13 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

gilets jaunes (le télégramme)

femmes gj

Gilets jaunes. Un an après, des Breton-ne-s toujours déterminé-e-s

Un an après leur irruption dans le paysage français, les gilets jaunes ne parviennent plus à mobiliser les foules, mais certains espèrent un sursaut dans la rue, ce week-end, notamment à Paris, pour l’anniversaire de ce mouvement social inédit.

Cette colère couve toujours. En témoigne le discours de Bretons, qui se disent déçus et prêts à reprendre le combat.

Lionel, de Brest : «  Rien n’a changé »

Lionel, père de deux enfants, travaille dans l’informatique. Selon lui, rien n’a changé pour lui, ces derniers mois. « Je suis salarié, je touche 1 700 euros par mois et je n’ai pas droit à la prime d’activité. Ma femme, elle, gagne le Smic. On est le 5 du mois et on est à moins 230 euros sur notre compte. Et ce, à un mois et demi de Noël. On en est réduits à utiliser les bons de réduction publicitaires pour s’en sortir. Jamais, ça ne nous est arrivé auparavant ».

Pierrick Paul, de Lorient : « Les mesures Macron ont été insuffisantes »

« Dès la deuxième semaine des revendications, l’an dernier, j’ai rejoint les gilets jaunes. J’en ai même été un des porte-parole, raconte Pierrick Paul, technicien de laboratoire hospitalier (1 350 euros par mois) à Lorient. Pas contre la taxe carbone, car je suis écolo. Mais parce que c’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase et que la plupart d’entre eux avaient besoin de leur voiture pour aller travailler. »

Pierrick dresse un bilan de l’année écoulée : « Les mesures Macron ont été insuffisantes. Il donne des choses, d‘un côté, et les reprend, de l’autre, pour financer la Sécu, par exemple. Nous n’avons obtenu aucune réponse sur la justice sociale et le travail de casse continue sur les retraites, les hôpitaux, etc. ».

En revanche, le quadragénaire estime que les gilets jaunes ont eu une influence sur la popula-tion « en lui redonnant l’envie de s’intéresser à la politique ». Lui-même se dit prêt à faire partie d’une liste pour les municipales sous l’étiquette de La France Insoumise pour défendre les idées portées par les gilets jaunes, alors qu’il préférerait la « démocratie directe ». Le 5 décembre, il participera à la manifestation avec les syndicats. Mais pas avec les gilets jaunes qu’il a quittés au mois d’août. « Je ne veux pas qu’ils aient l’impression que je cherche à récupérer le mouvement. »

Jean-Bernard, de Trégueux : « Ça va repartir »

« J’ai le sentiment que ça va repartir car rien n’a changé en un an, explique Jean-Bernard, habitant Trégueux (22). J’ai été sur les ronds-points jusqu’au 12 janvier. Après, le mouvement a changé de nature. Et j’y ai vu de la misère, beaucoup de misère, de la souffrance, physique et intellectuelle.

Essentiellement des gens qui ne peuvent plus vivre de leur travail : des jeunes couples qui ont du mal à joindre les deux bouts, des femmes seules avec des enfants, des retraités qui ont du mal à subsister… C’est honteux dans un pays riche. J’ai un fils qui a un bac + 5 et qui est payé 1 300 euros. Est-ce que c’est normal ? Et ce n’est pas le seul.

Il y a ainsi énormément de jeunes que l’on méprise, que l’on utilise comme main-d’œuvre à bon marché, de stages en contrats temporaires. En tout cas, j’irai à nouveau manifester, le 16  novembre, car le gouvernement prend les Français pour des imbéciles. On paye toujours plus d’impôts, de taxes. La CSG ne baisse pas… Il n’y a pas besoin de débat national, qui était une fumisterie. Ce que veulent les gens, c’est simple : de la justice sociale et économique, et des hommes politiques qui luttent contre un système ultralibéral qui mène la planète à la catastrophe… »

Amandine, de Brest : « Je suis toujours ce qui se passe »

Nous l’avions rencontrée, le 26 novembre 2018, sur le rond-point de Penn-ar-C’hleuz, à Brest. Amandine, 25 ans, agent d’entretien, a cessé de manifester « en janvier ou février ». « Ce n’était plus possible pour moi. J’ai trois enfants et des horaires décalés pour mon travail. Mais je suis toujours ce qui se passe », explique-t-elle.

Car, sur le fond, pour elle, « rien n’a changé ». « Les fins de mois sont toujours difficiles, même si mon compagnon a signé un bon contrat de travail et si nous sommes tous les deux en CDI. Actuellement, on paie 40 euros de plus par mois pour le gaz et l’électricité… » Amandine est « toujours mécontente, comme une majorité de gens ». « Beaucoup sont dans l’attente et d’autres sont prêts à repartir », estime-t-elle.

Hervé, de Perros-Guirec : « Toujours mobilisés »

« Nous ne sommes ni découragés ni désabusés. Nous sommes, au contraire, en train de mobiliser pour le 16 novembre et la manifestation du 5 décembre. Et ce, tout simplement parce qu’il n’y a pas de réponses aux attentes et aux revendications.

Ça va même de mal en pis ; les tarifs de l’électricité ont encore augmenté de 11 %, par exemple. Où cela va-t-il s’arrêter ? En fait, le gouvernement est en train de faire remonter la pression, la colère, et d’inciter des gens qui n’ont pas bougé, la dernière fois, à se mobiliser.

De plus en plus de gens qui bossent n’arrivent plus à gagner leur vie. Le constat est malheureu-sement évident. Mais le gouvernement est aveugle, ou, plus exactement, composé de marion-nettes au service de la finance. Il n’y a plus de politique proprement dite. Ce n’est pas le Président qui est en cause. Ses trois prédécesseurs ont mis en œuvre la même politique au service d’un système destructeur et fondé sur l’injustice. Mais ça ne peut plus durer. Les Français en ont marre. Ils veulent pouvoir vivre, décemment. »

https://www.letelegramme.fr/

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez-vous poster un commentaire.

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin