19 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

retraités (jdd)

ennmie public

Retraités et gouvernement

Voici 5 chiffres qui racontent le désamour

Les retraités manifestaient jeudi pour dénoncer une perte de leur pouvoir d’achat, alors qu’Emmanuel Macron cherche toujours à renouer avec cette catégorie de son électorat.

Voici 5 chiffres qui résument la situation.

« Il faut arrêter d’emmerder les retraités », lançait Emmanuel Macron à ses collaborateurs le 17 septembre dernier au sujet des droits de succession. Jeudi, neuf associations et syndicats de retraités (CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, FGR, LSR et UNRPA) ont appelé à manifester pour prendre le Président au mot.

15.000 personnes étaient notamment réunies à Paris, selon les organisateurs.

Leur cible : les choix budgétaires du gouvernement – hausse de la CSG et quasi-gel des pensions – qui se traduisent par une perte de pouvoir d’achat. Ils espéraient réitérer l’affluence du 15 mars dernier, lorsque 200.000 retraités, selon les organisateurs, avaient défilé.

Voici cinq chiffres pour comprendre pourquoi les retraités sont en colère… et comment le gouvernement tente de les apaiser.

1 Hausse de la CSG : 1,7 point 

La mesure est entrée en vigueur en janvier 2018 : une augmentation de 1,7 point de la CSG (Contribution sociale généralisée). Pour les salariés du privé, cette hausse a été contreba-lancée par la baisse des cotisations salariales. Mais pour les retraités, aucune compensation. Dans le détail, cela concerne environ 60% des 16 millions de retraités français. Soit les céliba-taires qui gagnent moins de 14.404 euros par an, et les couples qui perçoivent moins de 22.096 euros par an.

Quel impact pour le porte-monnaie des retraités? Prenons le cas d’un « retraité moyen ». Selon la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), la pension moyenne s’établissait à 1.376 euros brut en 2015. Pour un retraité célibataire qui perçoit 1.300 euros par mois, la hausse de la CSG se traduit par une perte de pouvoir d’achat de 22 euros par mois environ, soit quelque 265 euros par an.

2 Montant raboté sur les pensions : 2,8 milliards d’euros

Les retraités ont dû avaler une autre couleuvre en août dernier. Dans une interview au JDD, le Premier ministre Edouard Philippe annonçait une augmentation de 0,3% des retraites de base en 2019 et 2020. Et ce, alors que l’inflation est attendue autour d’1,7% l’année prochaine par la Banque de France.

Pour le budget de la Sécurité sociale, cette décision représente 2,8 milliards d’euros d’éco-nomies… mais les retraités le paieront par « un recul manifeste de leur pouvoir d’achat », déplo-re Michel Salingue, de la FGR (Retraités Fonction Publique). Une annonce surprise, qui ne figurait pas dans le programme du candidat Macron contrairement à la hausse de la CSG.

Reprenons le cas du retraité moyen et de ses 1.300 euros mensuels. Pour lui, cette faible revalorisation comparée à un taux d’inflation d’1,7% se traduit par une perte d’1,4 point de pouvoir d’achat. Soit 18 euros par mois environ (216 euros par an). Les retraités grognent d’autant plus que, ces dernières années, les pensions n’avaient quasiment pas augmenté. La dernière revalorisation remonte au 1er octobre 2017, avec une hausse de 0,8%.

3 Nombre de foyers fiscaux bientôt exonérés de la hausse de la CSG : 300.000

Pour éviter la rupture avec les seniors, le Premier ministre Edouard Philippe a promis un cor-rectif pour les plus modestes. Traduction : les ménages qui se trouvent juste au-dessus du seuil retenu retrouveront dès 2019 leur taux de CSG initial. Près de 300.000 foyers vont en profiter, a annoncé Edouard Philippe le 20 septembre dernier, et non 100.000 comme initiale-ment prévu. « Il faudra être passé pendant deux ans en continu au-dessus du seuil arrêté l’année passée pour être frappé par cette augmentation de la CSG », a précisé le Premier ministre, ajoutant, « c’est un effort de 350 millions d’euros ».

Dernièrement, un groupe de députés En Marche a aussi tenté d’atténuer les effets de la hausse de la CSG sur la bourse des retraités. Mardi, un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale a été adopté en commission par une vingtaine d’élus LREM, contre l’avis de leur parti et du rapporteur général, Olivier Véran. L’idée serait de moduler l’augmentation de la CSG selon les revenus. En clair, les retraités les plus modestes paieraient moins tandis que les seniors les plus aisés se verraient appliquer un taux de CSG plus important. Pour être définitivement accepté, cet amendement doit être voté une deuxième fois en hémicycle.

4 Hausse du minimum vieillesse sur deux ans : 100 euros

C’était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron, et elle devrait être entérinée avec le prochain budget de la Sécurité sociale pour 2019 : augmenter l’Allocation de solidarité pour les personnes âgées de 100 euros par mois durant son mandat. En avril dernier, le minimum vieillesse s’est déjà accru de 30 euros par mois. Avec le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, une hausse de 35 euros est programmée pour janvier 2019.

Une augmentation similaire suivra en janvier 2020 pour porter au total le minimum vieillesse à 903 euros par mois pour une personne seule. Une autre manière pour le Président de montrer qu’il n’oublie pas les seniors les plus vulnérables. Quelque 555.000 personnes de plus de 65 ans en bénéficient, selon les derniers chiffres de la Drees.

5 Pourcentage de mécontents d’Emmanuel Macron parmi les retraités : 71%

En atténuant la hausse de la CSG pour soulager les plus modestes, Emmanuel Macron espérait regagner la faveur des retraités. Mais, à en croire le dernier baromètre Ifop pour le JDD, la pilule ne passe pas. En septembre dernier, 71% des retraités sondés se disaient mécontents du Président, qui engrangeait seulement 28% satisfaits. Un chiffre à comparer aux 67% de retraités qui s’estimaient contents d’Emmanuel Macron après son élection en mai 2017.

Pour Emmanuel Macron, et dans l’optique des élections européennes, le désaveu des retraités est lourd de conséquences. Parce que ces derniers représentent un tiers du corps électoral et sont ceux qui se déplacent le plus pour voter. Et parce que c’est au sein de cette catégorie que le chef d’Etat avait réalisé son meilleur score au second tour de la présidentielle (78%).

18 octobre 2018

https://www.lejdd.fr/

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez-vous poster un commentaire.

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin