08 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

moules (libération)

coquilles

Les moules, une bonne pêche pour l’environnement et le climat

Des chercheurs français de l’Inra et de l’Ifremer exposent, dans une étude, les effets bénéfiques de l’élevage de moules de bouchot sur la réduction de la pollution et la lutte contre le changement climatique.

Les mytilis edulis, ces mollusques bivalves à la chair orangée (aussi appelées moules communes) seraient-elles un nouvel outil pour limiter la pollution et réduire le réchauffement climatique ? C’est du moins la conclusion d’une étude réalisée par Joël Aubin, Caroline Fontaine, Myriam Callier et Emmanuelle Roque d’Orbcastel.

Ces chercheurs français des laboratoires de l’Inra et de l’Ifremer ont décidé de faire une rare évaluation de l’impact de la production de moules de bouchot, un produit pourtant largement consommé en France.

Ils se sont alors penchés sur les conditions d’élevage des mytilis edulis de la baie du Mont-Saint-Michel.

Entre la Bretagne et la Normandie, 10 000 tonnes de ce coquillage (soit un huitième de la production française) y sont prélevées tous les ans. «De la récolte des jeunes mollusques au conditionnement des coquillages pour l’expédition et la vente, de l’implantation des pieux de bois ou bouchots, au devenir des coquilles vides, les scientifiques ont analysé les différents facteurs de la production des moules», précise un communiqué de l’Inra.

En se constituant, la coquille des moules capte du carbone émis dans l’atmosphère par les activités humaines.

Ce carbone est issu du dioxyde de carbone (CO2), le principal gaz responsable du réchauf-fement du climat. De plus, pour survivre, ces coquillages doivent absorber des éléments nu-tritifs, comme du phosphore et de l’azote.

Or ces composants sont relâchés dans les mers en grande quantité par les exploitations agricoles et participent à l’eutrophisation des eaux marines. Cette forme de pollution provoque une forte réduction du niveau d’oxygène dans l’eau. A terme, le phénomène forme des «zones mortes» où les espèces n’arrivent plus à survivre, des aires en constante expansion à travers le monde.

Accrochées sur des pieux de bois (qui stockent aussi du carbone), les moules seraient ainsi beaucoup moins dommageables pour l’environnement que d’autres exploitations animales.  Estimé à 296 kg de CO2 par tonne de protéines consommables, leur bilan carbone est négligeable.

moules-de-bouchot

Infographie Inra, Véronique Gavala

Les chercheurs précisent tout de même que les conditions d’élevage peuvent aggraver ces impacts. Pour garantir la pérennité de ces bienfaits, les coquilles des moules ne doivent pas être détruites et les bateaux limiter leur consommation de carburant.

Aude Massiot 7 novembre 2018

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