22 août 2019 ~ 0 Commentaire

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Au contre-G7, «des unions pour faire avancer nos idées»

Si la présence de représentants politiques au Pays basque a agacé certains militants, d’autres ont prôné la convergence.

Au milieu des militants associatifs et des responsables d’ONG rassemblés à Hendaye (Pyrénées-Atlantiques) et Irún, quelques élus de gauche ont pointé une tête à l’ouverture du contre-sommet du G7 mercredi.

Parmi eux, David Cormand, eurodéputé et secrétaire national d’Europe Ecologie-les Verts (EE-LV), et Eric Coquerel, député insoumis (LFI), sont venus se faire secouer en participant à une conférence organisée par Attac, autour des «voies de l’émancipation, de l’échelon municipal à l’international».

Un thème vite dépassé au moment des échanges avec le public, quand les interventions se sont concentrées sur le rôle des responsables politiques dans la transition vers cet «autre monde» que le contre-sommet appelle de ses vœux. «Il faut réussir à s’accorder entre forces de gauche. Mais le leadership des partis et leur système pyramidal, c’est terminé !» tonne une participante. «Vous vous en êtes pris plein la tête», résume un autre, avant de suggérer aux élus sur scène de démissionner pour laisser place à un système de tirage au sort.

«Prêcheurs de vérité»

Olivier Besancenot, toujours porte-parole du NPA et invité de dernière minute à la conférence, se dévoue pour répondre :

«Je ne suis plus candidat à rien, sinon à la révolution, mais je suis venu plaider de l’intérêt de la politique pour avancer sur les grands enjeux auxquels on est confrontés aujourd’hui. Et dans ce lieu, on a l’occasion de discuter vraiment, en s’extrayant de l’agenda minuté de la République.»

A la sortie de la salle de conférence, quelques militants fulminent. «Ils ont été secoués, et c’est tant mieux. Qu’est-ce que c’est que cette idée d’organiser leur université d’été [du 22 au 25 août pour LFI, et du 22 au 24 pour EE-LV] en même temps que le contre-G7, puis d’y venir pour prôner l’unité ?» s’agace Marie.

Bernard, venu d’Aix-en-Provence, ne trouve à l’inverse «aucun inconvénient» à leur présence. «Je pense qu’en tant que militant d’Attac depuis vingt ans, je fais de la politique. Et pour faire avancer nos idées, il faut des unions. Les événements de ce type sont des bonnes occasions de discuter ensemble.»

Plus loin, Pierre, la soixantaine, approuve la venue de quelques élus. Mais «à la condition qu’ils sachent apprendre des autres mouvements sociaux sans rester dans leur posture de prêcheurs de vérité, précise-t-il. Ils viennent de nous faire un exercice vertueux d’union mais je doute de sa pérennité».

Descendu de l’estrade, Eric Coquerel tient lui aussi à parler d’unité pour repousser des critiques qui ont visé LFI en premier lieu. «Même si la situation est un peu houleuse, c’est un début de convergence nécessaire, dit le député de Seine-Saint-Denis.

On est d’accord pour condamner le G7, mais regardez septembre : des journées de mobilisation sont prévues presque tous les jours. Ce n’est pas possible de continuer lutte par lutte, il faut plus d’union.» Cormand temporise et retient le positif. «Il y a quelques années, cela aurait été beau-coup plus raide. Je retiens surtout que les militants étaient là pour nous interpeller et non pour dire que nous n’avions pas notre place ici.»

Discuter et travailler avec des responsables politiques n’a pas toujours été une évidence pour le mouvement altermondialiste, qui a toujours œuvré à faire émerger des initiatives locales fonc-tionnant sur une autre logique que celle du libéralisme.

Mais «aujourd’hui ceux qui ne veulent pas entendre parler des élus sont bien plus minoritaires, souligne Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac et modératrice du débat. Les initiatives locales et concrètes, c’est formidable et indispensable.

Mais comment on les transforme en modèle dominant ? Sans pouvoir politique, je ne vois pas. Certaines urgences, notamment climatiques ou de réglementation de la finance, ne peuvent pas être réglées uniquement par le bas.»

«Voie claire et crédible»

Un point de vue partagé par Txetx Etcheverry, cofondateur de l’association Alternatiba qui s’échine pourtant à faire émerger des schémas locaux de réponse à la crise sociale et écologique.

«Aujourd’hui, les plus ardents promoteurs du libéralisme arrivent à se poser en alternative à leur propre système, en reprenant des éléments du discours des associations, analyse le Basque. Ce n’est donc vraiment pas le moment de tomber dans le sectarisme. Chacun doit remplir sa fonction, politiques compris, si nous voulons proposer une autre voie claire et crédible.»

Le contre-G7, avec ses 200 intervenants et 80 associations réunis jusqu’à dimanche soir, fait figure de bon point de départ pour en discuter. Mais tous n’en font pas le même usage. Des trois invités politiques du matin, seul Olivier Besancenot est resté dans l’après-midi pour écouter d’autres orateurs et d’autres débats.

Nelly Didelot, Envoyée spéciale à Irún et Hendaye 21 août 2019

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