21 mars 2018 ~ 0 Commentaire

saint rivoal (ouest france)

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Le généreux banquet des jeunes migrants dans la petite commune de Saint-Rivoal

Samedi 17 mars, la salle polyvalente de Saint-Rivoal (Finistère), a accueilli un banquet pas ordinaire. L’association Kroaz’hent accueillait des cuisiniers hors normes : deux migrants mineurs, hébergés dans une famille du village. Ils ont préparé un poulet saka-saka et la soirée s’est terminée par un fest-noz. Une belle histoire de solidarité dans les monts d’Arrée.

Saint-Rivoal, Finistère, monts d’Arrée, 194 habitants.

Banquet à la salle polyvalente de la commune, préparé par de jeunes migrants : 150 convives. Un score, sans autre publicité que le bouche-à-oreille. Deux adolescents, l’un Guinéen, Ali, 17 ans, l’autre Malien, Mohammed, 16 ans et demi, sont arrivés il y a deux mois dans une famille du village, « sensibilisée aux problèmes des migrants, alors que nous vivions dans une maison un peu trop grande pour nous, explique Clarys Bourbon, cette femme de Saint-Rivoal, 45 ans et trois enfants. Les jeunes m’ont demandé quoi faire pour remercier les habitants, j’ai proposé ce repas », raconte-t-elle.

Dès leur arrivée en janvier dernier, le soutien s’est organisé : « On nous amène des légumes, des fruits, des affaires, raconte-t-elle. Aujourd’hui, ils vivent, mangent et dorment en sécurité. Et moi, je n’ai plus le droit de porter quoi que ce soit. Dès qu’ils me voient, ils se précipitent pour me l’enlever des mains ». La guerre, le manque d’argent et de perspectives, les ont poussés vers le rêve occidental. Ils ont traversé six pays pour arriver en Bretagne avant l’été 2017.

« On est bien à Saint-Rivoal »

Quand on leur demande le plus difficile dans leur voyage, il y a un grand blanc. Et, très vite, ils ajoutent qu’ils sont « bien à Saint-Rivoal ». Ce soir, ils ont préparé un poulet saka-saka, une sauce aux feuilles de mangrove, une autre à l’arachide et un riz gras. Le boulanger de Saint-Cadou a offert le pain, les Quatre saisons de Locmaria, les légumes.

Les deux ados ont invité leurs potes, rencontrés dans des centres à Brest ou Quimper. Dans une petite pièce où leur plat mijote, ils sont une dizaine à papoter, et même s’échanger des recettes. On ne cuit pas le riz gras de la même manière au Mali qu’en Guinée. « Ils nous font découvrir leur Afrique, explique leur bienfaitrice. Au début, ils ne nous regar- daient pas dans les yeux. Chez eux, c’est un signe de respect. » Ali le Guinéen veut devenir électricien dans le bâtiment, Mohammed le Malien soudeur. « Mais sans papiers, sans être majeur, on ne peut rien faire ». Ici, ils apprennent le français, les maths, vont jardiner chez les gens. Et ce soir, dans la salle polyvalente de Saint-Rivoal, ils ont appris à danser le fest-noz !

Philippe ATTARD 20/03/2018

https://www.ouest-france.fr/

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