23 août 2019 ~ 0 Commentaire

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« Décrocheurs de portraits »

Qui sont ces militants qui veulent manifester contre Macron pendant le G7?

Inutile de chercher Emmanuel Macron à Biarritz pendant le sommet du G7 : dimanche, il sera à Bayonne. Plus précisément, des portraits de lui défileront dans les rues de la vieille ville basque, portés par des militants écologistes.

En février, le mouvement Action non-violente COP 21 (ANV-COP21) a lancé #Décrochons Macron, un appel à décrocher des portraits du président de la République dans des bâtiments publics pour dénoncer l’inaction de l’Etat face aux changements climatiques.

Le 23 mai dernier, plus de 80 personnalités, dont la tête de liste France Insoumise aux euro-péennes Manon Aubry et le Gilet jaune François Boulo ont signé un appel à décrocher 125 portraits du chef de l’Etat. Comme le nombre de jours qu’il a fallu à la France pour dépasser son empreinte écologique en 2019.

Objectif dépassé puisqu’au final 127 portraits ont à ce jour été décrochés dans des mairies – illégalement, puisqu’il s’agit de vol. Une bonne partie devrait donc se retrouver à Bayonne dimanche matin. Parmi les manifestants se trouvera Anne-Sophie Trujillo Gauchez, consultante indépendante en humanitaire et développement et militante au sein d’ANV-COP21 depuis 2015. « On a voulu profiter de l’événement international qu’est le G7 pour montrer le décalage entre le discours de notre président à l’international et la réalité en France ».

Des portraits cachés en « lieu sûr »

Le 2 mars, elle a décroché le portrait d’Emmanuel Macron de la mairie de Jassans-Riottier (01). Mais elle ne sait pas si le cadre qu’elle a décroché fera le voyage vers Bayonne ; d’ailleurs, elle ne sait pas où il se trouve. Cela fait partie de la démarche définie par l’ANV-COP21 : une fois le cadre glissé dans une housse de protection, des membres de l’organisation cachent le portrait en « lieu sûr », à l’abri des regards indiscrets… et des autres membres du groupe.

En lieu et place des portraits présidentiels, on trouve désormais, dans une centaine de mairies de France, un mur nu. Pour Michel Piquand, charpentier en Haute-Savoie (74), « ce vide symbo-lise le vide de la politique actuelle du gouvernement face aux urgences climatiques et sociales ». Ce décrocheur habite dans la vallée de l’Arve, « la plus polluée de France ». Pour faire entendre son ras-le-bol, Michel Piquand a emmené l’un des quatre portraits qu’il a décrochés au pied des glaciers.

« On voulait montrer au président qu’il y a vraiment urgence. » Cette « sortie du portrait », comme d’autres ailleurs en France, s’inscrit dans la deuxième phase du mouvement #Décrochons Macron. Sur son site, ANV-COP21 explique vouloir « ‘sortir’ symboliquement le président Emma-nuel Macron pour lui faire voir le dérèglement climatique et l’extinction de la biodiversité en cours d’accélération et d’aggravation ».

Emmanuel Macron a assisté aux vendanges du futur

A Mardié, près d’Orléans, Franzeska Bindé a déplacé le portrait sur un chantier pour lui montrer « un projet de bétonisation inutile ». Dans le Beaujolais, Anne-Sophie Trujillo Gauchez a fait participer le président à un rassemblement contre l’utilisation des pesticides.

Avec d’autres militants, elle a également emporté le portrait sur le tournage d’un clip parodiant les vendanges de 2050, quand le réchauffement climatique aura avancé la récolte du raisin au mois de… juillet. Mais ces sorties symboliques et les vols qui les ont précédés ont un prix : Franzeska Bindé et Michel Piquand sont poursuivis en justice pour vol en réunion et encourent cinq ans d’emprisonnement et une amende pouvant aller jusqu’à 75.000 euros. Leurs procès auront lieu respectivement le 13 septembre et le 17 octobre.

Anne-Sophie Trujillo Gauchez, quant à elle, est poursuivie pour vol en réunion avec ruse et encourt une peine de 10 ans de prison et 150.000 euros d’amende. « Je rappelle qu’au moment du décrochage, la valeur du portrait était de 8,70 euros et début juillet, le prix du portrait est monté à 9,90 euros sur le site de l’Elysée. Tout cela est disproportionné, surtout compte tenu du fait que l’on a promis de rendre ces portraits », précise-t-elle. « Mais je suis sûre de ce que je fais, je sais que je suis du bon côté de la justice. »

On rendra les portraits quand la France mettra en œuvre des mesures à la hauteur de l’urgence climatique

Un sentiment partagé par Michel Piquand : « Je savais ce que je risquais avant de passer à l’action. Mais si je fais ça, c’est pour l’avenir, c’est pour mes enfants si j’en ai un jour… On est des lanceurs d’alerte, on n’est pas là pour embêter les gens. On a tous un métier, on a tous une vie, on a tous des besoins – mais dans la vallée de l’Arve, le besoin de respirer est vraiment primordial. » A ce jour, ANV-COP21 comptabilise 17 procès intentés contre ses militants et 900 heures cumulées de garde à vue depuis le début des décrochages.

Après la « marche des portraits » de dimanche, les cadres devraient retrouver leur cachette. « On rendra les portraits quand la France mettra en œuvre des mesures à la hauteur de l’urgence climatique », explique Franzeska Bindé. Cette échéance a fait réagir le président de la cour lors de l’audience d’Anne-Sophie Trujillo Gauchez. « Vous n’êtes pas près de les rendre », lui a-t-il glissé.

Les militants écologistes qui ont décroché les portraits d’Emmanuel Macron dans plus d’une centaine de mairies prévoient une « marche des portraits » dimanche à Bayonne, en marge du G7. Poursuivis en justice mais déterminés, trois « décrocheurs » ont expliqué leur démarche au Journal du Dimanche.

23 août 2019 Alice Bouleau

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