01 mai 2019 ~ 0 Commentaire

émile masson (trésor du breton)

emile m

1913 BRUG (Bruyères)

Quand le socialisme libertaire s’exprimait en breton

Quelques mois avant la Grande guerre, le débat politique français se focalise sur la militari-sation. Les défenseurs d’un nationalisme guerrier se heurtent aux convictions pacifistes du leader socialiste Jean Jaurès.

Celui-ci trouve un allié inattendu dans les campagnes bretonnes. Un professeur de Pontivy, Èmile Masson, crée en janvier 1913 la revue bilingue Brug qui milite contre l’allongement du service militaire :

Labourerien, lavarit ganeomp ne fell ket deoc’h al lezenn 3 bloaz, rak na fell da zen ebet ar brezel, ne fell ket deomp en em gannañ evit netra

(Travailleurs, dites avec nous que vous refusez la loi des trois ans, car personne ne veut la guerre, on ne veut pas se battre pour rien).

Brug, journal libertaire, prend pourtant le contrepied des socialistes bretons sur la question de la langue 

Ar re ruz o deus en em gemeret fall : disprizet o deus yezh o bro ha n’int ket komprenet gant ar bobl. Degasomp hor bro d’ar gwir republik a vo sikourapl d’an holl dud ha pas hebken d’un nebeut aotrouned hag a ra o aferioù a-raok re ar vro.

(Les rouges s’y sont mal pris : ils ont méprisé la langue de leur pays, ils ne sont pas compris par le peuple. Retrouvons la vraie République, celle qui doit aider tout le monde et pas seulement quelques messieurs qui font passer leurs affaires avant celles du pays).

Défenseur des paysans, Brug les incitent à se défendre en créant des syndicats :

Ar vistri a ziskennfe priz o douar a-walc’h ma vefe sindikadoù peizanted kourajus. Dle eo dezhe kemer ar vro-mañ evel o hini, bevañ, en em blijañ enni, labourat, kañviñ, festiñ… prest da gombat evit o buhez o boued hag o liberte

(Les propriétaires baisseraient leurs prix s’il y avait des syndicats de paysans courageux. Il faudrait qu’ils prennent leur pays en main, pour y vivre, travailler, peiner, faire la fête… prêts à combattre pour leur vie, leur subsistance et leur liberté).

Parmi la vingtaine de collaborateurs, Anatole le Braz sut trouver les mots pour fédérer nos Bretons Libertaires :

Sav alese, deus war hon lerc’h, A dreuz an noz, a dreuz an erc’h, da gad an amzerioù da-zont, Du-hont, du-hont

( Lève-toi et suis-nous, A travers la nuit à travers la neige, pour trouver d’autres avenirs, là-bas, là-bas !).

Un dra bennak a zo da cheñch er bed

(Quelque chose est à changer dans ce monde)

rêvaient les compagnons d’Èmile Masson qui virent l’utopie de Brug se fracasser sur les affres de la guerre 14-18.

07/04/2019

http://www.tresor-breton.bzh/

Lire aussi:

« Brug » : une revue libertaire de langue bretonne au début du 20e siècle (Langue Bretonne)

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