21 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

camaret snsm (ouest france)

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Camaret-sur-Mer. Le pilote de la SNSM sauve aussi des migrants

Malo Castillon, pilote camarétois de la SNSM, s’est engagé sur le « Sea Watch 3″, pour des missions de sauvetage de migrants, en mer Méditerranée.

Ce pilote et sauveteur à Camaret-sur-Mer (Finistère) est désormais chef-mécanicien sur le « Sea Watch 3″, un bateau qui porte secours aux migrants, en mer Méditerranée. « Il m’est insupportable de savoir que des gens périssent en mer. » Malo Castillon profite, aujourd’hui, d’une période de repos bien méritée.

« Les missions durent trois semaines, plus une de formation, et j’en enchaîne deux à chaque fois », précise-t-il. Chef de base du club de plongée Léo-Lagrange, à Camaret-sur-Mer (Finistère), pendant cinq ans, et désormais pilote sur un canot de la Société nationale de sauvetage en mer, il a éprouvé le besoin de voir autre chose, en fin d’année 2017. « Ma meilleure amie, Claire, travaille sur le Sea Watch 3 tous les étés, elle m’avait raconté comment cela se passait », se rappelle Malo. Ce bateau de 50 mètres appartient à l’ONG allemande Sea Watch, qui effectue des sauvetages en mer Méditerranée.

Avoir le cœur bien accroché

« J’ai été pris en novembre dernier comme mécanicien, car j’avais déjà des bases, du fait de ma formation de scaphandrier, pour une mission de trois semaines », raconte le Camarétois. Après quatre jours, pour l’approvisionnement, les 22 membres de l’équipage participent à une forma-tion.

Ce qui a frappé Malo, c’est l’organisation.

« Tout est professionnel, les missions sont très cadrées », explique-t-il. Et de tiquer : « Nous ne sommes pas une bande de hippies qui voguent en rêvant à un monde meilleur. » Parmi les compétences acquises pendant la formation, la capacité à naviguer et contrôler le bateau depuis la salle des machines « en cas d’attaque de passeurs ou de garde-côtes libyens ». Les journées sont rythmées par les patrouilles et l’entretien des moteurs. Mais quand un bateau de fortune pointe à l’horizon, tout le monde est sur le pont.

« Ce sont parfois des embarcations avec 700 personnes à bord »…

…explique Malo, les yeux grand ouverts. Peu de Libyens, beaucoup de Soudanais ou de Maliens et une fois un Tibétain. Pendant le sauvetage, le rythme s’accélère et chacun fait son possible pour aider. Les francophones traduisent pour les médecins. On distribue de la nourri-ture, de l’eau et des couvertures. Il faut soutenir physiquement ces femmes, ces hommes, ces enfants, car ils sont souvent trop faibles pour tenir debout, et « incroyablement légers ».

Humainement, le Sea Watch 3 est le théâtre de scènes difficiles, souvent, mais belles, aussi. Quand l’équipage a du mal à se déplacer, à cause du trop grand nombre de personnes, ce sont les aidés qui viennent au secours des aidants. Malo raconte, visiblement ému : « Plusieurs fois ce sont eux qui nous tiennent pour ne pas qu’on écrase une main, une jambe, pour que nous ne tombions pas, en fait. « Mais le marin est catégorique, il faut savoir rester fort et être prêt à encaisser pour travailler sur une mission. « Ces gens n’ont pas vu de gestes amicaux depuis des mois, tous ont été torturés, les femmes ont été violées… »

Le Sea Watch 3 bloqué à Malte

« Les grands moments de victoire, ce sont quand nous arrivons à faire monter tout le monde sur le bateau avant que les garde-côtes libyens n’arrivent », sourit Malo. Les rapports entre officiels et ONG ne sont pas toujours bons en mer. Pendant longtemps, l’Italie a permis que le Sea Watch 3, comme l’Aquarius, fasse débarquer les migrants sur son sol. Mais depuis les dernières élections, les règles ont changé.

« Dans le droit international la loi veut pourtant que le pays le plus proche accueille les réfugiés », renseigne le marin.

Malte avait déjà refusé l’accueil avant l’Italie. Et la France ne semble pas proposer grand-chose de plus. La situation est d’autant plus compliquée que le gouvernement maltais, port d’attache du Sea Watch 3 depuis le 9 juillet, a interdit tout départ du bateau « sans aucune raison ». Il n’y a plus aucun bateau de sauvetage sur la zone depuis fin juin. Et « 600 personnes sont mortes noyées depuis le début du mois de juillet », déplore Malo. Il ne sait pas quand, ni si, le Sea Watch 3 pourra repartir en mer. Malo se demande pourquoi une règle simple et connue n’est pas respectée là-bas : un marin ne laisse jamais quelqu’un à l’eau.

Ludovic SÉRÉ 18/07/2018

https://www.ouest-france.fr/

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