21 août 2019 ~ 0 Commentaire

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La nature de classe des Gilets jaunes

Indications pour les prochaines batailles

Tout aura été dit sur la nature de classe du mouvement des Gilets jaunes : mouvement d’extrême droite, mouvement prolétarien, jacquerie, mouvement du peuple enfin unifié, foule sans voix… L’erreur commune à ces analyses est sans doute de tenter de réaliser une photographie d’un phénomène qui s’inscrit dans de fortes évolutions sociales.

Comme toute réalité, la nature du mouvement des Gilets jaunes ne se révèle que de façon dynamique, dans ses interactions avec ce qui l’entoure. Les délimitations, les contours des classes sociales n’ont jamais été figées, de la Commune de Paris où la lutte mêlait ouvrierEs, artisanEs et petitEs commerçantEs aux luttes d’aujourd’hui dans lesquelles les profondes modifications du marché du travail percutent les contours et les repères de classe.

UN MOUVEMENT POPULAIRE 

Pour commencer par quelques chiffres, une étude de la Fondation Jean Jaurès publiée fin novembre 2018 révélait que le mouvement des Gilets jaunes a acquis un soutien massif dans les classes laborieuses.

Avec 62% de soutien chez les ouvrierEs, 56% chez les chômeurEs et chez les employéEs, 54% chez les travailleurs indépendants… contre 29% de soutien de la part des cadres et professions intellectuelles supérieures, et 35% des professions intermédiaires1.

Les franges les plus militantes se sont retrouvées dans les périphéries urbaines, là où on travaille mais où les loyers sont bons marchés, dans les familles monoparentales, dans les professions précaires.

En particulier chez les femmes, très présentes sur les ronds-points et dans les manifestations. L’importance de leur participation, alors qu’elles sont moins intégrées à la sphère publique, est un signe qui ne trompe pas sur l’ampleur de la crise sociale.

Dans les grandes crises nationales, ce sont souvent les femmes qui sont à l’avant-garde car, entre la double journée de travail, l’oppression spécifique et la gestion de la sphère privée, elles sont percutées de plein fouet.

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Mais le mouvement a été faible chez les « excluEs » du monde du travail. En effet, pour lutter, il faut percevoir la possibilité d’une alternative, ne pas être préoccupé essentiellement de sa survie.

Et également dans les banlieues les plus populaires, qui ont observé à distance et avec méfian-ce ce mouvement très blanc et présenté comme réactionnaire. Elles ont observé la réponse du mouvement face aux violences policières qu’elles ne connaissent que trop bien.

Une autre enquête2, menée sur un échantillon plus faible, suggère une participation au mouve-ment composé de 10 à 15 % d’artisanEs, commerçantEs, chefs d’entreprises (contre 6,5 % dans la population), 35 à 45 % d’employéEs (27 % dans la population), 15 à 20 % d’ouvrierEs (21 %), 10 à 13 % de professions intermédiaires (26 %), 7 % de cadres et professions intellectuelles supérieures (18 %) et 26 % d’inactifEs.

Donc globalement, il s’agit d’un mouvement très populaire, même si diverses classes sociales y ont participé. Rappelons au passage que la moitié des créations d’entreprises sont aujourd’hui le fait d’auto-entrepreneurs qui, s’ils et elles ont un statut juridique de travailleurE indépendantE, sont en réalité bien souvent des employéEs déguisés.

LE SOUTIEN AUX « GILETS JAUNES » FAIT APPARAÎTRE UN TRÈS NET CLIVAGE DE CLASSE3

À ce profil général, il faut ajouter certaines franges du petit patronat, notamment dans le transport, percutées par la hausse du prix de l’essence, ainsi que des commerçants, des secteurs qui font indéniablement partie de la petite bourgeoisie et qui ont été en bonne partie à l’initiative du début du mouvement.

Une question est donc de savoir pourquoi ce mouvement, qui est globalement dominé numéri-quement par les secteurs prolétariens, a été perçu au départ comme un mouvement ayant des penchants réactionnaires, puis s’est situé de plus en plus à gauche, et ce qu’il nous dit sur les prochains mouvements de notre temps.

Que ce soient les salariéEs qui ont bloqué les ronds-points ou celles et ceux qui ont simplement mis un gilet jaune sur leur pare-brise, comme une sorte de mouvement par procuration, touTEs se sont identifiés à ce gilet, à ses préoccupations.

A ses mots d’ordre unifiants contre la cherté de la vie et contre Macron, formulés comme des problèmes nationaux communs à la grande majorité de la population. Cette perception fait nécessairement écho à d’autres mouvements hétéroclites, aussi divers soient-ils, comme celui des Bonnets rouges, la mobilisation algérienne ou les Indignés espagnols. (Extrait voir lien)

Mardi 20 août 2019 Antoine Larrache

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Gilets Jaunes 1 (NPA)

Gilets Jaunes 3 (NPA)

 

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