20 mai 2019 ~ 0 Commentaire

bonapartisme (léon trotsky)

napoleon-hulot

Le commencement du Bonapartisme en France (1934)

En France, le mouvement de la démocratie au fascisme n’en est encore qu’à la première étape. Le Parlement existe toujours, mais il n’a plus ses pouvoirs d’autrefois et ne les recouvrera jamais.

Morte de peur, la majorité des députés, après le 6 février (Emeute fasciste que la police parisienne refusa de disperser, il fallut faire venir des gendarmes de province blog) , a appelé au pouvoir Doumergue, le sauveur, l’arbitre. Son gouvernement se tient au-dessus du Parlement : il s’appuie non sur la majorité « démocratiquement » élue, mais directement et immédiatement sur l’appareil bureaucratique, sur la police et sur l’armée.

C’est précisément pourquoi Doumergue ne peut souffrir aucune liberté pour les fonctionnaires et pour les serviteurs de l’Etat en général. Il lui faut un appareil bureaucratique docile et discipliné, au sommet duquel il puisse se tenir sans danger.

La majorité des députés est contrainte de s’incliner devant Doumergue parce qu’elle a peur des fascistes et du « front commun ». On écrit beaucoup actuellement sur la « réforme » prochaine de la Constitution, sur le droit de dissoudre la Chambre, etc.

Ces questions n’ont qu’un intérêt juridique car, politiquement, la question est déjà résolue. La réforme s’est accomplie sans voyage à Versailles. L’apparition sur l’arène des bandes fascistes armées a donné aux agents du grand capital la possibilité de s’élever au-dessus du Parlement. C’est en cela que consiste maintenant l’essence de la Constitution française, tout le reste n’est qu’illusions, phrases ou tromperie consciente.

Le rôle de Doumergue actuellement -ou de ses éventuels successeurs, comme le maréchal Pétain ou Tardieu- ne constitue pas un phénomène nouveau. Dans d’autres conditions, Napoléon 1er et Napoléon III jouèrent un rôle analogue.

L’essence du bonapartisme consiste en ce que s’appuyant sur la lutte de deux camps, il « sauve » la « nation » par une dictature bureaucratico-militaire. Napoléon 1er représente le bonapartisme de la jeunesse impétueuse de la société bourgeoise.

Le bonapartisme de Napoléon III est celui de l’époque où la calvitie apparaît déjà sur le crâne de la bourgeoisie. En la personne de Doumergue, nous avons le bonapartisme sénile de l’époque du déclin capitaliste.

Le gouvernement Doumergue est le premier degré du passage du parlementarisme au bonapartisme. Pour maintenir son équilibre, il lui faut à sa droite les bandes fascistes et autres qui l’ont porté au pouvoir.

Réclamer de lui qu’il dissolve-non sur le papier, mais dans la réalité-les Jeunesses patriotes, les Croix de feu, les Camelots du roi et autres, c’est réclamer qu’il coupe la branche sur laquelle il se tient.

Des oscillations temporaires d’un côté ou de l’autre restent, bien entendu, possibles. Ainsi une offensive prématurée du fascisme pourrait provoquer dans les sommets gouvernementaux un écart « à gauche » : Doumergue ferait place, pour un temps, non à Tardieu, mais à Herriot.

Mais il n’est d’abord pas dit que les fascistes feront une tentative prématurée, et ensuite un écart temporaire à gauche dans les sommets ne modifierait pas la direction générale du développement, et hâterait plutôt le dénouement. Il n’existe aucune voie pour retourner à la démocratie pacifique. Le développement conduit inévitablement, infailliblement, à un conflit entre le prolétariat et le fascisme.

https://www.marxists.org/

Commentaire: Toujours d’actualité!

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