08 février 2020 ~ 0 Commentaire

haïti (combat-ouvrier cadtm cetri inprecor)

haiti
Haïti : février 1986, les masses renversaient la dictature des Duvalier

Le 7 février 1986, il y a 34 ans, la population laborieuse d’Haïti « déchouquait » la dictature sanglante des Duvalier.

Il y a eu d’abord la mobilisation des jeunes lycéens qui s’est amplifiée à la suite de l’assassinat de trois jeunes élèves de la ville des Gonaïves. Les manifestations qui ont suivi se sont généralisées à toutes les villes du pays.

Les masses populaires se sont mobilisées et ont abattu la dictature des Duvalier père puis fils qui durait depuis 29 ans.   À travers tout le pays il y eut des scènes de liesse, « Ké makak la kasé » (la queue du macaque s’est cassée).

Mais en même temps la colère des masses était à la hauteur de la terreur et des massacres qu’elles avaient subis. Elles s’en sont prises aux différents symboles du régime, les édifices, les monuments, les individus. Les miliciens, les macoutes défenseurs du régime ont été pourchassés à travers tout le pays. La peur avait changé de camp !

La force des masses en mouvement emmenait un nouvel élan, une soif de s’exprimer, un enthousiasme qui poussait les jeunes à partir vers « les mornes » (les collines) pour alphabétiser la population ou dans les quartiers populaires à s’organiser pour remettre à neuf, nettoyer et embellir.

Ces masses ont tenté de se prendre en main et réaliser ce qui était possible dans l’immédiat. Dans leur sillage, la presse recommençait à s’exprimer à travers de nouveaux journaux et des radios qui ouvraient le micro à la population.

Mais cet enthousiasme si communicatif pendant quelques semaines, allait être douché par la misère et cassé par les militaires qui reprirent en main la gestion du pays. Les masses pauvres avaient mis fin à la dictature des Duvalier mais la dictature capitaliste dans les entreprises subsistait toujours.

Certains bourgeois ont certes pris l’avion avec leurs familles et leurs biens, fuyant vers les USA, mais la bourgeoisie n’a pas été inquiétée par les organisations qui ont pris la tête de cette révolte populaire.

Ces organisations se sont mises à son service en maintenant en place l’armée. Une fois le mouvement populaire retombé, la bourgeoisie a retrouvé toute sa puissance. L’exploitation des travailleurs avec des salaires de misère a continué, en s’accentuant avec la dévaluation de la gourde, monnaie locale.

À l’image de cette classe qu’ils représentent, les politiciens pourris, véreux ont occupé le devant de la scène. Il y a eu une succession de militaires, d’hommes et de femmes politiques et un soi-disant sauveur comme Aristide.

Qu’ils soient chanteurs, économistes, humanistes tous ont martelé la soumission à la démocratie et à l’ordre bourgeois.

Et maintenant ces politiciens se battent pour le pouvoir présidentiel à coup de blocage du pays, en payant des bandes armées qui terrorisent la population.

Aujourd’hui la population des travailleurs est enfermée dans les quartiers et risque sa vie pour aller au travail à la merci des gangs armés ! Mais la force des travailleurs est toujours là, sourde, diffuse, s’exprimant par des explosions de colère jusqu’à ce qu’elle construise un parti qui va lui permettre de renverser cet ordre bourgeois.

http://www.combat-ouvrier.net/

Lire aussi:

Haïti : comment les femmes secouent le monde politique (Cadm)

Les Jacobins Noirs (CLR James)

Avis de tempête : Haïti face à l’injustice (notamment) climatique

Les Jacobins noirs. Toussaint Louverture et la Révolution de Saint-Domingue (C. L. R James)

Des mobilisations inédites (Inprecor)

 

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez-vous poster un commentaire.

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin