16 mars 2019 ~ 0 Commentaire

survie (internationalism)

meme batreau

Le capitalisme menace la planète et la survie de l’humanité

Depuis plusieurs mois, se sont succédé des manifestations de jeunes dans 270 villes du monde pour protester contre la détérioration du climat et la destruction de l’environnement.

Les jeunes descendent dans la rue pour exprimer leur inquiétude totalement justifiée pour l’avenir de la planète et de l’espèce humaine elle-même. Un avenir de plus en plus compromis par les effets d’un système de production qui détruit l’environnement naturel (tout en détruisant la vie de millions d’êtres humains par l’exploitation, la guerre et la misère qu’il provoque) et qui entraîne des changements des conditions climatiques, atmosphériques et reproductives de la planète aux conséquences toujours plus catastrophiques.

De même, ils expriment leur indignation face au cynisme et à l’hypocrisie des dirigeants qui ont la bouche pleine de déclarations exprimant « leur préoccupation » pour le « problème de l’environnement » et qui organisent d’innombrables forums (Kyoto, Paris, etc.) pour adopter des « mesures » aussi spectaculaires que peu efficaces alors qu’en même temps, au service de leurs desseins impérialistes et économiques, ils ne font qu’aggraver encore la détérioration de la planète.

Le piège du mouvement « pour le climat »

Nous partageons pleinement l’inquiétude et l’indignation de ces dizaines de milliers de jeunes, mais nous devons nous demander si ce mouvement, dans ses objectifs, ses approches et ses méthodes, constitue un véritable combat pour résoudre le problème, ou s’il constitue un piège qui ne peut que les conduire au découragement et à l’amertume d’être utilisés et trompés.

L’histoire des 100 dernières années regorge de ce genre de tromperies répugnantes perpétrées par les gouvernements et les partis qui servent le capitalisme. Dans les années 1930 et 1940, de grandes manifestations « pour la paix » ont été organisées par les gouvernements et les partis « démocratiques », et l’expérience a montré qu’il s’agissait d’une manipulation terrible car avec ces mobilisations « pacifistes » ils préparaient la guerre : la Seconde Guerre mondiale avec ses 60 millions de morts ou les innombrables guerres locales qui continuent à couvrir avec la mort, les ruines et la douleur de nombreux endroits de la planète.

Les manifestations actuelles ont pour axe de « demander aux autorités de faire quelque chose », de faire pression sur elles.

Mais ce sont ces mêmes autorités qui, pour défendre les intérêts capitalistes du profit maximum et l’occupation de positions stratégiques sur le marché mondial, adoptent des mesures qui ne font qu’aggraver la détérioration du climat et de l’environnement. Une telle démarche de « pression » sur les gouvernements pour qu’ils « bougent », c’est comme demander à un renard de prendre soin des poules.

Les dirigeants des États ne sont pas « au service des citoyens » et ne cherchent pas non plus à « écouter leurs demandes ».

L’État n’est pas l’organe du « peuple » mais la machine exclusive et d’exclusion qui défend les intérêts de chaque capital national, de la minorité qui nous exploite et qui est responsable de la dégradation de l’environnement.

Les initiateurs du mouvement dénoncent le fait que « depuis 40 ans, les partis politiques de toutes couleurs perdent la guerre contre le changement climatique ! » Ces partis ne font que promettre et tromper la galerie, alors qu’en pratique, ils prennent des décisions économiques, militaires ou guerrières qui contribuent à la destruction de la planète. Un lycéen genevois de 18 ans a dénoncé cette farce : « Il y a une grande méfiance dans la politique institutionnelle, mais aussi dans les organisations environnementales comme Greenpeace, qui sont perçues comme trop modérées et institutionnalisées. »

Les manifestations se concentrent sur la réalisation de « conversations » avec des ministres, des parlementaires, des groupes de pression et des militants écologistes. Cela ne sert qu’à laver le visage de l’État démocratique et à se perdre dans le labyrinthe des lois et des politiques gouvernementales. Les tentatives de « dialogue » avec les porte-parole politiques ne débouchent que sur des promesses grandiloquentes qui ne résolvent rien.

Le mot d’ordre des manifestations se propose de « Sauver le climat, changer le système« , une formule vague qui se traduit par « passer à la pratique » et se perdre dans une série de mesures locales ou régionales qui ne résolvent absolument rien et causent fatigue et déception. Dans différentes écoles, par exemple, des « comités climat » ont été créés pour développer des « projets climat » par école. Sous le slogan « Changez le monde, commencez par vous-même« , l’objectif proposé est de réduire votre propre « empreinte écologique ».

