26 juin 2018 ~ 0 Commentaire

ehpad (le télégramme)

manifestants-hopital-sud

Ehpad. Une petite victoire qui pourrait faire tache d’huile

Une salariée de Massé-Trévidy a obtenu gain de cause aux Prud’hommes sur un dossier salarial. Le syndicat Sud Santé qui la soutient en profite pour rap-peler que « le personnel des Ehpads, mal traité par les conditions de travail, l’est aussi avec les rémunérations ».

Édith Le Bloas, employée à l’Ehpad de Pont-Aven a obtenu gain de cause il y a quelques jours aux Prud’hommes de Quimper. Son dossier sera régularisé par son employeur, la Fondation Massé-Trévidy. La salariée touchera environ 250 € au titre d’une année d’ancienneté qui n’a-vait pas été versée. « Quand on sait que nos métiers ne sont pas attractifs à cause des salai-res, que nous manquons de moyens en personnels, que les arrêts maladie sont fréquents et parfois non remplacés, il était important de faire savoir cette décision », commente Lena Gloa-guen, déléguée syndicale Sud Santé Sociaux du secteur personnes âgées et handicapées de la fondation. Le dossier d’Édith Le Bloas est d’autant plus important pour le syndicat qu’elle n’est pas la seule à être concernée. « Le syndicat des employeurs Fehap, est le spécialiste de la baisse des avantages sociaux des salariés », dit Jean-Pierre Morell, aujourd’hui retraité.

« Un loupé du syndicat des employeurs »

C’est une modification de la convention collective il y a quelques années qui a abouti à une mauvaise interprétation par les employeurs des modalités de calcul de l’ancienneté au détri-ment des salariés. Un premier dossier avait été déposé aux Prud’hommes en Normandie et a obtenu gain de cause. Après plusieurs procédures, la jurisprudence est devenue définitive. Édith Le Bloas a pourtant constaté que l’augmentation de son ancienneté lui était refusée en contradiction avec la jurisprudence. « Comme je n’ai pas eu de courrier de la Fondation, j’ai fait appel aux Prud’hommes. La Fondation a alors admis que j’avais raison et proposé de régula-riser le dossier ».

Interrogé ce vendredi, Roland Janvier, directeur de la Fondation explique 

« Il y a eu une modification de la convention collective en 2003 avec un changement de la grille indiciaire. Sa lecture par le syndicat des employeurs a été contestée et suite à un contentieux il a été désavoué. Or il ne nous a jamais informés de cette jurisprudence. C’est un loupé de leur part au niveau national. Nous avons constaté, suite à la demande de Mme Le Bloas, qu’une correction s’imposait. Quelques dizaines d’autres salariés de la Fondation sont concernées. Nous regrettons que l’affaire soit allée aux Prud’hommes avant que nous ayons eu le temps de répondre ». « Par ailleurs, je tiens à ajouter que nous trouvons les grilles indiciaires de nos salariés insuffisantes. Il faudrait qu’ils soient payés à la hauteur des missions qu’ils assurent. Il est urgent de revaloriser les salaires, mais cela passe par la convention collective nationale ».

Un appel aux salariés des Ehpads

Patrice Campion, pour la commission juridique de Solidaire 29, a été saisi du dossier au-delà du cas de Massé-Trévidy. « Ce problème concerne des milliers de personnes dans les Ehpads au niveau national, dit-il. De nombreuses structures ne prennent pas en compte la jurispruden-ce. Nous lançons un appel pour que les salariés se manifestent et nous contactent pour vérifier si les règles sont respectées ». « Nous savons que les entreprises sont soumises aux injonc-tions des conseils départementaux et des Agences régionales de santé pour réduire leurs coûts », ajoute Édith Le Bloas. « Sous couvert d’affichage de fondation à but non lucratif, ce sont des employeurs comme les autres », conclut Patrice Campion.

 22 juin 2018 Ronan Larvor

 https://www.letelegramme.fr/

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez-vous poster un commentaire.

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin