14 avril 2018 ~ 0 Commentaire

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Érosion de la biodiversité agricole :  Ça veut dire quoi ?

1/ Il y avait en France 73 variétés traditionnelles de melon commercialisées en 1900. Aujourd’hui, combien en reste-t-il ?

Des 73 variétés traditionnelles et anciennes de melons qu’on trouvait dans certains catalogues commerciaux de grands semenciers français au début du XXe siècle, une seule est encore proposée aujourd’hui : le melon charentais.

Les variétés dites « anciennes » sont issues d’une longue pratique de culture et reproduction d’individus aux caractères les plus intéressants, obtenus au cours des siècles. Ces variétés ont été transmises de génération en génération et sont encore conservées aujourd’hui par les jardiniers et semenciers soucieux de préserver cette diversité. Les variétés dites aujourd’hui « traditionnelles » sont issues d’une sélection variétale classique réalisée par des semenciers voire même par les paysans à la ferme : un travail de longue haleine qui permet de conserver certaines caractéristiques de variétés anciennes, en cultivant et en laissant se reproduire les meilleurs individus issus de croisements successifs sur au moins 8 à 10 ans de culture et reproduction, en éliminant à chaque fois tous les descendants non conformes aux attentes. Obtenues par « hybridation », ces variétés classiques sont dites « fixées » : elles sont stables au fil des générations, ce qui signifie, que les graines peuvent être ressemées d’une année sur l’autre par les paysans.

A l’opposé, les variétés dites « hydrides » commercialisées aujourd’hui par les grands semenciers sont le plus souvent des hybrides F1 : ils correspondent à la première génération issue d’un croisement entre 2 populations de variétés présentant une caractéristique pure (par exemple, une croissance rapide, un gros épi, etc.). Si ces hybrides F1, largement utilisées en agriculture intensive, donnent lieu à des plantes plus précoces, vigoureuses et homogènes, elles présentent l’inconvénient majeur de ne pas pouvoir être ressemées d’une année sur l’autre au risque de perdre toutes leurs qualités. Largement utilisées en monoculture intensive, elles s’accompagnent de l’usage de nombreux intrants chimiques néfastes pour la santé et l’environnement. Mais elles représentent surtout un marché très rentable pour les entreprises semencières …. et une perte d’autonomie pour les paysans. Et contribuent finalement à l’érosion de la biodiversité génétique et l’abandon des variétés traditionnelles par le secteur semencier.

A noter qu’il existe également une liste annexe au Catalogue officiel des espèces et variétés, qui répertorie de nombreuses variétés traditionnelles anciennes, vendues exclusivement aux jardiniers amateurs particuliers par de petits semenciers spécialisés. Les paysans ne peuvent donc que difficilement se procurer ces semences traditionnelles et les cultiver, puisque la commercialisation et le commerce ou l’échange à titre onéreux ou gratuit de semences issues de variétés non inscrites au catalogue sont théoriquement interdits, sauf à des amateurs.

2/ La Holstein Frisonne est une race bovine laitière d’Europe. Quelle part de la production mondiale de lait fournit-elle à elle seule ?

La Holstein frisonne est la race bovine la plus répandue dans le monde : elle est présente dans 128 pays et fournit 66% de la production mondiale de lait. Elle a remplacé des races bovines traditionnelles, qui ont pourtant développé des capacités d’adaptation exceptionnelles aux conditions locales et qui permettaient la durabilité des systèmes d’élevage familial.

3/ Aujourd’hui, 3/4 de l’alimentation mondiale est assurée par

Notre alimentation aux quatre coins de la planète s’uniformise, nous mangeons toujours la même chose. Les récoltes mondialement commercialisées sont aujourd’hui restreintes aux maïs, riz, blé, haricots, pommes de terre, patates douces, bananes et plantains, sorgho, manioc, millet, tournesol et colza. La situation n’est pas meilleure pour les races d’animaux d’élevage. Au cours des dernières années, au moins une race domestique a disparu chaque mois (et ses caractéristiques génétiques avec elle), et 30% des races bovines, caprines, porcines, équines et avicoles du monde risquent actuellement l’extinction.

4/ Entre 2000 et 2014, combien de races d’animaux de ferme ont disparu ?

100!
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On observe une érosion des races locales au profit des races importées pour leur productivité en viande, en lait pour les vaches ou œuf pour les poules. A titre d’exemple, les poules de souches hybrides, spécialisées dans la ponte ou à croissance hyper rapide, sont privilégiées et imposées aux paysans. 4/5 de ces poules hybrides sont produites par 3 entreprises multina- tionales qui détiennent le monopole génétique. Pourtant, ces animaux exigeants en terme de nutrition sont vulnérables à la plupart des maladies, donc trop onéreuses pour les éleveurs, alors que les races locales sont bien mieux adaptées.
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5/ En 1900, il y avait en France plus de 30 variétés traditionnelles de tomates commercialisées. Aujourd’hui, combien en reste-t-il ?

7!

Si certains catalogues commerciaux de grands semenciers français recensaient 30 variétés traditionnelles de tomates en 1900 (issues d’une sélection variétale classique stabilisée ou sélection massale contrôlée), ces mêmes catalogues n’en répertorient aujourd’hui que 7 ! Le reste des variétés de ces catalogues étant constitué de variétés hybrides, essentiellement de 1ère génération, dites « F1 », donc difficiles à ressemer. Si de petits semenciers sont autorisés à vendre de nombreuses variétés traditionnelles anciennes de tomates aux jardiniers amateurs particuliers, les paysans restent contraints de cultiver les semences hybrides « privatisées » inscrites au Catalogue officiel des espèces et variétés.

Ces semences hybrides F1 de tomates sont certes très productives, de surcroit avec l’usage recommandé d’intrants chimiques, mais n’atteignent pas les qualités nutritives et gustatives et d’adaptation aux conditions locales des variétés traditionnelles, utiles aux paysans. Par ailleurs, la privatisation de ces semences non reproductibles entraîne donc une dépendance des pay- sans aux multinationales de l’agrobusiness, qui abandonnent peu à peu les variétés tradi- tionnelles. L’érosion de la biodiversité agricole a donc des effets néfastes sur l’environne- ment, la diversité de nos repas et l’autonomie paysanne.

A noter qu’il existe également une liste annexe au Catalogue officiel des espèces et variétés, qui répertorie de nombreuses variétés traditionnelles anciennes, vendues exclusivement aux jardiniers amateurs particuliers par de petits semenciers spécialisés. Les paysans ne peuvent donc que difficilement se procurer ces semences traditionnelles et les cultiver, puisque la commercialisation et le commerce ou l’échange à titre onéreux ou gratuit de semences issues de variétés non inscrites au catalogue sont théoriquement interdits, sauf à des amateurs.

https://cultivons-la-biodiversite.org/

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