21 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

shéhérazade (npa)

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Le film Shéhérazade (en salle depuis le 5 septembre) a reçu le Valois de Diamant, la plus haute récompense, la «palme d’or» angoumoisine.

Si l’été 2018 a été catastrophique du point de vue de la fréquentation des salles pour le cinéma français, la onzième édition du Festival du film francophone d’Angoulême a rencontré fin août un grand succès public avec plus de 40 000 entrées.

Surtout, on y a vu des films avec un fort sens social ou politique tels le Poulain de l’auteur de BD Mathieu Sapin (sortie prévue le 19 septembre) ou Tout ce qu’il me reste de la révolution, de Judith Davis (sortie prévue en janvier 2019).

Une œuvre forte et généreuse

Certains ont pu dire ou écrire : « Encore un film sur Marseille, sa jeunesse paumée et délin-quante, ses quartiers difficiles, ses trafics, sa violence ». C’est vrai qu’il y a tout ça dans ce film, où les acteurEs ne sont pas des professionnelEs, mais des jeunes issus des quartiers et ayant connu les problèmes abordés par le scénario (délinquance, foyer, prison, prostitution). Ils s’expriment dans un langage métissé d’argot français et arabe, où le Coran est évoqué comme un mot de passe vidé de son sens et répété sans cesse.

Pourtant il ne s’agit pas d’un documentaire mais d’un grand film, sensible, sur le respect des femmes et sur l’amour en milieu hostile.

L’histoire nous plonge en effet dans un milieu machiste où une « prostituée » ne peut être qu’un objet de domination et de mépris, avec qui tout est permis, même le viol. Mais pas le respect et l’amour.

Zac, 17 ans, sort de prison et rencontre Shéhérazade, 16 ans. Elle se prostitue et partage une chambre avec un transsexuel. Le couple Zac-Shéhérazade se forme à l’aveuglette. Elle se refuse d’abord à lui, et lui vole même sa barrette de shit. Il la retrouve. Les deux adolescents s’expliquent et, peu à peu, se forme un couple. Elle se vend, il surveille ses clients, encaisse l’argent. L’amour gagne du terrain et fait son œuvre.

Ils redécouvrent ensemble l’espoir, leur jeunesse volée. La situation devient insupportable et leur entourage mafieux veut casser le couple. Pour s’en sortir et espérer voir la lumière, Zac va devoir briser les codes. Ceux de la « famille », de la mère adorée comme ceux du milieu. Dès lors, avec la montée des périls, commence un polar violent et réaliste où chacun va devoir choisir son camp. À ce titre, la scène du tribunal ne laisse en rien prévoir l’attitude finale des protagonistes et du prix à payer.

Jean-Bernard Marlin, le réalisateur, a construit une œuvre forte et généreuse, qui parvient à nous faire rêver et à nous amener loin de la misère, pourtant le sujet du film. Un petit exploit cinématographique !

Sylvain Chardon

https://npa2009.org/

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