17 février 2020 ~ 0 Commentaire

triskalia (ouest france)

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Côtes-d’Armor. Les intoxiqués de Triskalia reprennent leur offensive contre les pesticides

Depuis 2010, année où l’affaire a éclaté, les anciens salariés de la coopérative agricole intoxiqués par des pesticides ne cessent de batailler. Devant le refus de l’État de répondre aux questions de l’Europe sur l’utilisation des pesticides et la protection de la santé au travail, le comité de soutien et Sud Solidaires vont saisir la Cour de justice européenne.

« Nous allons maintenant saisir la Cour de justice européenne pour le non-respect par la France des directives européennes concernant l’utilisation des pesticides. » Serge Le Quéau, syndicaliste à Sud Solidaires dans les Côtes-d’Armor, est le porte-parole des anciens salariés intoxiqués de Triskalia, à Plouisy et Glomel, depuis dix ans.

En décembre 2019, à la suite de la pétition par les salariés de la coopérative bretonne élaborant des produits agricoles transformés, déposée en 2016, la commission des pétitions du Parlement européen a demandé aux représentants français à Bruxelles si le respect de la directive de 2009 concernant l’utilisation de pesticides était bien appliqué dans l’Hexagone. Un courrier resté lettre morte depuis.

La vente de pesticides ne faiblit pas

« Dans cette affaire, le gouvernement surprotège le lobby agricole breton pour protéger l’emploi », estime Serge Le Quéau. « Les plans Ecophyto, nés du Grenelle de l’environnement de 2007, avaient comme objectif de réduire de 50 % la consommation de pesticides jusqu’en 2018 », assure René Louail, président du comité de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest. Le seul moyen pour la France d’être en conformité avec les directives européennes.

Et de citer les chiffres officiels : « Pourtant, durant cette même période, la quantité de produits vendus a augmenté de 25 %. Et, pour la seule année 2018, elle est montée à 21 %, alors que plus de 4 000 agriculteurs se sont mis au bio ! »

« Un enjeu de santé publique »

Les victimes ne sont pas dupes et savent très bien qu’une alternative aux pratiques actuelles dans l’agriculture intensive prendra du temps. Mais elles souhaitent que, vu la dangerosité de ces produits, ces directives soient fermement appliquées. « Nous demandons avant tout une visibilité concernant des pratiques d’utilisation irresponsables. C’est un enjeu de santé publique. »

Aucun jugement au pénal

Par ailleurs, il incombe aux États membres de l’Union d’indemniser les victimes. Si plusieurs d’entre elles ont obtenu gain de cause, notamment devant les prud’hommes, il n’en est pas de même au pénal pour juger une faute grave de la part de l’employeur.

Selon Serge Le Quéau, « comme ses prédécesseurs, le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, fait obstruction aux instructions en cours ». Il met en avant une volonté politique, « car il n’y a jamais eu de procès au pénal concernant l’intoxication par les pesticides en France ». C’est aussi pour cela que, avec l’aide de parlementaires européens, les ex-salariés de Triskalia vont continuer à maintenir la pression.

« Il faut que je tourne la page. Ça fait dix ans que je me suis porté partie civile pour mise en danger de la vie d’autrui », confirme Stéphane Rouxel, licencié par Triskalia pour inaptitude en 2011.

Les anciens salariés intoxiqués de Triskalia: Stéphane Rouxel, Raymond Pouliquen, Noël Pouliquen, Claude Le Guyader et Serge Le Quéau, syndicaliste à Sud Solidaires.

Jerom FOUQUET.  16/02/2020

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