31 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

juan branco (le télégramme)

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Présidence Macron.

« Une dérive autoritaire » selon Juan Branco

Juan Branco, avocat normalien et ancien candidat de La France Insoumise aux législatives en Île-de-France, sera ce jeudi soir au Run ar Puñs, pour parler de ses deux derniers ouvrages.Il était le candidat de La France Insoumise en Seine-Saint-Denis, lors des élections législatives de 2017. Normalien, docteur en droit, Juan Branco sera au Run ar Puñs, ce jeudi soir, afin de présenter son livre au titre sans équivoque, « Contre Macron ». Il y livre une analyse sans concession de la présidence en cours, dans laquelle il perçoit une nette dérive autoritaire, illustrée par les affrontements entre autorités et gilets jaunes.
Dans votre livre « Contre Macron », vous parlez énormément de l’affaire Benalla. En quoi est-elle, selon vous, révélatrice de l’exercice du pouvoir par Emmanuel Macron ?
« Je pense qu’Alexandre Benalla n’est pas une anomalie du système Macron mais, au contraire, qu’il est celui qui a le mieux compris la dérive autoritaire à laquelle on assiste. Je considère qu’il a été recruté pour mettre en place une garde parallèle, constituée d’agents n’ayant pas à obéir à une hiérarchie policière et ayant à charge, entre autres missions, de provoquer des incidents dans des manifestations. Symboliquement, Benalla pense détenir une forme de toute-puissance alors qu’il est arrivé à son poste par effraction, tout comme Emmanuel Macron d’ailleurs, qui a lui-même employé le terme d’effraction pour qualifier la façon par laquelle il est arrivé au pouvoir ».

Très rapidement dans le livre, vous faites une analogie entre Macron et Mussolini. Ne pensez-vous pas que ces comparaisons pour le moins exces-sives contribuent à dissuader une grande partie des lecteurs de poursuivre l’ouvrage ?

« Au contraire, ce livre a été rédigé en grande partie en juillet 2017 et il a une valeur prédictive par rapport à ce qui se passe aujourd’hui. Soit on ouvre les yeux sur ce qui se passe, soit on les garde fermés. Il y a eu plus de 2 000 blessés depuis le début du mouvement des gilets jaunes, il y a une stratégie délibérée du pouvoir de court-circuiter le fonctionnement démocratique. Le fascisme, ce n’est pas uniquement le nazisme, la Shoah ou les chambres à gaz, qui en sont un avatar. Sous le régime mussolinien, c’était quelque chose de pervers, qui s’insérait au sein du quotidien ».

Vous critiquez les violences du côté des forces de l’ordre mais pas les appels au soulèvement de la part de certains leaders des gilets jaunes ?
« Je pense que s’il y a un sentiment révolutionnaire, il faut l’accompagner, tant que la parole ne prend pas à s’en prendre à quelqu’un en particulier physiquement. Un soulèvement peut être pacifique, on l’a vu lors des printemps arabes. Il y a un vrai désir d’être représenté aujourd’hui et sanctionner des paroles serait extrêmement dangereux. Nous avons créé des institutions pour éviter de s’en prendre les uns aux autres. C’est à Macron d’entendre et de comprendre d’où ça vient. Il devrait régler la situation institutionnellement, avec une dissolution de l’Assemblée par exemple, mais il n’a pas cette intelligence, il est trop narcissique pour cela. C’est en cela que je considère qu’il est trop autoritaire. En ne réagissant pas, il fait le lit du Front National ».

Jusqu’au sein du mouvement des gilets jaunes, où les Insoumis côtoient des membres du Front national voire de groupes bien plus radicaux…
« C’est vrai que des groupuscules d’ultra-droite émergent et c’est aussi la responsabilité d’une certaine gauche, qui a vu dans le mouvement des gilets jaunes quelque chose de sale, parce que ça venait du peuple sombre. C’est le résultat d’années passées à se préoccuper seulement des minorités. Il y a eu un temps de mépris par rapport aux populations, on a fini par oublier que le fondement de tout progrès, c’est l’égalité. À force d’avoir peur, on a laissé la place à l’extrême-droite et, oui, dans certains cortèges, on a senti, parfois, une ambiance malsaine qui ne représente pas ce que sont les gilets jaunes ».

Vous-même, vous avez récemment donné une interview à un site d’extrême droite, « L’incorrect ». N’avez-vous pas la sensation de la banaliser et d’ali-menter les rapprochements avec la gauche radicale, en faisant cela ?
« La banalisation de l’extrême droite est actée, on le voit dans le fonctionnement médiatique. J’y suis allé pour leur dire que leur pensée est malsaine selon moi, et je me fiche de la réaction d’écume qu’il y a eu derrière. Ma démarche n’était pas du tout la même que celle d’Alexis Corbière ou de Thomas Guénolé donnant une interview à Valeurs actuelles pour dire en quoi La France Insoumise est aussi un mouvement populiste ».

Vous étiez candidat pour La France Insoumise aux législatives 2017. Allez-vous vous engager dans la campagne des élections européennes ?
« Non et, au contraire, je pense qu’il faut une abstention massive. C’est la seule solution pour qu’on puisse forcer les décisionnaires à réinterroger le fonctionnement démocratique. Je me suis moi-même présenté afin de tester le système, ça n’avait aucun sens. J’ai perdu au premier tour, je n’ai pas éprouvé la moindre peine, j’étais juste désemparé de voir l’abstention dans certains quartiers de Seine-Saint-Denis. Aujourd’hui, ils n’attendent rien des politiques, uniquement de retisser du lien social ».

Pratique:

Juan Branco sera au Run ar Puñs, ce jeudi soir, à partir de 20 h, à l’invitation de l’assemblée citoyenne de Châteaulin. Il y présentera son livre, « Contre Macron » (éditions Divergences), ainsi que son essai « Crépuscule », disponible gratuitement sur Internet faute d’avoir trouvé un éditeur. Gratuit.
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31 janvier 2019  Dimitri L’Hours
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