19 février 2020 ~ 0 Commentaire

algues vertes (le monde)

algues

A Lamballe, un méthaniseur encourage l’élevage de cochons

En dépit des algues vertes

Deux projets d’extension de porcheries dans cette région fortement touchée par les marées vertes font craindre une pollution accrue des sols et de l’eau.

Dans l’air clair et froid d’un matin d’hiver, en contrebas d’un vallon boisé où se faufile le Gouessant avant que la petite rivière ne rejoigne les belles plages d’Hillion, dans les Côtes-d’Armor, André Ollivro piétine la vase de l’estuaire.Le fondateur de l’association Halte aux marées vertes porte un petit détecteur accroché à sa botte, car dans ce sédiment meuble s’accumulent des algues en décomposition capables de former des poches de gaz. Pas d’inquiétude aujourd’hui : le taux d’hydrogène sulfuré est bas.C’est précisément à cet endroit, au fond de la baie de Saint-Brieuc, qu’un joggeur a trouvé la mort en septembre 2016 et que les cadavres de trente-six sangliers ont été ramassés durant l’été 2011. Et l’intoxication simultanée de deux chiens sur une plage voisine avait semé l’émoi en juillet 2008.

André Ollivro, 74 ans, alerte sur les méfaits des ulves avec une telle constance qu’il est devenu un héros de la bande dessinée Algues vertes. L’histoire interdite (Delcourt), dans laquelle la journaliste Inès Léraud dépeint le déni breton face aux dégâts de l’agriculture intensive sur l’environnement.

Depuis le temps, lui qui se présente parfois comme le « Che des grèves » a complété son équipement de détection et ne mesure plus seulement l’excès d’azote responsable des nitrates et l’hydrogène sulfuré, mais traque aussi l’ammoniac et s’intéresse désormais aux concentrations de métaux lourds.

En Bretagne, des décennies d’épandage massif de déjections issues des élevages hors sol des porcs et des poules ont laissé des traces. Spécialement à Hillion, où l’on a ramassé près de 10 000 tonnes d’ulves durant l’été 2019. Record battu.

Pourtant, comme si rien ne pouvait enrayer cette concentration, deux nouvelles extensions de porcherie sont en préparation dans la commune littorale de 4 200 habitants. L’exploitation Le Corguillé veut faire passer ses 1 276 emplacements actuels pour truies et cochons à engraisser à 2 482 ; l’exploitation La Roche-Martin voudrait s’agrandir de 2 602 à 2 882 places.

Annie Le Guilloux, qui milite au sein d’Halte aux marées vertes, s’est penchée sur les deux dossiers d’enregistrement et n’en est pas revenue.

« Le plan d’épandage est si compliqué – sur 124 parcelles pour Le Corguillé ! – qu’il faudrait un logiciel pour s’y retrouver, il est impossible à contrôler ! Et les deux dossiers ont été remplis par la même conseillère de la Cooperl avec des phrases identiques », résume-t-elle. (Payant)

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