civile et appellent au boycott des produits chinois.

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