05 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

uniforme (le huffington post)

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L’uniforme pour les écoliers, le fantasme « d’une école qui n’a jamais existé »

À Provins, en Seine-et-Marne, les élèves des écoles élémentaires pourront venir en classe vêtus d’un uniforme.

  »C’est une blague historique. » Le débat autour du port de l’uniforme à l’école revient encore dans l’actualité à travers la décision d’un maire Les Républicains de Seine-et-Marne. Au retour des vacances de la Toussaint, ce lundi 5 novembre, les élèves des écoles élémentaires de la ville de Provins pourront en effet venir en classe vêtus d’un uniforme. Une décision qui divise les parents et navre les spécialistes de l’éducation.

Pour 137 euros, chaque enfant disposera d’un pantalon coupe droite, d’un gilet bleu ciel, de polos brodés de la devise républicaine et d’un blouson style aviateur. Un trousseau fourni gratuitement aux familles les plus modestes. Non obligatoire, la nouvelle tenue « sera portée par près de la moitié des élèves », assure le maire de cette sous-préfecture de Seine-et-Marne, Olivier Lavenka, à l’origine de la mesure. « C’est une expérimentation, nous ferons le bilan dans quelques années ».

Pas besoin de plus de temps pour les spécialistes qui jugent la mesure au mieux « démagogique », au pire « réactionnaire. »

D’autant que le débat sur la tenue unique déboule dans l’actualité à intervalle régulier. Depuis 2013, trois propositions de loi ont été déposées en ce sens. Pendant la campagne de 2017, deux candidats à l’élection présidentielle, François Fillon et Marine Le Pen, proposaient eux aussi le « retour à l’uniforme ». Mais pour l’historien de l’éducation Claude Lelièvre, faire penser que l’uniforme était jadis obligatoire dans le primaire et le secondaire est « parfaitement faux. »

Une blouse, pas d’uniforme

« C’est une blague historique à laquelle beaucoup de personnes croient », déplore-t-il auprès du HuffPost avant de poursuivre: « Manifestement, un tas de gens ont une mémoire faussée sur ce sujet. C’est étonnant. »

Malgré ce qu’induit le mythe du « retour » de l’uniforme à l’école, celui ci n’a jamais été obligatoi-re au primaire et était très majoritairement réservé aux écoles huppées dans le secondaire. À l’école, « on portait la blouse, et elles étaient pour la plupart différentes les unes des autres », indique Claude Lelièvre, en précisant qu’elles avaient uniquement une dimension pratique et n’étaient pas portée par tous les élèves.

Sa seule utilité était en effet de protéger les habits,de plus grande valeur à l’époque qu’aujourd’hui, des taches d’encre. Elle a d’ailleurs disparu à la fin des années 60 avec l’apparition du stylo bic.

« Retour » ou non, pour le maire de Provins, le port de l’uniforme dans les écoles de sa ville revêt plusieurs vertus. « Plus pratique le matin pour habiller les enfants », « sentiment d’appar-tenance à la communauté éducative renforcée »: pour l’édile, l’uniforme participe à « un meilleur climat scolaire ». Et il est majoritairement suivi par ses administrés. La mairie avait en effet orga-nisé une consultation en juin dernier. 62% des parents s’étaient prononcés en faveur du port de l’uniforme, approuvant ainsi une mesure qui aurait l’avantage de gommer les « différences sociales » entre les élèves selon ses fervents partisans.

« L’uniforme n’a jamais été un vecteur d’égalité »

Une illusion pour Jean-Yves Rochex, professeur de sciences de l’éducation à l’université     Paris 8  : « C’est de la poudre aux yeux », s’agace-t-il auprès de l’AFP. « On peut mettre tous les uniformes que l’on veut ça ne réglera pas les inégalités dans le milieu scolaire ».

Le chercheur y voit une « mesure démagogique » proposée par certains politiques pour nourrir « une nostalgie réactionnaire d’une école qui n’a jamais existé ». Face à la crise que traverse l’institution scolaire, « le mythe de l’école primaire d’antan » s’est développé, estime-t-il. « Pourtant dans les années 50, l’école était bien plus inégalitaire qu’aujourd’hui ».

Même son de cloche du côté de Claude Lelièvre. L’historien de l’éducation rappelle que dans le secondaire l’uniforme était « très majoritairement » réservé aux écoles huppées et servait « le patriotisme d’établissement » et le sentiment d’appartenance à une élite. « L’uniforme n’a jamais été un vecteur d’égalité », tranche-t-il.Au contraire, il exacerbait la fierté d’appartenir à tel ou tel établissement.

« C’était un trip à l’anglo-saxonne qui servait à manifester le sentiment de se distinguer des autres écoles », explique le spécialiste au HuffPost. Seulement en Grande-Bretagne, la tradition s’étale sur plus de 400 ans… et trouve même écho dans la culture et les mythes nationaux. Harry Potter et son uniforme brodé aux couleurs de Poudlard en est le parfait exemple.

05/11/2018

https://www.huffingtonpost.fr/

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