08 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

berlin 1989 (npa anti-k reporterre)

olive

« Les répercussions continuent d’être considérables »

« Refonder un projet qui ne soit plus associé aux horreurs du stalinisme »

Olivier Besancenot, porte-parole du NPA

La chute du mur de Berlin a été pour toute une génération soit l’écroulement d’un rêve soit la fin d’un cauchemar.

Pour des dizaines de milliers de gens passés par le PCF, la RDA était un exemple, celui d’un peuple qui, après la tragédie nazie, construisait le socialisme et obtenait apparemment des résultats encore meilleurs que dans les autres pays de l’Est.

La propagande officielle montrait les démonstrations de masse d’une foule heureuse. Et puis ce fut, en quelques semaines, la chute, avec des manifestations énormes contre le régime et la fuite de milliers de gens vers l’Ouest ou en Autriche en passant par la Hongrie.

La création de conseils ouvriers luttant pour plus de démocratie, s’opposant au capitalisme, allait créer quelques illusions sur l’avènement enfin d’un véritable socialisme mais tout cela fut vite balayé par le retour du capitalisme et la révélation de ce que fut cette caricature de socialisme : une véritable dictature de la police politique, la Stasi, espionnant tout le monde, l’obligation dans certaines professions d’adhérer au Parti, les procès truqués…

Pour la gauche, en Europe, les enseignements furent variés. Pour certains, notamment les sociaux-démocrates, la preuve était faite que communisme, marxisme, léninisme, révolution… tout cela ne pouvaient mener qu’à la dictature totalitaire.

Et qu’il valait mieux réformer et humaniser le capitalisme. Pour les militants communistes, l’effondrement sans combat de l’URSS et des pays de l’Est va provoquer l’ouverture d’une crise d’identité sans précédent aboutissant à la marginalisation sans retour des grands partis communistes (Italie, France, Espagne etc.).

Mais pour tous ceux qui, face à une crise du capitalisme d’une ampleur exceptionnelle, n’abandonnent pas la nécessité de construire une alternative socialiste, la chute du Mur peut permettre de refonder un projet qui ne soit plus associé aux horreurs du stalinisme.

C’est cette nouvelle période qui explique l’attrait et le dévelopement de nouveaux partis anticapitalistes quelle que soit encore la diversité de leur programme : Bloc de Gauche au Portugal, Die Linke en Allemagne, Alliance Rouge et Verte au Danemark ou NPA en France.

Ainsi la chute du Mur et du stalinisme a abouti provisoirement au rétablissement d’un capitalisme parfois sauvage mais elle a ouvert la voie à la reconstruction d’un mouvement révolutionnaire luttant pour un socialisme du 21è siècle.

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« La gauche réformiste est restée après la chute ce qu’elle était avant »

Arlette Laguiller, ancienne porte-parole de LO

Je suis internationaliste. Je milite pour un monde d’où auront disparu les frontières qui séparent les peuples. Le fait que les Allemands de l’Est et de l’Ouest puissent librement circuler au sein de leur pays ne pouvait que me réjouir. Mais cela n’a pas changé grand-chose de fondamental pour la gauche.

Du côté du Parti communiste, cela a peut-être fait tomber quelques illusions chez ceux qui étaient encore persuadés que la monstrueuse caricature du socialisme qui sévissait en Europe de l’Est assurait le bonheur des peuples. Mais ce ne fut pas pour ramener la direction de ce parti à renouer avec la lutte pour un monde débarrassé de l’exploitation capitaliste, qui avait été l’objectif des communistes des années 1920.

Du côté de la direction du Parti socialiste, on y vit une justification des critiques adressées à l’URSS et à ses satellites… mais en oubliant qu’il y a bien d’autres « murs de la honte », de par le monde, dont la social-démocratie s’accommode fort bien, en s’accommodant de toute l’organisation capitaliste de la société.

En quoi le mur érigé par le gouvernement israélien, et qui enferme autant le peuple israélien que le peuple palestinien, est-il moins honteux que le mur de Berlin ? En quoi le mur de 1 200 kilomètres que l’administration américaine a fait construire à la frontière mexicaine est-il moins détestable que l’ex-Rideau de fer ?

Et pour ne pas être matériels, il existe bien des murs virtuels, destinés à empêcher les travailleurs des pays pauvres – c’est-à-dire des pays pillés par les grandes sociétés occidentales et par les dictatures qu’elles y entretiennent – de venir tenter leur chance en Europe occidentale. La manière dont on vient de traiter les malheureux réfugiés dans la « jungle » de Calais est tout un symbole.

Et si le Parti Socialiste condamne verbalement aujourd’hui certains aspects de la politique de la droite, on ne peut pas oublier que sous le gouvernement socialiste à participation communiste dirigé par Jospin, le ministre de l’Intérieur socialiste, Chevènement, a fait adopter en 1997, huit ans après la chute du mur de Berlin, une loi qui renforçait l’arsenal juridique anti-immigrés.

La gauche réformiste est restée après la chute de ce mur ce qu’elle était avant. Elle n’aspire qu’à gérer les affaires de la bourgeoisie, et ce n’est pas sur elle qu’il faut compter pour détruire toutes les barrières qui s’opposent à la libre circulation des hommes.

Source: Regards Cet article est extrait du numéro spécial « 20 ans de la chute du Mur », paru en novembre 2009

https://www.anti-k.org/

Lire aussi:

Il y a 30 ans : la chute du Mur de Berlin (NPA)

Chute du mur de Berlin : les écologistes étaient en première ligne (Reporterre)

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