17 avril 2019 ~ 1 Commentaire

notre-dame 2 (npa)

Quasimodo

Les conséquences tragiques d’une politique incendiaire

Les choix en matière de culture et de patrimoine sont des choix de société

Nous sommes bien évidemment plus que dubitatifs quant à la volonté et les moyens que va débloquer l’État pour la reconstruction. Sur l’ensemble des travaux des grands monuments nationaux (a fortiori de ceux de moindre postérité), celui-ci a systématiquement choisi les solutions les « moins coûteuses » mais aussi les moins déontologiques et respectueuses des matériaux et constructions originales.

Nous ne pouvons dès lors que nous interroger sur la reconstruction à venir… « Pour Notre-Dame, ce sera pareil. On ne retrouvera jamais la charpente et la flèche en bois. Ce fut pourtant le défi du Second Empire que de reconstruire, en 1860, la flèche qui avait été abattue un peu avant la Révolution parce qu’elle menaçait ruine. Ce fut un véritable tour de force néo-médiéval. Cette fois je suis pessimiste », témoigne  ainsi Jean-Michel Liénaud

Ne pas se tromper de priorités

On ne peut que comprendre les réactions de celles et ceux qui pointent le mépris et le silence des autorités et des grandes entreprises, pourtant tous aujourd’hui au garde-à-vous, lorsqu’en novembre dernier 8 habitantEs trouvaient la mort dans l’effondrement de leur immeuble insalu-bre et des centaines d’autres locataires se retrouvaient évacués sans solutions de relogement, à Marseille.

Le déballage de dons actuel nous prouve que lorsqu’ils y trouvent leurs intérêts (essentiellement symboliques et financiers) les entreprises peuvent trouver l’argent et débloquer des sommes considérables en un rien de temps ! Il en va de même pour le gouvernement, lorsqu’ils décident d’offrir des cadeaux à ces derniers… Dans cette balance, la vie des classes populaires ne compte que si elle correspond à une ligne de crédit d’impôt ! Ces enjeux sont pourtant évidemment incomparables.

Quel intérêt à financer les vieilles pierres ?

Certain s’interrogent souvent sur la pertinence d’investir de telles sommes d’argent dans la culture ou la préservation du patrimoine (avec de moins en moins d’argent public par ailleurs…), comme cela peut-être parfois également le cas pour la recherche scientifique abstraite. Mais ce serait une erreur d’opposer tout enjeu social à de tels investissements. L’argent ne manque pas, pour peu qu’on aille le chercher au bon endroit. Le patrimoine fait partie d’une propriété collecti-ve inestimable. Sa mise en valeur et son accessibilité à toutes et tous est un enjeu de l’épanouissement des individus et de nos sociétés.

Écrire une autre histoire 

Notre-Dame, comme d’autres monuments, fait partie de notre histoire et de notre inconscient collectif. Il est important de refuser de laisser son symbole aux nationalistes de tous poils. A travers le temps, elle a certes symbolisé les rapports de pouvoir entre l’Église catholique et le pouvoir étatique.

Mais elle est également un symbole éblouissant de l’évolution de l’architecture religieuse. Enfin elle est aussi un monument séculier de l’histoire de Paris, et Victor Hugo à travers son œuvre éponyme l’avait ainsi liée à ce que Paris avait de plus vivant, grouillant et populaire. Durant la Révolution Française, puis durant la Commune de Paris, elle fut réinvestie comme lieu de collec-tivité et de réunions politiques, tandis que la Marseillaise et autres chants révolutionnaires résonnaient dans les tuyaux des grandes orgues. Elle est aussi un enjeu de réappropriation culturelle et collective de notre classe sociale.

Cette fois-ci il n’y avait heureusement pas de vies humaines directement en jeu face aux intérêts financiers ;  mais nous y avons malgré tout perdu l’un de nos biens patrimoniaux collectifs les plus précieux… Encore une fois sacrifié par ce gouvernement et ses précédents pour des économies de bouts de chandelles…

Manon Boltansky  Mercredi 17 avril 2019

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Famille Pinault : la provocation de Philippe Poutou sur Notre-Dame (Anti-k)

Notre-Dame : pourquoi la générosité des milliardaires et des multinationales pose question (Bastamag)

Une réponse à “notre-dame 2 (npa)”

  1. Groupama donne 1300 chênes qui ne serviront peut être jamais…. Quelle générosité !
    En tout cas la pub (gratuite?) est belle est bien en marche

    Dernière publication sur Laploubelle : Groupama donne 1300 chênes pour la reconstruction de la Cathédrale Notre-Dame de Paris


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