17 juin 2019 ~ 0 Commentaire

dirigeants (psl.be)

rouge

Les dirigeants d’entreprises américains effrayés par les socialistes

‘‘Je suis un capitaliste, et même moi je pense que le capitalisme est brisé.’’ Tel était le message de Ray Dalio, responsable d’un des plus grands fonds spéculatifs au monde, Bridgewater Associates, dans un manifeste publié en avril de cette année.

Dialo s’inquiète, comme tant d’autres dirigeants américains, des critiques croissantes contre le capitalisme. Il craint une ‘‘certaine forme de révolution’’. Ses déclarations font écho à d’autres. L’ancien directeur de la société financière BlackRock, Morris Pearl, défend ainsi que les riches payent plus d’impôts : ‘‘Étant donné le choix entre les fourches et les taxes, je choisis les taxes.’’

Leur pire cauchemar

‘‘Le capitalisme tient les PDG éveillés la nuit’’, a titré le Financial Times pour résumer la situa-tion. ‘‘Pourquoi les grands capitalistes américains semblent-ils si mal à l’aise aujourd’hui, dix ans après la crise financière mondiale, après avoir vu les marchés boursiers et les bénéfices atteindre de nouveaux sommets et avec un président républicain qui réduit l’imposition des entreprises et allège les réglementations fiscale à l’envi ?’’ a demandé le magazine.

‘‘La crainte est réelle qu’il soit désormais légitime de parler d’idées socialistes, de la gauche (…) et de l’étranglement de l’économie de marché’’, fut l’une des réponses. ‘‘Ce qui les effraie vra-iment, ce sont les sondages qui montrent que les jeunes sont de plus en plus à l’aise avec le socialisme comme moyen d’organiser l’économie’’, a répondu Darren Walker de la Fondation Ford.

Patrons et politiciens capitalistes, parmi lesquels Trump, sont préoccupés par l’atmosphère anticapitaliste, mais aussi par le soutien croisant au socialisme.

L’hebdomadaire le plus important des capitalistes, The Economist, a publié un article indiquant que 51 % des jeunes de 18 à 29 ans ont une opinion positive du socialisme aux Etats-Unis. En janvier dernier, Trump a déclaré dans son discours annuel sur ‘‘L’état de l’Union’’ que les Etats-Unis ‘‘ne seront jamais un pays socialiste’’. En avril, lors du lancement de sa campagne électorale pour 2020, il a annoncé: ‘‘Nous allons faire la guerre à certains socialistes’’.

Des salaires 1 000 fois plus élevés

L’atmosphère provenant ‘‘d’en bas’’ résulte de la politique néolibérale et de la crise capitaliste (sociale, environnementale, démocratique, etc.). Pour The Economist, ce sentiment opposé aux inégalités, à la dégradation de l’environnement et au régime anti-démocratique de l’élite est grandissant.

Les cadres supérieurs sont au centre du débat. Il y a 40 ans, le dirigeant d’une grande entreprise aux États-Unis gagnait 30 fois plus que le salaire médian d’un employé. Leur salaire est 254 fois plus élevé aujourd’hui ! Dix dirigeants gagnent même 1 000 fois plus !

Un vrai programme socialiste

Bernie Sanders se définit socialiste. Il refuse l’argent des grandes entreprises et défend des systèmes gratuits de soins de santé et d’enseignement. Cela a fortement joué pour ce regain d’intérêt envers le socialisme. De plus en plus de politiciens du Parti Démocrate tentent de suivre ses traces, comme Alexandria Ocasio-Cortez. L’organisation DSA (Democratic Socialists of America) s’est très rapidement développée et a également obtenu des élus au conseil municipal de Chicago. (Et des députés locaux et fédéraux blog)

The Economist exhorte les libéraux à s’opposer au socialisme. Pour le magazine, la moindre augmentation de taxe conduira à une fuite des capitaux. Cela illustre les faiblesses de propo-sitions de réformes qui semblent raisonnables. Même très riche trio Bill Gates, Charlie Munger et Warren Buffett est arrivé à la même conclusion dans une récente interview télévisée consacrée au socialisme. Bill Gates a expliqué que les propositions de Sanders et Ocasio-Cortez ne sont pas socialistes, elles représentent un ‘‘capitalisme avec un certain niveau de taxation’’.

L’évolution récente de la Suède – d’un modèle de réformes progressistes à des contre-réformes antisociales – souligne que si le pouvoir capitaliste et la propriété privée des moyens de production ne sont pas renversés pour donner naissance au socialisme démocratique, les capitalistes riposteront par des privatisations, des inégalités accrues et une dégradation du bien-être.

Les nouveaux courants socialistes sont un signe de fraîcheur, mais ils doivent encore aller plus loin. Pour sauver le climat et satisfaire les besoins populaires en termes de logement, de salaires, de soins, d’éducation,… les grandes entreprises et les banques doivent être expro-priées et placées sous le contrôle démocratique de la collectivité. Le risque que l’intérêt d’aujourd’hui pour le socialisme conduise à une telle évolution est ce qui effraie le plus les dirigeants des grosses entreprises.

Tout comme aux Etats-Unis, la radicalisation en cours n’en est encore qu’à ses débuts. Elle s’amplifiera avec de nouvelles luttes, mais aussi, en Chine, en réaction à la répression et aux ‘‘aveux’’ forcés. (Résumé)

15 juin 2019

https://fr.socialisme.be/

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