21 mai 2018 ~ 0 Commentaire

fête de lutte ouvrière (anti-k)

fete_lille

La France, dernier pays du trotskisme

Lutte ouvrière organisait sa traditionnelle fête à Presles ce week-end. Une occasion de montrer que le trotskisme, un courant historique du communisme, vit encore.

Que reste-t-il de Trotski, en France ? Une moustache, des lunettes et surtout une matrice politique marxiste qui, bientôt 80 ans après la mort de cet homme politique russe, continuent de marquer de son empreinte l’extrême gauche et la politique française. Une spécificité tout hexagonale, qui compte encore aujourd’hui trois formations politiques se revendiquant du trotskisme: Lutte ouvrière, le Nouveau parti anticapitaliste et le Parti ouvrier indépendant (POI). Et nombre d’hommes politiques encore en activité sont passés par ses rangs.

« Être trotskiste, c’est la seule façon de se revendiquer du communisme », vante Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière, qui organisait ce week-end sa traditionnelle fête, à Presles(Val-d’Oise). L’idéologie trotskiste tire son nom de Léon Trotski, un communiste russe qui s’opposa dans les années 1920 à Staline et sa pratique du pouvoir. Ce courant débarque en France dans les années 1930, né d’une scission et de la critique du PCF. Très vite, il s’organise… et se divise en différents courants. Ces divisions vont devenir des perma- nences historiques, et ces formations d’extrême gauche rentrer dans une opposition frontale.

« Travailleurs, travailleuses »

En France, les figures d’Arlette Laguiller (LO), sept fois candidate à l’élection présidentielle, et sur laquelle Alain Souchon a même écrit une chanson en 1993 et d’Olivier Besancenot (LCR devenu NPA) ont popularisé ce courant d’extrême gauche, lui faisant atteindre les 10 % de voix à eux deux, à la présidentielle de 2002. Avant de fondre à moins de 2 % en 2012 et 2017. Malgré leurs scores devenus résiduels, les formations trotskistes vivotent encore. LO reven- dique 8 000 adhérents, comme le POI, et 2 000 pour le NPA.

« Notre analyse colle toujours aux luttes sociales », défend Jean-Marc Bourquin, cadre du NPA. « L’idéal communiste est le seul avenir pour l’humanité, contre le fric et le profit », veut croire Arthaud, qui rêve encore d’un nouveau Mai 68 : « Il y a 50 ans que le pays a été plongé dans la grève générale, il y a 50 ans, la classe ouvrière a pu ébranler un régime, un pouvoir réputé solidement établi. »

Cambadélis, Corbière, Mélenchon…

Le trotskisme vit aussi « hors les murs », nombre d’hommes politiques qui ont été formés dans ses écoles ont par la suite essaimé dans d’autres partis. Ce fut le cas de Lionel Jospin, de  Jean-Christophe Cambadélis, l’ancien patron du PS, mais aussi des actuels députés Insoumis Éric Coquerel, Alexis Corbière et surtout Jean-Luc Mélenchon.

« C’était une vraie école de formation, où l’on apprenait à penser, à débattre », raconte Cambadélis, qui déplore un « appauvrissement de la classe politique » actuelle, qui « ne lit plus, pas même ses textos ». « On apprenait un langage, un savoir-faire, une analyse », loue Julien Dray, fin manœuvrier socialiste. « Jean-Luc Mélenchon a abandonné son trotskisme il y a longtemps, mais il reste tout un type de comportements dont les racines viennent de son expérience trotskiste, comme un certain rapport autoritaire avec ses troupes », décrypte Serge Cosseron, historien spécialiste du communisme. Le leader insoumis a d’ailleurs depuis 2012 siphonné une grande partie du vote trotskiste.

Ce week-end, ils seront quelque 15 000 sympathisants à fouler la pelouse du parc de Presles. Avec pour certains, toujours en tête et encore vivant, le rêve du Grand soir.

Quentin Laurent

https://www.anti-k.org/

Commentaire:

France cas unique? Si on omet qu’en Angleterre existe toujours la principale organisation radicale européenne, le Socialist Workers Party et qu’en Espagne des dizaines d’élus de Podemos sont membres d’Anticapitalistas (comme au Portugal, certains membres du Bloco d’Ezquerra). Au Brésil le Parti de Travailleurs de Lula a été fondé avec les trotskistes, qui l’ont quitté. Mais s’il y a un pays phare c’est l’Argentine avec deux(!) Fronts de Gauche.

Et quant aux idées? Qu’ont apporté les trotskistes dans le débat? La notion de « Rapport de Force » contre la « Négociation-Concertation ». Le « Tous Ensemble » contre les luttes dispersées. Les « Coordinations » pour le contrôle des luttes par la base et le rapport de force. Les « 35 Heures » puis les « 32 Heures ». L’ « Interdiction des Licenciements ». Les « Réunions non-mixtes » pour les femmes en particulier. La « Grève Reconductible en Assemblée ». Les « Comités de grève » ouverts à tous, syndiqués-non syndiqués… Et l’internationalisme actif: guerres d’Algérie et du Vietnam, dissidents russes et pays « socialistes », avec les guérilleros africains, palestiniens et sud américains. Un internationalisme résolument opposé au repli sur soi, au racisme, à l’antisémitisme et à l’islamophobie… Et le soutien de Trotsky aux surréalistes pour un art indépendant de l’état…

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