25 mars 2019 ~ 0 Commentaire

résolution (npa)

npa 29 vertic

Résolution

Un mouvement des Gilets jaunes toujours bien vivant

1) Quatre mois après le premier week-end de mobilisation, le mouvement des Gilets jaunes continue d’être un fait politique et social majeur. Contrairement à ce que Macron et les siens espéraient lors du lancement du « Grand débat », la contesta-tion n’a pas cessé et, selon les dernières enquêtes d’opinion, les Gilets jaunes continuent d’être soutenus majoritairement dans la population, avec des niveaux de soutien très élevés dans les classes populaires.

Les campagnes de dénigrement et la focalisation politico-médiatique sur les « violences » n’ont pas suffi : les revendications pour plus de démocratie, pour plus de justice sociale et fiscale, pour l’augmentation des salaires et des revenus, etc., recueillent l’adhésion de la majorité de la population, ce qui confirme le caractère minoritaire du pouvoir et de ses politiques.

2) Le « Grand débat » et la propagande gouvernementale auront essentiellement servi à ressouder une partie de la base électorale de Macron et à lui faire gagner des soutiens sur sa droite, comme l’indiquent l’ensemble des enquêtes d’opinion.

Une étude du Cevipof sur les participantEs à 240 débats locaux confirme cette tendance : 55% d’hommes, moyenne d’âge 60 ans, 64% de diplôméEs du supérieur, 75% de propriétaires. Soit une sociologie marquée, à mi-chemin entre les électorats de Macron et de Fillon, et très éloignée des catégories les plus investies dans le mouvement des Gilets jaunes, qui indique que ces dernierEs, s’ils et elles n’ont pas collectivement appelé au boycott des initiatives du « Grand débat », ne s’en sont pas saisis, maintenant le cap d’une mobilisation extra-institutionnelle et d’une défiance à l’égard du pouvoir.

Escalade répressive

3) Les chiffres de la répression, qu’elle soit policière ou judiciaire, sont sans précé-dent : 9 000 arrestations depuis novembre, près de 2 000 condamnations, plus de 1 000 personnes toujours en attente de jugement, 2 200 manifestantEs blesséEs, dont plus de 200 à la tête, 22 éborgnéEs… 

Une violence qui n’a toutefois pas davantage permis d’éteindre la contestation. En effet, et ce bien qu’il ne fasse guère de doute que la politique du tout-répressif, avec en premier lieu les violences policières, a dissuadé – et continue de dissuader – nombre de personnes de participer aux rassemblements et manifestations, ce sont chaque samedi des dizaines de milliers de Gilets jaunes qui continuent de défiler aux quatre coins de la France, avec souvent des confrontations très dures avec les forces de répression, loin d’être le seul fait de militantEs d’extrême gauche.

4) L’escalade répressive du gouvernement n’en demeure pas moins de plus préoccupantes. Après l’inscription, fin 2017, des dispositions de l’état d’urgence dans la législation « normale », la loi dite « anticasseurs », qui vient d’être adoptée par le Parlement, est un pas supplémentaire franchi dans les restrictions des libertés publiques, notamment la liberté de manifester.

La surenchère gouvernementale qui a suivi l’épisode « Champs-Élysées » du 16 mars indique en outre que Macron, Philippe, Castaner et Cie sont prêts à aller encore plus loin. Le soutien absolu affiché aux forces de police et de gendarmerie malgré la médiatisation des violences policières est un autre indice de la dangero-sité de la fuite en avant répressive du pouvoir.

Un pouvoir fragilisé…

5) Ces postures martiales et ces mesures autoritaires s’inscrivent dans la continuité des tendances que nous décrivions au mois de janvier : incapable de reprendre la main et déterminé à ne pas répondre aux revendications essentielles des Gilets jaunes, qui sont contradictoires avec la logique globale de sa politique, le pouvoir a fait le choix de taper toujours plus fort, quitte à perdre une partie de ses soutiens « démocrates » et à miser sur une alliance avec les secteurs les plus réactionnaires de la droite.

Au mépris et à l’arrogance s’ajoute toujours plus de violence, et Macron et les siens sont de plus en plus détestés par de larges fractions des classes populaires, qui sont en outre les premières cibles de leurs politiques antisociales. La mobilisation des Gilets jaunes demeure, quatre mois après le 17 novembre, un point de cristalli-sation des contradictions sociales et politiques de la présidence Macron, et un facteur de déstabilisation majeur.

