21 mai 2019 ~ 0 Commentaire

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Quelle stratégie pour la gauche et la classe ouvrière?

Les conditions en Inde se sont aggravées de différentes manières. Les partis de gauche, les syndicats et autres organisations de masse ont une force de frappe moins importante qu’il y a 30 ans. Notre référence c’est 1989, car c’est à ce moment-là que le BJP a lancé sa nouvelle stratégie. Notre courant discute à ce sujet depuis lors. Cette année-là, au Parlement, le CPI (PC) , le CPI (M) (autre PC), le bloc « En Avant », le Front des Peuples Indiens et le Comité de coordination marxiste comptaient 54 sièges et 10 % des suffrages.

Le capitalisme indien avait commencé à adopter une économie néolibérale et privatisée quelques années auparavant, mais à un rythme lent. 1990-91 a connu un changement radical. La crise de la balance des paiements a été invoquée pour imposer des politiques dévastatrices favorables au marché et aux riches.

Et le gouvernement minoritaire de Narasimha Rao pouvait le faire, tenant constamment la gauche à distance en aidant le BJP. La gauche a eu 58 sièges et à peu près les mêmes votes que lors de la précédente législature. Mais sa politique persistante du moindre mal, de distinction entre combats de classes et lutte contre le fascisme fût désastreuse.

Le résultat fut une nouvelle croissance massive du BJP et sa capacité à forger des alliances avec d’autres partis bourgeois régionaux. En 1996, le BJP a remporté 161 sièges et ses alliés 26 autres. Le Congrès a remporté 140 sièges, soit une baisse de 92 sièges et près de 7,5% des voix. Le Front de Gauche a remporté 52 sièges avec un peu plus de 9% des voix.

Ce qui a été significatif pendant toutes ces années, c’est la détermination avec laquelle la gauche parlementaire s’est accrochée à ses illusions sur les partis bourgeois progressistes. Cela s’est révélé en 1996 lors de la formation du gouvernement du Front Uni. Le PC est entré au gouvernement, tandis que le PCI (M) a soutenu de l’extérieur. Ce gouvernement n’a montré aucune différence dans ses politiques économiques.

En tant que ministre des Finances, P. Chidambaram a présenté un budget que la grande entreprise indienne a décrit comme un budget de rêve. Singh Ahluwalia, l’un des principaux défenseurs du marché, a écrit dans un document soumis à la Commission de la planification en 1999: « Le consensus qui s’est dégagé se reflète peut-être dans le fait que les réformes initiées par le gouvernement du Congrès en 1991 ont été poursuivis par la coalition du Front Uni qui a pris le pouvoir en 1996 et ont également été largement endossés par le gouvernement dirigé par le BJP qui a pris ses fonctions en 1998 ».

Ce front populaire a finalement coûté très cher à la gauche.

La dernière opportunité majeure a s’est offerte en 2004. Le BJP s’était engagé dans les élections de 2004 avec une campagne arrogante et ouvertement organisée par la classe supérieure. La perception au niveau national allait à l’encontre du BJP, tout comme ses pactes d’alliance au niveau local. La gauche a remporté 61 sièges.

Le Front de gauche a décidé de donner un « soutien extérieur » au Congrès sur la base d’un programme minimum commun qui a été salué comme un grand pas en avant. Mais en réalité, il n’a pas fait certaines choses, par contre il a ordonné la réécriture des manuels scolaires.

La gauche n’a pris de position forte face aux problèmes quotidiens. La gauche a toujours refusé de reconnaître que sa force, même de la gauche parlementaire, repose principalement sur des mobilisations extra-parlementaires.

Bien que les partis de gauche ne soient pas au pouvoir dans de nombreuses provinces, ce sont les syndicats qui ont mobilisé à maintes reprises un grand nombre de travailleurs dans des grèves générales qui ont été considérées comme les plus importantes au monde.

