09 avril 2018 ~ 0 Commentaire

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Réglementation Dublin. « Injuste et onéreuse »

Une centaine de personnes s’est réunie, ce dimanche, au Juvénat, dans le cadre d’une journée d’échanges et d’information sur la douloureuse question de la réglementation Dublin. Un protocole auquel il est « temps de mettre un terme », selon les collectifs mobilisés.

« Au vu du traitement que l’Europe leur réserve, tous partagent l’impression d’avoir commis un crime, alors qu’ils ne demandent qu’à être protégés ». C’est avec cette phrase simple que cette bénévole tente, finalement, au détour d’une conversation, d’expliquer au mieux ce « sujet très complexe » qu’est la procédure Dublin.

Une réglementation européenne jugée « injuste, onéreuse mais pas obligatoire » par la centaine de membres des collectifs et associations du Finistère oeuvrant « à l’accueil des personnes en exil et la défense de leurs droits », qui s’étaient réunis, ce dimanche 8 avril, au Juvénat. À leurs côtés, des personnes directement concernées par un texte qui les contraint à effectuer leur demande d’asile dans le premier pays européen qu’ils ont traversé. Des pays « qui ne veulent pas d’eux, qu’ils ne connaissent pas et où ils ne veulent pas être ».

« Auberge espagnole » avant Quimper

Si la journée organisée, hier dans le cadre d’une marche « solidaire et pacifique », partie symboliquement, la veille, de l’aéroport de Guipavas, en direction, ce lundi, de la préfecture quimpéroise a été l’occasion d’une « auberge espagnole », dans laquelle chacun avait apporté et partagé son repas. Elle a également permis des temps d’échanges et d’information. Parmi les sujets débattus, les articles 53-1 de la Constitution française (1) et 17 du règlement Dublin. Ce dernier indique que « chaque État membre peut décider d’examiner une demande de protection présentée par un migrant », « un alinéa qui permet à la France de s’opposer à la procédure », indique David Torondel, de la Ligue des droits de l’Homme de Quimper (l’un parmi la dizaine de collectifs représentés hier).

« Et elle l’avait d’ailleurs fait lors de l’évacuation du camp de réfugiés de Calais. À l’époque, le gouvernement avait cassé la procédure pour tous ceux qui accepteraient d’être acheminés ailleurs en France. S’il l’a fait une fois, pourquoi ne pourrait-il pas le refaire ? », poursuit-il. « Cette procédure est une manière, pour l’Europe, de mettre la pression sur les pays frontaliers, comme l’Italie, la Bulgarie ou la Hongrie », estime, pour sa part, Paulette Gentet, qui oeuvre dans différentes associations d’aide aux migrants dans le pays de Morlaix. « Stocks » et « flux »

« Et au-delà de ça, quand on lit les textes, où il est question de « flux » et de « stocks », on a l’impression que nos responsables parlent de marchandises.
Il n’y a plus aucune volonté, aucune humanité pour aider ces gens qui n’arrivent pourtant pas en France pour venir voir la Tour Eiffel… », assène-t-elle encore. « On a des exemples de Soudannais du Darfour, dont les histoires devraient leur permettre d’obtenir tout de suite un droit d’asile de dix ans, qui ont été « dublinés » », s’inquiète cette autre bénévole.
Pragmatique, Paulette Gentet déplore encore «tout cet argent, ces sommes folles dépensées pour expulser ces gens alors qu’on pourrait les investir pour mieux les accueillir». Un senti- ment auquel elle juxtapose, dans la foulée, une bien sombre réalité: ce «marché des pas- seurs, un business qui n’en finit plus de prospérer», et d’affaiblir encore les plus vulnérables…

(1) Qui stipule que « les autorités de la République ont toujours le droit de donner asile à tout étranger persécuté en raison de son action en faveur de la liberté ou qui sollicite la protection de la France pour un autre motif ».

  09 avril 2018 Thierry Dilasser

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