15 mai 2020 ~ 0 Commentaire

usa (à l’encontre)

Les_Raisins_de_la_colere

Pendant les années 1930: « Les raisins de la colère »

Avec l’explosion du chômage les écoles peinent à nourrir leurs élèves

Anastasia Ali estime avoir de la chance.

Chaque jour, elle parcourt 8 blocks – environ 1 km – de son logement à Brooklyn jusqu’à l’école Fort Hamilton «PS/IS 104» et se voit remettre un sac de papier brun pour elle et ses deux enfants.

«Je travaille à temps partiel comme aide-soignante à domicile, mais je fréquente l’université à temps plein. Je veux être orthophoniste, alors j’étudie la pathologie du langage», a-t-elle déclaré à Truthout.

«Avant le virus, mes enfants mangeaient à l’école. Maintenant, nous sommes tous à la maison. Le petit-déjeuner et le déjeuner gratuits que je prends nous nourrissent toute la journée. C’est une vraie aide, parce que mon salaire couvre à peine le loyer, l’éclairage et le chauffage.»

Mère célibataire, émigrée de Russie il y a 10 ans, Ali est extrêmement reconnaissante d’être nourrie avec ses enfants, sans formalités et sans pièce d’identité.

Une telle situation n’existe pas dans la plus grande partie des États-Unis, où les repas des adultes ne sont pas remboursés par le «U.S. Department of Agriculture» (USDA), l’agence fédérale qui supervise le programme de repas scolaires. Au lieu de cela, la nourriture fournie aux plus de 18 ans doit être payée au moyen de recettes fiscales locales.

Sans surprise, cette situation a vu augmenter la faim dans des proportions qui ont pu être mesurées. Selon le Hamilton Project du Brookings Institute, près de 20% des enfants de 12 ans et moins ne mangent pas suffisamment parce que leurs familles n’ont pas les moyens de les nourrir.

Tout aussi alarmant, près de 41% des mères d’enfants en âge de fréquenter l’école élémentaire ont déclaré qu’elles se considéraient comme «en situation d’insécurité alimentaire» en raison des circonstances qu’a imposées le virus.

Une partie du problème est due à la réglementation de l’USDA qui n’oblige pas à fournir des repas aux élèves lorsque l’école est fermée – comme durant les mois d’été, mais aussi pendant les urgences sanitaires comme la pandémie actuelle – plongeant certains enfants, et en particulier les enfants pauvres des zones rurales, dans la détresse alimentaire.

Lorsque la nourriture est offerte, elle fait l’objet d’énormes écarts, chaque district décidant la quantité et la fréquence des repas. A Lexington, au Nebraska, les parents ont été informés qu’«il sera proposé un repas par élève sur la base du principe “premier arrivé, premier servi” jusqu’à épuisement des stocks». Quant aux parents de Chicago, ils peuvent recevoir jusqu’à trois jours de nourriture, cela devant chaque école publique de la ville.

Le résultat de l’augmentation de la faim chez les enfants est prévisible et terrible. Une bonne alimentation est une condition nécessaire à une bonne santé et à de bons résultats scolaires. Avant la pandémie, 60% des enfants d’âge scolaire recevaient à l’école des aliments corres-pondant au petit-déjeuner, au déjeuner et au goûter. Les conséquences de l’impossibilité d’alimenter des enfants affamés sont potentiellement catastrophiques.

Alencontre  15 – mai – 2020 Eleanor J. Bader

(Article publié sur le site Truthout en date du 12 mai 2020; traduction rédaction A l’Encontre)

Eleanor J. Bader enseigne l’anglais au Kingsborough Community College de Brooklyn, New York. Elle a été lauréate, en 2015, du prix Project Censored pour «journalisme d’investigation exceptionnel» et, en 2006, du prix de l’Independent Press Association.

 

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