16 avril 2019 ~ 0 Commentaire

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Italie: les élections européennes du 26 mai

Se dérouleront, en Italie, dans un contexte économique et social très pesant et dans une situation politique complexe.

Le M5S à la dérive ? 

Le M5S (Mouvement 5 étoiles), allié gouvernemental de la Ligue, exprime des aspirations contradictoires, sans avoir d’expérience ou d’enracinement, ni d’idéologie claire et reconnaissable.

Formation inter-classiste, s’affirmant « ni de droite ni de gauche », le M5S a pu s’affirmer dans une situation de rejet aveugle du statu quo politique et social mais, confronté à l’épreuve du gouvernement avec un allié beaucoup plus solide, ces caractéristiques sont devenues un obstacle qui l’a systématiquement affaibli.

Le M5S a dû reculer sur la quasi-totalité de ses revendications les plus importantes sur le plan symbolique (à l’exception du « revenu de citoyenneté »), alors qu’il a accepté toutes les mesures prises contre les travailleurEs et les droits démocratiques. Les sondages actuels lui donnent autour de 20 %, en forte baisse par rapport aux précédentes élections (34 %).

Face à la fermeture de l’espace à droite, presque entièrement occupé par la Ligue, le leader du M5S Luigi Di Maio tente d’occuper un espace à gauche pour contrer ce qui est maintenant son principal concurrent, le PD (le Parti Démocrate, issu de la social-­démocratie).

Et il le fait en critiquant quotidiennement la Ligue d’un point de vue « de gauche ». Il se peut qu’il ne s’agisse que d’accrochages de campagne électorale, mais on ne peut exclure que, lors d’une confrontation avec des armes en principe à blanc, un coup accidentel ne parte, ce qui pourrait mettre la coalition gouvernementale en question après les Européennes.

Au niveau européen, le M5S cherche des alliances avec divers partis (en Croatie, en Finlande, en Pologne, en Grèce…) qui partagent idéologiquement le « ni droite ni gauche » et qui mettent en avant les thèmes de la démocratie directe, de la lutte contre la bureaucratie, du soutien à l’industrie nationale, de la lutte contre la corruption et de la défense de la souveraineté nationale.

Des thèmes qui recoupent partiellement ceux de la droite populiste, bien que ces partis soient parfois issus de la désagrégation de la gauche (et en reprennent encore quelques thèmes). En pratique, le projet européen de ces formations ne s’écarte pas trop de ceux de la droite nationaliste tout court.

Vernis de gauche chez les sociaux-démocrates 

Le PD (Parti Démocrate) , qui semblait être dans une crise vertigineuse, est retourné sur le terrain après l’élection d’un nouveau secrétaire général, Nicola Zingaretti. Ce dernier a l’intention de reconstruire une alliance de centre-gauche capable de rendre le parti à nouveau compétitif.

Il veut dépasser le discours de Renzi et s’ouvrir aux thèmes de l’antiracisme, de l’écologie et du féminisme, afin d’exploiter la sensibilité d’un électorat réceptif aux idées de gauche. La partici-pation du PD aux récentes manifestations de rue témoigne précisément de cette stratégie, et une partie de ceux qui s’opposent au gouvernement pourrait être tentée de jouer cette carte.

Bien entendu, le PD n’a pas du tout tourné par rapport à son orientation précédente. Il a simplement modifié son discours et pas du tout infléchi les principes fondamentaux d’une approche totalement libérale et favorable aux employeurs.

Il essaie, en changeant sa communication et sa symbolique, de tirer le meilleur parti possible de l’opposition existante à ce gouvernement et à ses mesures réactionnaires. Cette tactique pourrait réussir, du moins en partie, en l’absence d’une gauche radicale et alternative dotée d’une influence de masse : une telle gauche semble aujourd’hui avoir touché un creux historique en Italie.

La vision européenne et les alliances du Parti Démocrate s’inscrivent dans le cadre traditionnel du social-libéralisme, essayant de renforcer l’union politique et économique de l’UE capitaliste, afin de mieux faire face à l’impact de la concurrence mondiale, à laquelle les bourgeoisies nationales individuelles ne pourraient pas résister. En ce sens, le PD prend en charge les préoccupations des secteurs les plus dynamiques du capitalisme national sur le plan international.

Faiblesse de l’offre politique à gauche

La seule liste à gauche sera celle menée par le PRC (Parti de la Refondation Communiste) et Sinistra Italiana (la « gauche italienne » issue essentiellement des milieux écologistes et de scissionnistes du PD), avec une prééminence de cette dernière.

Il s’agit objectivement d’une proposition politique faible, qui n’a pas alimenté une dynamique large de participation et d’enthousiasme. Cette liste exprime également une orientation politiquement euroréformiste, et le rôle central qu’y joue Sinistra Italiana (qui n’a jamais coupé son cordon ombilical avec le PD), constitue un élément important et négatif de son ambiguïté politique.

Néanmoins, ce sera la seule liste qui tentera d’exprimer au moins une sensibilité antilibérale lors de ces élections et, en ce sens, sa présence est positive. Pour cette raison, et afin d’éviter une débâcle qui pèserait un peu partout dans la gauche italienne, même anticapitaliste, et pour contrer électoralement la Ligue, le M5S et le PD, il nous semble possible d’inviter à voter pour cette liste.

Sinistra Anticapitalista mènera simultanément sa propre campagne politique indépendante;

Pour défendre une position anticapitaliste et internationaliste,

Contre cette Europe et ses traités,

Pour l’unité des classes travailleuses, nationale et immigrée, dans la lutte pour la défense de leurs conditions de vie et de travail, et

Pour les droits ­démocratiques et sociaux.

Antonello Zecca, membre de Sinistra Anticapitalista  Jeudi 11 Avril 2019

Commentaire :

Pour la droite et l’extrême droite, suivre le lien:

https://npa2009.org/

Italie (Emancipation)

Environ 1 800 000 personnes ont participé aux “primaires” du parti démocrate, lointain descendant du parti communiste italien (qui aura réussi en 20 ans à supprimer les mots “communiste”, “socialiste”, “laïque” et même de gauche”). Après des années de dérive, quand Matteo Renzi achevait la destruction du code du travail, c’est le candidat de la gauche du parti, Nicola Zingaretti, qui l’emporte nettement. Il a fait campagne contre le racisme, alors qu’une manifestation monstre a eu lieu à Milan pour défendre les migrant·e·s.

Zingaretti aura beaucoup de travail. Les élections régionales (Abruzzes, Sardaigne) montrent que la chute du parti démocrate est enrayée, mais qu’il reste très minoritaire. Un très important transfert de voix se fait depuis le “Mouvement Cinq Étoiles” vers son allié, la Ligue. Les électeurs et électrices sont amnésiques. La Ligue, fondée en 1989, s’est construite sur une campagne raciste contre les Italien·ne·s du sud et du centre, jugé·e·s fainéant·e·s et assisté·e·s.

http://www.emancipation.fr

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