29 mars 2018 ~ 0 Commentaire

doux (ouest france)

renart

Groupe Doux. Nadine Hourmant : « Il faudra mener le combat »

La déléguée syndicale centrale Force Ouvrière de Doux craint de voir partir la marque et le savoir-faire breton en Ukraine. Elle s’exprime comme d’habitude, sans faux-semblant. Terrena, actionnaire principal du volailler Doux (1 200 emplois en France, 600 à Châteaulin), veut déposer le bilan, afin de permettre à un repreneur de prendre la suite. Pour l’instant, seul un volailler ukrainien, MHP, veut reprendre l’entreprise. La déléguée centrale syndicale FO de Doux réagit.

Que va-t-il se passer les prochaines semaines ?

Le calendrier se déroulera ainsi : le 28 à minuit, les offres de repreneurs potentiels doivent avoir été déposées. Seul l’Ukrainien MHP, qui travaille depuis longtemps sur ce dossier, pourra le faire, je pense. Le 3 avril, un comité central d’entreprise nous demandera de statuer sur la liquidation, et non pas la cession, comme veut le faire croire Terrena, avant la décision du tribunal le 4 sur ce sujet. Il s’agit bien d’une liquidation. Le tribunal peut proroger d’un mois pour laisser à d’autres opérateurs la possibilité de présenter leur dossier.

La reprise par l’Ukrainien MHP vous inquiète déjà, alors que vous ne connaissez pas l’offre. Pourquoi ?

Nous craignons beaucoup que MHP ne soit là que pour récupérer la marque Doux et son savoir-faire. Eux n’ont pas les mêmes coûts de production que nous, ni le même cahier des charges. Ce qui rend le dossier très politique. Et que vont-ils faire de Châteaulin ? Du poulet haut de gamme ? Mais le poulet fit-life destiné à monter en gamme en Arabie Saoudite ne marche pas. Chantonnay l’a arrêté en décembre. Nous aurons 15 mois pour négocier. Il va falloir mener le combat.

Pourquoi êtes-vous si pessimiste ?

D’une part, nous ne voulons pas que la marque Doux s’en aille d’ici. Ensuite, les Ukrainiens connaissent-ils seulement le Code du travail, les syndicats ? D’après ce que je sais, leur première action sera de dénoncer tous les accords d’entreprise. Ils trouvent que la main- d’œuvre d’ici est trop chère, alors que nous gagnons 6 centimes de plus que le Smic, même avec de l’ancienneté. Qu’est-ce qu’on va peser face à ces gens-là ?

Que voyez-vous comme solution ?

Je demande qu’on préserve cette marque française et le savoir-faire de notre territoire, sinon c’est la fin de l’aviculture française. L’État devrait mettre en place un plan pour l’aviculture. Sinon, on n’aura que des volailles de pays qui pratiquent le dumping social. Ce que fait la Région, les 15 millions d’euros qu’elle met sur la table, c’est bien. Cela montre qu’elle s’investit dans le projet. Mais que fait l’État ? Notre député Richard Ferrand, très absent du terrain, ne nous reçoit pas, et nous répond qu’il travaille jour et nuit sur le dossier. Je veux bien, mais nous n’avons aucune nouvelle. On nous fait crever à petit feu.

Quelle est l’ambiance dans l’entreprise ?

Les salariés nous font confiance, à Châteaulin. Moi je suis coincée entre la direction et les salariés. Il y a une telle pression. Mais Terrena joue le jeu. Une cellule psychologique a été mise en place à Chantonnay, et chez nous c’est un numéro de téléphone qu’on peut appeler si on va mal. Terrena me laisse aussi aller informer les salariés après les réunions, et donne à tout le temps qu’il faut pour leur communiquer ce qui se passe.

Philippe Attard 28/03/2018

https://www.ouest-france.fr/

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