17 février 2020 ~ 0 Commentaire

coronavirus (psl)

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Le régime de Xi Jinping plongé dans une crise historique

(…) Les problèmes sont très profonds. Une épidémie prolongée pourrait être l’aiguille qui fait éclater l’énorme bulle du marché immobilier chinois.

Cela pourrait alors provoquer l’effondrement du secteur bancaire. Wuhan, la cinquième plus grande ville de Chine, est un excellent exemple de bulle insoutenable. Les prix des logements de la ville ont quadruplé au cours des deux dernières années.

« Les gens qui ont de l’argent sont effrayés à mort et n’osent pas sortir dehors », a déclaré au Financial Times un agent immobilier basé à Pékin. « Personne ne va travailler. Les développements immobiliers sont tous bloqués… l’impact sera certainement important ».

Wuhan : Chronologie d’une catastrophe

Dans les premières semaines critiques de cette crise, le gouvernement de Wuhan a fait le contraire de ce qu’il aurait dû faire. Il a arrêté et fait taire les lanceurs d’alerte, y compris des professionnels de la santé comme Li Wenliang qui ont tenté de mettre en garde contre une épidémie potentielle. Ils n’ont même pas informé le personnel hospitalier des dangers et un grand nombre de membres du personnel médical ont été infectés : 40 membres du personnel dans un seul hôpital de Wuhan.

On estime que cinq millions de personnes ont quitté Wuhan et se sont rendues dans d’autres régions de Chine entre le 1er et le 20 janvier, sans savoir qu’elles pouvaient être porteuses du virus ni être averties de prendre des précautions élémentaires telles que porter un masque, se laver régulièrement les mains et éviter les rassemblements publics.

Le 18 janvier, les autorités de Wuhan ont organisé un banquet pour 40 000 familles dans le district de Baibuting, quelques jours avant que la ville ne soit complètement fermée et que tout voyage à l’extérieur ne soit interdit.

Aujourd’hui, des dizaines de bâtiments à Baibuting, avec ses 130 000 habitants, sont couverts d’affiches rouges officielles portant la mention « bâtiments contaminés ». Caixin Global a cité des résidents locaux se plaignant de n’avoir toujours pas été conseillés par les fonctionnaires du gouvernement sur les précautions à prendre même après que leurs maisons aient été désignées comme « bâtiments contaminés ».

L’Organisation mondiale de la santé (OMS), agence des Nations unies, a été informée par des fonctionnaires du ministère national de la santé chinois le 31 décembre d’une épidémie de « pneumonie de cause inconnue » à Wuhan. Une semaine plus tard, le virus a reçu le nom de 2019-nCov.

Cette chronologie met en cause Pékin, qui se cache derrière les erreurs du gouvernement de Wuhan, pour ne pas avoir agi plus rapidement. En dépit d’un ensemble de preuves faisant état du contraire, l’OMS fait l’éloge de la façon dont la dictature chinoise a géré l’épidémie, saluant même le « système chinois » et la « grande capacité de leadership » de Xi. Le soutien flatteur de quelques bureaucrates à Genève est une petite consolation pour le PCC, qui se heurte à une hostilité toujours plus grande chez lui.

Des secousses révolutionnaires

Pékin est maintenant dans une phase de limitation des dégâts, en essayant de protéger le personnage de « l’empereur » Xi, et de détourner toute la responsabilité sur le gouvernement et la police de Wuhan. Le Comité permanent du Politburo – le cercle restreint du PCC – a reconnu que la situation actuelle constituait « un test majeur du système et de la capacité de gouvernance de la Chine ».

Le PCC déploie tout son arsenal de mesures de « maintien de la stabilité » avec une propa-gande massive et une campagne de relations publiques, érigeant des hôpitaux à une vitesse record et proclamant une « guerre populaire » contre l’épidémie. Malgré la construction de deux nouveaux hôpitaux à Wuhan, qui, selon son gouvernement, offrent 13 000 lits supplémentaires, cela reste insuffisant – selon des estimations indépendantes, il y aurait jusqu’à 190 000 personnes infectées à Wuhan.

Pékin a récemment annoncé un financement d’urgence de 12 milliards de dollars US pour lutter contre l’épidémie. Mais la même semaine, le régime a injecté 174 milliards de dollars dans le secteur bancaire et la bourse pour éviter un effondrement des marchés. L’écart entre ces deux sommes montre les véritables allégeances de classe des dirigeants chinois.

Où cela peut-il mener ? Dans le Financial Times, Jamil Anderlini affirme que « si le virus ne peut pas être contenu rapidement, cela pourrait se révéler être le moment de Tchernobyl pour la Chine, un moment où les mensonges et les absurdités de l’autocratie sont mis à nu pour que tous puissent les voir ».

De nombreux citoyens en Chine ont fait des comparaisons sur internet avec la catastrophe nucléaire de 1986 qui a constitué un événement important sapant les bases du régime stalinien en URSS. Anderlini établit également un parallèle avec la Tunisie en 2010, en compa-rant Li Wenliang à Mohamed Bouazizi, le vendeur de fruits dont l’auto-immolation a servi de déclencheur à la révolution en Tunisie et dans la région.

Il est clair que la dictature chinoise est entrée dans sa crise la plus profonde depuis la fin des années 1980. Les « sessions jumelées » de mars (du Congrès national du Parti communiste et de la Conférence consultative politique du peuple chinois) pourraient maintenant être annulées en raison de l’épidémie. Si cela se produit, la véritable raison sera probablement d’empêcher les expressions ouvertes de dissidence de faire surface lors de cet événement normalement très chorégraphié.

La lutte pour le pouvoir au sein du PCC et de l’élite dirigeante va presque certainement se relancer, alimentée par les divisions croissantes sur la gouvernance de Xi, mais reflétant aussi en fin de compte les nouvelles humeurs qui s’agitent dans la base de la société. Si l’épidémie n’est pas contenue à court terme et inflige des dommages économiques massifs, cela peut déclencher un nouveau niveau de crise avec des implications potentiellement révolutionnaires.

La tâche des marxistes en Chine, est d’aider les sections les plus avancées de la classe ouvrière et de la jeunesse à se préparer politiquement. La crise humanitaire, économique et politique appelle à la construction d’une alternative ouvrière socialiste et véritablement démocratique au capitalisme autoritaire du PCC. (Extrait voir lien)

lundi 17/02/20

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