16 avril 2019 ~ 0 Commentaire

espagne 14 avril (izquierda revolucionaria)

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La proclamation de la deuxième république et la révolution démocratique bourgeoise

À la fin des années 1930, et après la chute de la dictature de Primo de Rivera, la monarchie d’Alphonse XIII était corrodée par la crise économique, la réaction sociale de larges couches de la petite bourgeoisie, des étudiants et du mouvement ouvrier.

Faute de base sociale, les dirigeants monarchistes ont tenté de gagner du temps en convoquant des élections municipales le 12 avril 1931, dans l’espoir de contenir le mouvement et d’obtenir l’appui des secteurs républicains pour l’instauration d’une monarchie constitutionnelle. Mais il était déjà tard.

En dépit de la fraude et de l’intervention des caciques monarchiques dans les zones rurales, le triomphe des candidatures républicaines-socialistes a été massif dans les grandes villes. La jubilation des masses a éclaté dans les principales capitales et localités du pays, où la République a été proclamée dans les mairies.

Avec une telle corrélation des forces, la bourgeoisie – qui soutenait la monarchie alfonsine et son régime répressif depuis des décennies – ne pouvait empêcher la proclamation de la République, sans parler de l’utilisation de l’armée pour réprimer le mouvement. Les capitalistes considéraient la République comme un mal mineur tout en essayant de gagner du temps.

Les dirigeants socialistes et républicains qui ont pris la direction du mouvement et ont manifesté de grandes hésitations et une méfiance énorme à l’égard des masses révolutionnaires. Lorsque Alphonse XIII prit la voie de l’exil, le gouvernement provisoire – une coalition entre les républi-cains bourgeois et les dirigeants du PSOE – souhaitait ardemment que les événements reviennent sur le terrain du parlementarisme et de la concorde avec la classe dirigeante.

Les dirigeants socialistes étaient pleinement convaincus que leur coalition avec la bourgeoisie républicaine leur permettrait de mener à bien les transformations démocratiques radicales survenues en Angleterre ou en France lors des révolutions bourgeoises des 17è et 18è siècles: créer les bases matérielles d’un capitalisme avancé, réforme agraire, séparation entre l’Église et l’État, faire progresser l’éducation publique, la modernisation de l’armée, la création de lois garantissant la liberté de réunion, d’expression et d’organisation, la résolution du problème national, surtout en Catalogne …

Mais une telle stratégie a ses contreparties: le prolétariat révolutionnaire doit se soumettre à la bourgeoisie républicaine jusqu’à ce que, en théorie, les organisations ouvrières soient suffisamment fortes au sein des institutions politiques et économiques du nouveau régime. Ce n’est qu’alors que l’on pourrait parler de lutte pour le socialisme.

Dans le cas de l’État espagnol, mais aussi en Russie, la bourgeoisie a très vite uni ses intérêts à ceux des anciennes puissances. Elle n’a jamais joué de rôle dans une révolution comme en France ou en Grande-Bretagne. Au contraire, elle avait constamment des accords avec les vieilles classes nobles avec lesquels elle partageait la propriété foncière. La consolidation du régime bourgeois ne signifiait aucun changement fondamental pour la paysannerie. La classe dirigeante espagnole a choisi de préserver les bases d’un capitalisme agraire extensif, propriétaire et expropriateur des masses paysannes.

Les grands industriels, étroitement liés à la grande propriété agraire, ont utilisé le régime monarchique pour tirer parti des bas salaires de la classe ouvrière, des longues heures de travail et de la répression systématique des syndicats, en particulier des anarcho-syndicalistes.

L’industrialisation était faible et inégale, de vastes territoires très en retard par rapport à d’autres, alors que Catalogne et Bizcaye, concentraient la part du lion des industries extractives, sidérur-giques et textiles et, bien entendu, des bataillons du prolétariat. Cette configuration du capitalis-me a également ajouté une forte dépendance à l’égard des capitaux étrangers, notamment anglais et français, qui monopolisaient des secteurs entiers, tels que l’exploitation du cuivre, du plomb, du fer …

En bref, l’aristocratie des affaires et les grands propriétaires terriens, dont beaucoup de nobles, ont fusionné avec les grands banquiers pour former le bloc dominant du pouvoir, les fameuses cent familles qui contrôlaient la vie économique et politique du pays.

L’histoire du capitalisme espagnol a rapidement mis en lumière le caractère profondément contre-révolutionnaire de la bourgeoisie nationale et son renoncement total à mener systématiquement la lutte pour les revendications démocratiques.

Et cette solution impliquait la lutte pour le renversement révolutionnaire de la bourgeoisie en mettant fin à son monopole du pouvoir politique et économique.

Les « réformes » du gouvernement de conjonction républicaine et socialiste

Le retard du capitalisme espagnol se manifeste dans la position prédominante de l’agriculture dans l’économie nationale: elle contribue pour 50% des revenus et constitue les deux tiers des exportations. Environ 60% de la population était concentrée dans les zones rurales et vivait dans des conditions de pauvreté et d’exploitation extrême, de salaires misérables et de difficultés  entre les récoltes. Les deux tiers des terres arables étaient aux mains de grands et moyens propriétaires. Dans la moitié sud, 75% de la population possédait 4,7% du territoire et 2%, 70%.

La classe ouvrière, qui compte plus de trois millions de personnes dans tout le pays, a amplement démontré ses traditions de combat et le pouvoir de ses organisations. Ce n’est pas en vain que les paysans et les ouvriers avaient organisé trois années de lutte révolutionnaire au cours de la période dite bolchevique (1918-1920), avaient renversé la monarchie et avaient créé de grands syndicats de masse, l’UGT et la CNT,  radicalisés par leur militantisme de base.

Face à une classe ouvrière et paysanne puissantes, la bourgeoisie avait de puissants alliés dans le clergé et dans l’armée. En 1931,  il y avait 35 000 prêtres, 36 569 moines et 8 396 religieuses vivant dans 2 919 couvents et 763 monastères. Au total, le nombre de personnes incluses dans la qualification professionnelle de « secte et clergé » en 1930 était de 136 181. Le maintien de cette authentique armée de soutanes a absorbé une part très importante de la plus-value extrai-te à la classe ouvrière et à la paysannerie. L’Église était un véritable pouvoir économique: selon les données du ministère de la Justice de 1931, l’Église possédait 11 921 propriétés rurales, 7 828 en zones urbaines.

L’armée, quant à elle, était composée de 198 généraux, de 16 926 chefs et officiers et de 105 000 soldats. Les officiers, choisis avec soin dans les milieux bourgeois et monarchiques, ont joué un rôle de premier plan dans les événements politiques depuis le 19è siècle et ont constitué le pilier de l’appareil d’État bourgeois qui les a systématiquement employés dans la répression du mouvement révolutionnaire et dans des aventures colonialistes en Afrique du Nord.

http://www.izquierdarevolucionaria.net/

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