18 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

solidaires (émancipation)

solidaires

Solidaires fête ses vingt ans

1981 : le syndicalisme face à l’arrivée de la gauche au pouvoir…

Initiative d’un syndicat “autonome” né de la scission CGT/CGT-FO de 1948, la FGSOA (Fédération générale des salariés des organismes agricoles et de l’agroalimentaire) syndiquant à la mutuelle agricole MSA, au Crédit agricole et dans les industries de l’agro-alimentaire.

Il pense que pour conforter des mesures progressistes avec un gouvernement de gauche, il faut “faire comme en 36”, c’est-à-dire occuper les usines, être en grève, pour obliger le patronat et le gouvernement à se mettre d’accord sur des avancées sociales.

Ce syndicat estime que pour développer une lutte syndicale il faut l’unité syndicale, il prend donc l’initiative de contacter la CGT qui lui répond… que l’unité syndicale peut se réaliser en adhérant à la CGT. De la même façon, les responsables de la CFDT lui répondent… que l’unité syndicale peut se réaliser en adhérant à la CFDT.

Par ailleurs, aucun ne développe l’idée de pressions sociales et syndicales envers le nouveau gouvernement élu. Les responsables de la FGSOA prennent alors l’initiative de contacter d’autres syndicats autonomes et non confédérés. Le 10 décembre 1981, les délégations de dix organisations syndicales “autonomes” (G10) se retrouvent dans une même salle pour la première fois.

1989 : contacts du Groupe des Dix (G10) avec SUD PTT

Le Groupe des Dix (G10) contacte SUD PTT qui vient de se créer suite à l’exclusion de militant·e·s de la CFDT Poste et Télécommunications. La “greffe” avec SUD PTT va prendre, marquant ainsi que des syndicats de “culture CGT” peuvent s’associer avec des syndicats de “culture CFDT”.

Un autre syndicat, le CRC (Coordonner Rassembler Construire), qui deviendra SUD Santé Sociaux, se développe dans les mêmes conditions que SUD PTT. En 1989, une très longue grève a lieu aux Finances qui va notamment confirmer l’indépendance syndicale du principal syndicat du G10, le SNUI (Syndicat national unifié des Impôts – aujourd’hui Solidaires Finances publiques), par rapport au Parti socialiste.

Ces éléments vont faciliter l’arrivée de SUD PTT. La politique du PS et du gouvernement Mitterrand-Rocard a des conséquences dans le mouvement syndical et au sein du G10. Certaines organisations syndicales vont se satisfaire progressivement d’un syndicalisme d’accompagnement, d’autres vont maintenir leur indépendance syndicale et demeurer fidèles à leurs revendications, quel que soit le gouvernement en place.

La FGSOA (organismes agricoles), la FAT (transports) et la FMC (maitrise et cadres SNCF) vont ainsi quitter le G10 en janvier 1993 et rejoindre le courant UID, qui vient de faire exploser la FEN, pour créer l’UNSA.

Décembre 1995 : un conflit social majeur…

En décembre 1995, un conflit social important se développe dans le pays, en opposition au “plan Juppé” de réforme de la Sécurité sociale, et notamment de réforme des retraites et de l’assurance maladie. La grève est particulièrement forte dans les services publics chargés des transports en commun (SNCF, RATP, etc.).

La direction de la CFDT soutient le gouvernement. Positionnement qui va provoquer de fortes tensions à l’intérieur de la CFDT, et aussi des divisions au sein de la “gauche CFDT” entre des équipes militantes qui pensent qu’il faut rester à la CFDT et des équipes militantes qui pensent que la bataille est désormais perdue à l’intérieur de la CFDT. Ces dernières quittent la CFDT et constituent de nouveaux syndicats qui vont souvent prendre l’appellation SUD (Solidaires, unitaires, démocratiques) et qui vont demander à rejoindre le Groupe des Dix.

1998 : congrès constitutif de l’Union syndicale Groupe des Dix

Les 14 et 15 janvier 1998 se tient le Congrès constitutif de l’Union syndicale Groupe des Dix. En novembre 1995 s’était tenue une Assemblée regroupant les représentants de treize syndicats et fédérations pour tester des projets de Statuts et de Règlement intérieur, en particulier le fonctionnement au consensus. Le Groupe des Dix et plusieurs de ses organisations membres participent à la création d’ATTAC en 1998.

2001 : le G10 devient Solidaires

Le deuxième Congrès se tient les 21 et 22 novembre 2001 à la Maison des syndicats de Créteil, adoption de l’identifiant “Solidaires”. La page “les SUD et les non SUD” est désormais tournée : nous sommes tous “Solidaires”.

2006 : représentatifs dans la Fonction publique

Solidaires obtient la représentativité dans la Fonction publique fin 2006 par une décision du Conseil d’État, qui va nous permettre de siéger au Conseil supérieur de la Fonction publique d’État par un décret du 1er mars 2007. Pour la première fois, en 2007, Solidaires sera partie prenante des négociations salariales. Cette représentativité nous donne plus de crédibilité.

2008 : un syndicalisme revendicatif et internationaliste

Le 4ème Congrès est perçu par les participants et participantes comme le premier “vrai” congrès de Solidaires. Le travail sur le dossier revendicatif y est largement développé. L’homogénéité de l’organisation “Solidaires” est ressentie par la plupart des participant·e·s. Des délégations invitées nombreuses, syndicales ou du mouvement social, interviennent en tribune. La présence de délégations étrangères marque l’engagement international de Solidaires qui jouera un rôle déterminant dans la constitution d’un Réseau syndical international de solidarité et de luttes dont la première rencontre aura lieu en 2013.

2013 : constitution du réseau syndical international de solidarité et de luttes

Fort de son engagement internationaliste, l’Union syndicale Solidaires a joué un rôle très actif dans la construction du Réseau syndical international de solidarité et de luttes après la rencontre syndicale internationale en mars 2013 de Saint-Denis qui a rassemblé plus de 200 militant·e·s de plus de 60 organisations d’Europe, d’Afrique, d’Amérique et d’Asie.

Ce réseau mondial rassemble des organisations, courants, tendances ou réseaux syndicaux de tous les continents, avec des histoires, des cultures politiques différentes, mais avec des pratiques assez proches et qui partagent la double volonté d’organiser des luttes pour la défense des revendications immédiates des travailleurs et travailleuses et pour transformer radicalement la société.

2014 : une Union syndicale féministe !

Lors de son 6ème congrès en juin 2014 à Dunkerque, Solidaires adopte une résolution spécifique “Égalité entre les femmes et les hommes : un enjeu syndical” comprenant deux axes :

Plateforme revendicative pour l’égalité femmes/ hommes” et

“Les femmes dans l’Union syndicale Solidaires : des pistes pour avancer !”.

Les statuts actuels disent “le syndicalisme s’inscrit dans une démarche féministe en agissant pour l’égalité entre les hommes et les femmes”. Les inégalités entre les sexes traversent l’ensemble de la société (travail, école, famille, vie publique), le souci de les combattre ne se limite pas au champ professionnel.  L’engagement de Solidaires sur ces questions se traduit également par notre implication sur nombre d’aspects, notamment le développement d’une dynamique pour un 8 mars de luttes et de grèves des femmes, la lutte contre le sexisme et le harcèlement sexuel …

(Résumé, voir lien)

Faut-il oublier le passé pour construire l’avenir ? Voici un rappel de plus de quarante ans d’histoire d’un syndicalisme qui se veut autrement…

lundi 19 novembre 2018

http://www.emancipation.fr/

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