21 août 2019 ~ 0 Commentaire

féministe algérienne (le-tél ouest-france)

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Douarnenez. Une féministe dans le mouvement algérien

L’Algérienne Amel Hadjadj s’affirme féministe. Mais aussi une militante qui œuvre pour la construction d’une démocratie dans son pays. Un itinéraire qu’elle raconte en tant qu’invitée du festival de Douarnenez, intitulé cette année « Algériennes, Algériens ».

Il faut croire que les têtes pensantes ont eu du flair en baptisant l’édition 2019 du festival de Douarnenez « Algériennes, Algériens ». Car le mouvement pacifique, qui secoue depuis six mois, l’Algérie est structuré aussi bien par des hommes que des femmes. Parmi elles figure, Amel Hadjadj, la trentaine pugnace. La jeune femme est originaire de Constantine, mais voilà quatre ans qu’elle réside à Alger où elle poursuit des études en médecine.

Amel Hadjadi c’est un œil vif et une faconde, une parole à la fois franche et déterminée. En résumé, une femme de son temps, résolue à activer une société civile étouffée par de longues décennies de gabegie FLN. « L’Algérie est un pays peuplé majoritairement de jeunes », rappelle Amel. Y cohabitent des forces vives qui comptent inscrire leur pays dans le mouvement de la modernité.

« Nos droits c’est tout le temps et partout »

À ce titre, Amel Hadjadj a activement contribué à la création du « Premier carré féministe », un groupe de manifestantes fondu dans la masse des contestataires qui battent le pavé. C’était le 8 mars 2019.

« Le 16 du même mois, on a mis sur pied la première coordination féministe à Alger ». En son sein on discute, on débat, on rêve d’une autre Algérie. Pas question pour Amel de dresser les femmes comme les hommes. Elle veut plutôt partager un idéal commun qui s’enrichit de contri-butions sur la page Facebook « Le Journal Féministe Algérien », autrement baptisé le JFA. « Nos droits c’est tout le temps et partout », peut-on lire notamment sur les banderoles d’Amel et ses amies.

L’Algérie et les femmes, c’est une longue série d’actes manqués. « À l’indépendance en 1962, on a dit aux femmes : retournez à vos fourneaux. Lors des évènements d’octobre 1988, on leur a assené : ce n’est pas le moment d’évoquer vos problèmes », rappelle Amel.

Mais il y a une date que la Méditerranéenne peine à digérer plus encore : 1984 et son code de la famille, entérinant sous la forme d’une loi l’inégalité de fait entre les hommes et les femmes.

Dans l’Algérie de 2019, « la majorité des diplômés du supérieur sont des femmes », assène dans la foulée Amel. Elle et ses « sœurs » en sont convaincues : il faut en finir avec « le génocide intellectuel, culturel et politique de l’ère Bouteflika ».

Se débarrasser d’un pouvoir honni est une chose, « contextualiser » son combat en est une autre. « Il faut donner du contenu au dégagisme. Le dégagisme en soi n’est pas un projet de société. C’est dans la réflexion que la mobilisation va perdurer », affirme Amel Hadjadj. « À la rentrée, en septembre, le combat va reprendre »

19 août 2019 Gilles Carrière

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