13 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

xose manuel beiras (pùblico)

drap galiz

10 000 euros pour raconter l’histoire récente de Galice

Un producteur de Santiago recourt à un crowfunding pour financer un documentaire sur la figure de la référence historique du nationalisme galicien, Manuel Beiras

Xosé Manuel Beiras (Santiago, 1936) est la grande référence du nationalisme galicien de gauche et sa vie reflète une bonne partie de l’histoire récente de la Galice. Mais jusqu’à présent, personne n’avait songé retracer dans un documentaire sa biographie et sa carrière politique, académique et intellectuelle. La société de production Ollo Vivo, de Brión, de Santiago, a lancé un crowdfunding pour le financer. En un peu plus de deux semaines, ils ont déjà recueilli plus de 6 000 euros sur les 10 000 qui, au moins, sont nécessaires pour le financer.

Fils d’un militant historique du Parti Galicien de Castelao, Beiras a participé très jeune à des cercles anti-franquistes  nationalistes, surtout après son arrivée à l’université. Il est diplômé en droit de l’Université de Santiago, spécialisé en économie et en littérature française à la Sorbon-ne à Paris. Il a également étudié à la London School of Economics and Political Science, peu avant de fonder, en 1963, le Parti Socialiste Galicien. Cette formation s’alliera à la fin des années soixante-dix avec l’Union de Povo Galego UPG (lié à l’UDB Note du Blog) pour configurer, avec d’autres partis, le Bloc Nationaliste Galicien BNG auquel adhéreront les militants de la LCR de Galice dans les années 90 (Note du Blog). « Nous ne voulions pas un documentaire sur Beiras, mais un documentaire avec Beiras », explique Gaspar Broullón

« Notre principale préoccupation était que nous ne voulions pas faire un documentaire sur Beiras, mais un documentaire avec Beiras « , explique Gaspar Broullón, un cinéaste de 35 ans et l’un des trois codirecteurs du film. (…)

Broullón explique que l’idée de faire un documentaire sur le leader nationaliste charismatique est venue de Fernando Rodriguez Peñaño, s’étonnait que, malgré l’importance historique, l’influence politique et intellectuelle et le poids social de Beiras, il n’y avait pas de document complet audiovisuel.

Traducteur de Camus, pianiste virtuose et auteur d’une ample production d’essais en économie, Beiras est devenu en 1985 le premier député autonome du BNG. À ce moment, il occupait la chaire de structure économique de l’Université de Santiago et jouissait d’un énorme prestige académique et politique. Felipe González lui a proposé le ministère de l’Economie de son premier gouvernement, un poste qu’il a refusé.

Avec lui comme porte-parole national, référence intellectuelle et Manuel Fraga (ex ministre de Franco NdB) à la tête du gouvernement régional dans les années 90, le BNG  élection après élection avait pour but de dépasser le PSOE et devenir en 1997 la deuxième force politique de Galice. Le nationalisme dirigera également plusieurs villes galiciennes, telles que Pontevedra, Ferrol et Vigo.

« Raconter sa vie, c’est revoir la vie de beaucoup de Galiciens et, avec eux, celle de Galice », raconte Broullón qui dit que la principale raison d’opter pour le crowfunding comme moyen de financement du documentaire est d’assurer son « indépendance ». « La majorité de ceux qui nous ont soutenus jusqu’à présent sont des citoyens sans affiliation politique, qui ne demandent qu’à raconter leur histoire », dit-il.

Le documentaire s’intitule Beiras: Vivre deux fois.

« Nous l’avons choisi pour plusieurs raisons », explique le réalisateur. « Pour l’expérience de vie de Beiras [qui a disparu de la vie publique pendant près de trois ans au début des années quatre-vingt à cause d'une grave altération de son état d'esprit], mais aussi parce que le documentaire aura deux vies. Tout le matériel complet, avec les enregistrements intacts qui ne sont pas inclus dans l’édition finale, sera disponible au public sur un blog « .

La vérité est que Beiras semble jouir de plusieurs vies, au moins dans sa carrière politique. Ses divergences avec l’UPG firent échouer sa candidature à la Xunta juste avant la chute de Fraga et la formation du gouvernement PSOE-BNG, auquel il n’a pas participé. Lorsque le PP a récupéré la Xunta avec Feijoo en 2009, le BNG a connu une période de conflits internes qui a conduit trois ans plus tard Beiras abandonner la formation avec un grand groupe de militants du Bloque.

Il a fondé alors Anova, qui, allié avec Izquierda Unida dans Alternative Galega de Esquerdas, a dépassé le BNG aux élections régionales de 2012 avec lui en tête d’affiche. Plus tard, sans Beiras, Anova s’alliera dans En Marea avec Podemos et des listes locales pour devenir, encore une fois, la deuxième force politique de Galice.

Broullón assure que Beiras n’a mis aucune condition sur le contenu du documentaire.

13/07/2018 JUAN OLIVER

http://www.publico.es/

Lire aussi:

Castelao

Parti Socialiste Galicien (Wikipédia)

Union du Peuple Galicien (Wikipédia)

Bloc Nationaliste Galicien (Wikipédia)

Anova-Fraternité Nationaliste (Wikipédia)

Alternativa Galega de Esquerda (Wikipédia)

En Marea (Wikipédia)

Commentaire:

On ne parle pas souvent de la Galice en Bretagne. Pourtant il y a bien des ressemblances avec… le Léon et le Morbihan! La droite malgré un fort mouvement populaire, y semble indéboulonnable!

Dans les années 70 l’UPG de Galice était le « parti frère » de l’UDB, tous deux signataires de la « Charte de Brest » tentative d’internationale nationaliste. Quand la LCR a disparu dans l’Etat espagnol, dans les années 90 ses militants ont intégré le BNG. Anticapitalistas pour sa part est aujourd’hui dans Podemos de Galice.

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