06 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

lycées brest (le télégramme)

supergirl

Lycéens. « C’est notre avenir qui est en jeu »

 « Il faut créer des universités et des postes.
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Pourquoi ce mouvement maintenant ? On a l’impression que ça tombe comme un cheveu sur la soupe…
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« Il s’agit d’un appel national lancé jeudi par l’Union nationale lycéenne (UNL). J’ai vu le message passer sur les réseaux sociaux et j’ai décidé de le relayer au niveau local. J’ai créé un groupe, à Lesven uniquement dans un premier temps, et ça a pris de l’ampleur. Au départ, vendredi, on était trois à bloquer. Les autres ne semblaient pas très motivés. On a essayé d’empêcher un prof d’entrer. Il a voulu forcer. J’ai tenu. Les autres élèves sont alors arrivés, on était 30, puis 100, puis 500 en fin de journée. Je ne pensais pas qu’on serait autant ».
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Vous vous êtes improvisé leader ?
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« Pas leader, il n’y a pas de chef. Plutôt porte-parole. Vu que je fais partie du conseil de vie lycéenne, de la Maison des lycéens, du conseil d’administration aussi, je me suis senti investi »
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.Vos parents vous soutiennent-ils dans cette action ?
« Oui. Comme ils soutiennent les gilets jaunes, même s’ils n’ont pas manifesté. Ils comprennent que si c’est difficile pour eux en ce moment, on puisse, nous lycéens, s’inquiéter pour demain. Bien sûr, ils sont dans leur rôle de parents et m’ont mis en garde, m’ont demandé d’être prudent. Mais ils comprennent mes convictions »..

Quelles sont vos revendications exactement ?

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« Avant tout, on soutient les gilets jaunes. On se dit que les taxes, tout ça, c’est nous qui paie-rons plus tard. C’est donc maintenant qu’il faut défendre notre avenir. On dénonce aussi la réforme du bac qui va engendrer des suppressions de postes d’enseignants. Ça veut dire qu’on va se retrouver à plus de 40 par classe, ce n’est pas pensable. Sans parler de Parcoursup qui laisse des gens sur le carreau ».

Et que suggérez-vous ?

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« Il faut créer des universités et des postes. Il faut embaucher dans les filières prisées plutôt que de sélectionner et réorienter des gens vers des études qui ne les intéressent pas. Au lieu de tout mettre en œuvre pour qu’on ait de bonnes conditions de travail, le gouvernement veut nous imposer le Service national universel qui va coûter une fortune. Ils se trompent de priorités ».

Que pensez-vous ce qui s’est passé à Paris ce week-end ?

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« Je suis pacifiste et je déplore les débordements qu’il y a eu. Ils ont été un peu loin en s’attaquant à l’Arc de Triomphe… Mais quand on n’est pas écouté, je comprends aussi qu’on essaye de se faire entendre comme on peut ».

Vendredi, certains ne semblaient pas savoir pourquoi ils manifestaient… Ce lundi, c’est parti un peu dans tous les sens… Vous n’avez pas le sentiment d’avoir été débordé ?

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« À la base, ce n’est pas du tout ça qui était prévu. L’appel de l’UNL, c’était de bloquer les établissements. À Lesven, le principal a refusé catégoriquement que nous manifestions dans l’enceinte et nous a demandé de partir. J’ai été convoqué dans son bureau. Quand je suis ressorti, j’ai expliqué ce qu’il m’avait dit et on a voté. Les lycéens se sont retrouvés dehors. On a été rejoint par des gilets jaunes qui ont commencé à donner des ordres et tout est parti sans que rien ne soit vraiment préparé. Vendredi, je pense qu’on a réussi à se faire entendre. Ce lundi, on a été un peu dépassé par les événements. Ce n’est pas comme ça qu’on voyait les choses ».

Est-ce que le mouvement va se poursuivre ?

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« Franchement, je ne sais pas. L’UNL appelle à maintenir la pression toute la semaine. Ici, certains ont envie de continuer, d’autres pas. Ça me semble compliqué dans ces conditions, je suis un peu déçu de la tournure qu’ont pris les choses et je pense qu’il faut faire une pause. Quitte à se remobiliser dans quelques semaines. Personnellement, en plus, j’habite à Lannilis. Et vu la pénurie de carburant, je ne suis même pas sûr de pouvoir venir au lycée les prochains jours ».

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Il faut embaucher dans les filières prisées plutôt que de sélectionner et réorienter des gens vers des études qui ne les intéressent pas », soutien Maxime, 16 ans. Ils étaient 500 dans les rues vendredi dernier. Un peu moins ce lundi 3 décembre. Mais du boulevard Montaigne à la place de Strasbourg, ils ne sont pas passés inaperçus. À l’origine de ce mouvement lycéen à Brest : Maxime. À 16 ans, cet élève de 1re ES à Jules-Lesven, qui se destine à devenir avocat, explique « se battre contre les injustices ». Mais reconnaît aussi avoir été « un peu débordé par les événements »…

03 décembre 2018  Sarah Morio

 https://www.letelegramme.fr/

Lire aussi:

Réforme du bac: des actions dans des lycées d’Ille-et-Vilaine (FR3) 

Des lycéens s’opposent à la réforme de leur scolarité en Bretagne aussi (FR3)

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