6) Sous le double impact du mouvement des Gilets jaunes et des répliques de l’affaire Benalla, qui mine le pouvoir depuis l’été dernier, la Macronie demeure en effet dans une situation de crise, qui se traduit non seulement par la recherche permanente d’artifices communicationnels et de fusibles à faire sauter – le dernier en date étant le préfet de police de Paris – mais aussi par des départs en série dans l’entourage direct de Macron :

Ahlem Gharbi et Barbara Frugier, conseillères « international », Sylvain Fort, conseiller en communication, Ismaël Emelien, l’un des proches conseillers de Macron, etc. Malgré quelques ralliements opportunistes à l’occasion des élections européennes, l’Élysée peine à renouveler ses équipes, et même à totalement caporaliser le groupe LREM à l’Assemblée – ce dont témoignent quelques départs individuels ou les 50 abstentions sur la loi dite « anticasseurs ».

mais déterminé

7) Malgré cette érosion de sa légitimité et cette instabilité maintenue, le gouverne-ment n’entend pas toutefois renoncer à ses contre-réformes, même s’il a dû en partie lever le pied aux mois de décembre-janvier et concéder de vrais-faux reculs (sur la CSG et la prime d’activité).

Loi sur l’école, loi Santé, privatisations, assurance chômage, CAP 2022, etc. : le rouleau compresseur est toujours là, et les projets à venir (sur les retraites et la Sécu notamment) annoncent toujours plus de reculs sociaux. Et nul doute que ce n’est pas à propos de ces politiques que la population sera consultée lors d’une éventuel référendum, qui ne portera pas sur des questions qui sont le cœur du projet et de la politique de Macron.

8) Force est de constater que si le gouvernement se sent suffisamment en confiance pour poursuivre sur sa lancée, ce n’est pas seulement en raison de son obstination ultra-libérale. C’est aussi parce que le mouvement des Gilets jaunes, aussi durable, déterminé et populaire soit-il, n’a pas franchi le cap nécessaire pour inquiéter suffisamment le pouvoir et le contraindre à reculer.

Le choix de poursuivre l’épreuve de force résulte d’une mesure des rapports de forces réels et du constat que les Gilets jaunes n’ont pas réussi à entraîner dans la mobilisation de larges secteurs du salariat, et que les organisations du mouvement ouvrier, en premier lieu les organisations syndicales, ont fait, à de rares exceptions près, le choix de maintenir une stratégie de « journées d’action » sans lendemain, qui n’offrent aucune perspective de convergence durable et de construction d’un mouvement d’ensemble contre Macron et ses politiques.

Des luttes trop éparses

9) Les journées de mobilisation du 5 février et du 19 mars, organisées sous la pression des bases syndicales, notamment du côté de la CGT, n’ont pas été des échecs et ont démontré une certaine disponibilité à la lutte – et à la grève. Mais elles n’ont pas pour autant été de réels points d’appui pour étendre suffisamment les convergences et poser les jalons d’un mouvement d’ensemble, même si elles ont permis des rapprochements entre Gilets jaunes et équipes syndicales, qui se sont parfois traduits par des appels communs à manifester et des actions communes.

10) Le climat général est pourtant favorable à la contestation, et plusieurs secteurs, essentiellement dans la fonction publique, s’en saisissent. On pense ici notamment à l’Éducation nationale, avec une multitude de luttes, pour des moyens, contre les effets des réformes Blanquer.

Avec des situations de grèves reconductibles, entre autres en Ile-de-France et en Loire-Atlantique, et aux Finances publiques, avec plusieurs journées de grèves, avec piquets et blocages, un mouvement de longue durée en Haute-Garonne, et de nouvelles dates de mobilisation en perspective.

Dans le secteur de la Santé, les luttes sont également nombreuses, pour les condi-tions de travail, contre les fermetures de services et/ou d’établissements, avec une coordination de plus en plus forte dans le secteur de la psychiatrie. Dans le secteur privé, des luttes existent aussi, notamment contre les suppressions d’emplois et les licenciements mais, à l’instar du cas emblématique de Ford Blanquefort, demeurent isolées, peu coordonnées, et sont rarement victorieuses.

ADOPTE AU CPN DES 23 ET 24 MARS

Commentaire: Le NPA a réuni son CPN (ex-Comité Central), c’est l’instance souveraine entre deux congrès, il est élu à la proportionnelle des « plateformes ». Il désigne en son sein un Bureau (ex-Bureau politique) qui lui peut réagir au quotidien

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