Ce genre d’orientation est particulièrement pervers car elle nous fait sentir COUPABLES DE LA CATASTROPHE CLIMATIQUE, transformant un problème historique et global causé par le capitalisme en un problème « domestique » causé par des individus.  Cette approche de « responsabilisation des individus  » est particulièrement dangereuse. Tout d’abord, parce qu’elle sert à exonérer de toute responsabilité le Capital ainsi que les États et gouvernements qui le servent.

Deuxièmement, parce qu’elle fait de ces milliers de jeunes qui sont aujourd’hui des écoliers ou des étudiants mais qui demain seront des travailleurs ou des chômeurs, des « citoyens » qui « exigent et réclament auprès de leurs gouvernants ». Cela induit une fausse image de la société dans laquelle nous vivons : elle n’est pas formée par des « citoyens libres et égaux » mais par des classes sociales confrontées à des intérêts antagonistes : une minorité, la classe capitaliste, qui possède presque tout et qui est de plus en plus riche, et une immense majorité, le prolétariat, qui ne possède rien et est toujours plus pauvre.

Et, troisièmement, et c’est le plus grave : l’approche individualiste de « faisons chacun quelque chose pour le climat » conduit à la division et à la confrontation au sein de la classe ouvrière elle-même. Lorsque des usines automobiles ou d’autres branches industrielles ou logistiques seront fermées au nom de la « lutte pour le climat », les autorités pointeront du doigt les travailleurs qui résistent aux licenciements en les dénonçant comme complices de la dégradation du climat.

Avec la même approche, mais inversée (« arrêtons de parler du changement climatique et gardons les emplois« ), le démagogue populiste Trump a obtenu de nombreuses voix dans les États industriels sinistrés du Midwest américain (« la ceinture de la rouille ») qui lui ont permis de remporter l’élection présidentielle.

C’est un dilemme dans lequel ils veulent nous piéger : maintenir l’emploi au détriment du climat ou perdre les conditions de vie et l’emploi lui-même afin de « sauver la planète » ? C’est un piège crapuleux avec lequel le capitalisme sauve ses intérêts égoïstes enveloppés dans le drapeau attrayant de « sauver la planète ».

L’alternative est entre les mains du prolétariat mondial

Les problèmes de destruction de la nature, d’épuisement des ressources naturelles, de détérioration et de réchauffement du climat ne peuvent être résolus qu’à l’échelle mondiale. La bourgeoisie ne peut pas et ne veut pas le faire parce que, dans le capitalisme, l’État-nation est la forme la plus élevée d’unité qu’elle peut atteindre. En conséquence, les nations s’affrontent comme des vautours, aussi  » verts  » que soient leurs gouvernements, malgré l’existence de conférences internationales et d’organisations supranationales telles que l’ONU ou l’Union européenne.

Les organisations internationales comme l’ONU n’ont pas pour objectif de « résoudre les problèmes de la population mondiale ». Il n’y a pas de « communauté internationale des nations ». Au contraire, le monde est le théâtre d’une confrontation impérialiste brutale entre tous les États et d’une compétition à mort pour en tirer le meilleur profit. L’ONU ou la multitude d’organisations internationales de « coopération » sont des repaires de brigands utilisés par chaque capital national pour imposer ses propres intérêts.

Quelles forces sociales peuvent réaliser un changement si fondamental ? Contrairement à la bourgeoisie, la classe ouvrière est capable de s’unir au niveau mondial, de surmonter les divisions et les oppositions entre États-nations et n’a aucun privilège à défendre dans la société d’exploitation actuelle.

Le mouvement contre le réchauffement climatique se développe dans un contexte d’absence quasi totale de luttes de la classe ouvrière, qui fait également face à une perte de confiance en soi et même de sa propre identité de classe.

Que pouvons-nous faire ?

Les jeunes qui participent au mouvement doivent comprendre qu’ils ne sont pas de « futurs citoyens » mais, dans leur très grande majorité, de futurs précaires, de futurs chômeurs, de futurs exploités, qui devront unir à leur lutte contre l’exploitation capitaliste la lutte contre la guerre, la catastrophe environnementale, la barbarie morale, etc. que ce système d’exploitation transpire par tous ses pores.

C’est ce que le mouvement contre le Contrat Première Embauche en France en 2006 ou le mouvement des Indignés en Espagne et dans d’autres pays a commencé à faire, bien que très timidement, en 2011. C’étaient des mouvements de jeunes qui entrevoyaient que leur avenir n’est pas celui de « citoyens libres et égaux » mais celui d’exploités qui doivent lutter contre l’exploitation pour finalement l’abolir.

Dans le capitalisme, il n’y a pas de solution : ni à la destruction de la planète, ni aux guerres, ni au chômage, ni à la précarité. Seule la lutte du prolétariat mondial avec tous les opprimés et exploités du monde peut ouvrir la voie à une alternative.

 15 mars, 2019

https://fr.internationalism.org/

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