Mais les partis de gauche ne se sont pas battus pour les droits des travailleurs et des paysans, se contentant de mesures qui n’offrent que 100 jours de travail peu rémunéré pour un membre de chaque famille.

La gauche devrait combattre avec détermination, principalement hors du Parlement, mais aussi en utilisant ses députés au parlement, pour des soins de santé universels pour tous, pour un enseignement financé par l’État et pour des enseignants employés de l’État, plutôt que de confier l’enseignement à des ONG et des travailleurs mal payés.

Ils auraient pu à la fois affaiblir la classe dirigeante et rendre possible un renforcement de leur base. Après tout, le parti social-démocrate allemand dans les années 1890-1910 a remporté des victoires, des droits pour les travailleurs et des sièges au Parlement, grâce à de grandes mobilisations syndicales.

L’expérience gouvernementale  a tellement réorienté la gauche réformiste qu’elle a cessé de le comprendre. Au lieu de lier solidement les luttes parlementaires à la dynamique extraparle-mentaire, la majorité des partis et des dirigeants de gauche se créent des objectifs distincts.

Ils y a des mobilisations d’ouvriers, de paysans, mais on l’ignore une fois les élections annoncées. En conséquence, les combats de classe sont ignorés. Les luttes des ouvriers et es celle des profs précaires, toutes deux au Bengale occidental, sont des exemples tout à fait révélateurs.

En outre, la gauche continue à avoir une vision étroite de la lutte de classe. Ils voient la classe comme une identité parmi tant d’identités, soit comme une source d’un économisme étroit. Ils ne se penchent pas sur les liens entre la lutte de classe et l’oppression des castes. La gauche réduit les problèmes de genre et de sexualité à une analyse dogmatique de la lutte de classe. En conséquence, quelles que soient les potentialités, la politique de la gauche est en réalité une politique marginale.

Notre critique de la gauche est basée sur cela. Nous avons une compréhension de la lutte de classe comme potentiellement unificatrice. Mais pour être réellement capable d’unifier les diverses masses exploitées et opprimées, il est nécessaire de développer ensemble la théorie et la pratique, de lutter pour tous les secteurs des opprimés et des exploités, et de le lier aux luttes parlementaires.

Si les luttes ne sont pas liées, si la gauche ne sort pas de sa recherche éternelle d’alliés bourgeois progressistes, si elle ne combat pas avec les opprimés et les exploités, il ne peut y avoir de renaissance de la gauche, même dans la sphère parlementaire. Et seule une gauche forte au parlement peut résister aux fascistes. Si nous ne comptons que sur des combinaisons occasionnelles avec des partis bourgeois, nous cédons du terrain aux fascistes.

La gauche, qu’elle soit réformiste ou radicale, doit comprendre que sans une analyse marxiste et un programme d’action approprié pour les problèmes de classe, de caste, de genre et de sexualité, elle va vers un marxisme sclérosé, sectaire qui s’aliène les intouchables, les femmes , les gays, ce qui aide à la disparition de la perspective marxiste.

Le vrai Front Uni d’aujourd’hui doit être un Front des organisations de masse de travailleurs, de paysans, des castes inférieures, des femmes, des organisations LGBT etc. Une alliance de gauche devrait avoir des candidats. de ces mouvements de masse ainsi que des partis de gauche. (Résumé voir lien)

http://www.radicalsocialist.in/

Lire aussi:

The Indian Left Needs to Reinvent Itself (The Wire)

(Essf)

L’État rouge du Kerala résiste au gouvernement d’extrême droite de Modi (Solidaires.be)

The death of the Indian left (ESSF)

Commentaire:

Le CPI et le CPI (M) remontent à l’opposition Moscou/Pekin. Le CPI fait comme l’ex PCI italien, tandis que le CPI(M) a une « phrasélogie » de gauche. Le CPI(M) a longtemps dirigé le Bengale Ouest / Kerala.

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