21 mai 2019 ~ 0 Commentaire

populisme de gauche (révolution permanente)

droite

L’impasse du populisme de gauche

Pour Mélenchon, la crise des médiations traditionnelles de la gauche institutionnelle justifie son orientation populiste.

Récemment, dans une interview concédée à Libération, le leader de LFI souligne la différence entre la période actuelle et la période antérieure : « c’était une tout autre époque. La société était assez stable et les liens de représentation politique fonctionnaient.

Le PCF représentait une grande partie de la classe ouvrière. Les socialistes, plutôt les classes moyennes. Tout cela a volé en éclats. Un acteur nouveau est né. C’est ce peuple urbanisé qui s’oppose à l’oligarchie. Voir les Gilets Jaunes ou l’Algérie. Son existence quotidienne dépend de l’accès aux réseaux collectifs.

Cet accès est l’enjeu social central. La forme de notre mouvement correspond à cette analyse théorique globale ». Sans entrer dans l’analyse des contradictions réelles du mouvement des Gilets Jaunes sur lesquelles nous nous sommes arrêtés dans d’autres articles, il faut avant tout souligner combien la « construction d’un peuple révolutionnaire » achoppe sur un certain nombre d’obstacles infranchissables.

Le « peuple » est en effet traversé de mille contradictions 

Non seulement des contradictions de classe – dans la mesure où la situation et les points de vue de classe du prolétariat et des classes moyennes ne sont pas les mêmes et quand bien même ils peuvent avoir des intérêts communs – mais également parce que les salariés eux-mêmes subissent toute une série d’oppressions spécifiques, notamment de race et de genre, qui ne peuvent être subsumées par « le peuple », si tant est qu’il ne s’agit pas d’une construction mythique.

Parallèlement, l’augmentation de la fragmentation de la classe ouvrière rend plus nécessaire que jamais la nécessité d’un programme à même d’unifier les différentes couches du prolétariat : et quand bien même il s’agit d’un ensemble de salariés, tous n’ont pas les mêmes intérêts immédiats, qu’il s’agisse de fonctionnaires, de chômeurs, d’ouvriers de l’industrie des grands groupes ou encore de sa fraction la plus précaire, qui s’est mise en mouvement à travers les Gilets Jaunes.

Enfin, et de façon tout aussi importante, derrière ce virage il y a, de la part de Mélenchon, la volonté de tendre la main au capital national à travers une politique de collaboration de classes en direction du grand capital « productif ».

C’est ce que vient de mettre noir sur blanc, de façon absolument décomplexée, sur son blog, Jean-Luc Mélenchon, dans un post intitulé « Martin Bouygues m’intéresse »”. Que dit Mélenchon de l’un des principaux patrons du CAC40, aux mille réseaux, et aux intérêts dans le bâtiment, les télécommunications et les médias, à commencer par TF1 ?

Ayant renoncé à toute référence à la lutte des classes, le leader de LFI entend montrer toute sa bonne volonté à son interlocuteur : « Commencez par noter que le programme « L’Avenir en commun » ne prévoit pas la nationalisation de toutes les entreprises. Notre attention dans ce domaine est plutôt fixée en amont sur le système bancaire et financier d’où part l’arbitrage sur le financement des investissements. (…)

Contrairement aux financiers, [Martin Bouygues] centralise l’importance du paramètre de la qualification humaine dans la production. Il en déduit que la fidélisation de la main-d’œuvre dans l’entreprise est une question clef en période de pénurie de qualification. Le contraire de la mentalité de ceux qui considèrent que la précarité et l’armée de réserve d’un chômage de masse sont les conditions essentielles pour contrôler la docilité de la main-d’œuvre et la tenue des bas salaires. (…)

Il existe encore en France, conclut Mélenchon, un patronat qui n’est pas dans la main de la logique conceptuelle dominante. Un patronat indemne de l’infection qui a tué tous les secteurs productifs et dont Macron est le porte-voix : les financiaristes. Ils pérorent aux côtés des commerciaux à la tête de nombre d’entreprises où ils ont remplacé les ingénieurs de production.

Je dirais de ceux-là, en caricaturant, qu’ils attendent plus de la spéculation avec la trésorerie de l’entreprise que de la vente de ses productions. Bref, dans ce contexte, Martin Bouygues est un interlocuteur à part entière pour des gens comme nous ».

En dernière instance, derrière la lutte contre l’oligarchie, le seul secteur qui serait réellement hostile au peuple si l’on suit la logique populiste de gauche, et en vertu d’un soi-disant intérêt général qui liquide, en l’accusant de corporatisme, tout intérêt de classe, on voit bien comment se dessine un projet de conciliation de classes, non avec l’ombre de la bourgeoisie, à l’instar de ce que cherchait le Front Populaire dans les années 1930, mais bien avec l’un de ses secteurs les plus concentrés. (Extrait voir lien)

Juan Chingo

https://www.revolutionpermanente.fr/

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